Posté le 04/02/2006 à 12:51

Limiter à 30% les étudiants non-résidents
Le Soir en ligne
vendredi 03 février 2006, 18:16
Le nombre d'étudiants non-résidents qui s'inscrivent pour la première fois dans certaines filières d'études supérieures en Communauté française, telles que les études vétérinaires ou de kinésithérapie, devrait être limité à 30% dès la rentrée de septembre prochain.
Un avant-projet de décret, déposé par la ministre de l'Enseignement supérieur en Communauté française, Marie-Dominique Simonet, a été approuvé ce vendredi matin par le gouvernement de la Communauté française.
Ces dernières années, certaines filières d'études en Communauté française ont été l'objet d'un afflux important d'étudiants étrangers, Français dans leur immense majorité. Ces étudiants sont confrontés dans leur pays à une sélection sévère à l'entrée dans ces études et viennent pour cette raison s'inscrire en Belgique.
Cette année académique, les universités en Communauté française recensent 86,4% d'étudiants étrangers en première année de médecine vétérinaire. En kinésithérapie, le taux est de 78,1%. Conséquence: un risque de pénurie, puisque en 2005, seuls 34 étudiants diplômés de l'enseignement secondaire en Communauté française ont eu accès à leur première année d'études en médecine vétérinaire.
Or, le secteur estime qu'il faut former entre 100 et 120 vétérinaires par an pour répondre aux besoins de la profession en Belgique. Une des réponses envisagées pour y remédier a été le concours d'admission, mais ce système a progressivement évincé les étudiants belges francophones des études de médecine vétérinaire.
Ces trois dernières années, le pourcentage d'étudiants français ayant réussi ce concours est passé de 66% à 86%. Le risque de pénurie entraîne un risque pour la santé publique, estime Marie-Dominique Simonet. Et c'est le cas aussi dans les autres filières concernées par l'avant-projet de décret. Arguant de l'"intérêt général", la ministre propose de limiter à 30% le nombre d'étudiants "non-résidents" qui s'inscrivent, pour la première fois, dans le premier cycle de certaines études.
Les filières concernées sont celles où la proportion d'étudiants diplômés de l'enseignement secondaire en Communauté française dépasse les 40%. Actuellement, il s'agit des études supérieures non-universitaires en kinésithérapie, podologie, logopédie, ergothérapie, d'infirmières-accoucheuses et d'éducateurs spécialisés, ainsi que des études universitaires en médecine vétérinaire et kinésithérapie.
Le critère de base de la réglementation est la "résidence", qui se fonde sur un "lien de rattachement" avec la Communauté française. Les étudiants non-résidents sont ceux qui viennent en Communauté française exclusivement pour y entamer des études supérieures, précise la ministre. En revanche, seront admis sans restriction les résidents "de longue date" (trois ans minimum), les enfants des travailleurs installés en Belgique, les réfugiés politiques, les étrangers régularisés, les boursiers de la coopération au développement, etc. Le projet ne prévoit pas de sélection organisée.
S'il passe, on peut s'attendre le 1er septembre prochain à voir des files d'étudiants "non-résidents" se presser aux bureaux d'inscription pour entrer dans le quota des 30%, selon la loi du premier arrivé premier servi. La ministre, qui constate que ces files existent déjà actuellement, estime à 1.600 le nombre total d'étudiants non-résidents qui ne trouveront plus place dans les auditoires en Communauté française.
J'ai rencontré les autorités françaises qui, de leur côté, maintiennent leur système de contingentement, a indiqué Marie-Dominique Simonet. La ministre CDH est persuadée que son projet est en conformité avec les règles de mobilité européenne. Il est pertinent, nécessaire et proportionné, et il n'existe pas de mesure alternative possible, plaide-t-elle. Avec 30% d'étudiants non-résidents, la Communauté française accueillera toujours un nombre d'étudiants étrangers largement supérieur à la moyenne européenne, ajoute-t-elle.
Le nouveau système sera accompagné de mesures pour éviter que certaines écoles ne soient confrontées à des difficultés dues à une réduction importante de leur nombre d'étudiants. Il s'agit d'une mutualisation des éventuelles mises en disponibilité d'enseignants et d'une réorientation du fonds de solidarité mis en place en 1996 afin d'atténuer les effets des variations importantes du nombre d'élèves.
http://www.lesoir.be/rubriques/belgique/page_5718_406886.shtml
http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=90&art_id=266714...
(Je ne garanti pas la validité des liens apres plusieurs jours, désolé)
[Edité le 04/02/06 par ALFVT]