Posté le 29/08/2008 à 22:26 puis édité
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1/ Organisation des études :
- PCEM1 :
La 1ére année des études médicales intéresse autant les futurs médecins que les dentistes et sages-femmes, ainsi que les kinésithérapeutes dans certaines facultés.
Il n’y a aucune restriction d’accès hormis la détention nécessaire du baccalauréat ou autre diplôme équivalent.
L’enseignement comporte un volume important de disciplines scientifiques, biologiques et médicales (physique, histologie, biochimie, physiologie…).
Les étudiants préparent durant cette année un concours se déroulant en 2 parties (en général fin janvier et fin mai). Les résultats des étudiants au concours déterminent un classement. Selon celui-ci, les choissent de poursuivre leurs études médicales en médecine, odontologie ou sage-femme. Le nombre de places disponibles dans chacune de ces voies est limité par un quota fixé pour chaque année appelé numerus clausus.
En fonction des modes et des facultés, les places pour l’odontologie peuvent partir avant celles de médecine.
Selon les facultés, le taux d’admission des étudiants en 2ème année varie de 10 à 22%. Une grande majorité des étudiants admis au concours sont redoublants. On ne peut tenter que 2 fois ce concours dans sa vie.
- PCEO2 et DCEO1 : 2 années précliniques.
Les étudiants entrent en faculté d’odontologie. P2 et D1 ont pour but de former des étudiants maîtrisant les bases théoriques et pratiques permettant de soigner de façon autonome les cas les plus simples.
L’enseignement se partage :
- En formation théorique : Variable selon les facultés, il apporte pour moitié des connaissances scientifiques et médicales générales (histologie, embryologie, biochimie, physiologie, pharmacologie…) et pour moitié une formation spécifique à l’art dentaire (prothèses, odontologie conservatrice, pathologie et chirurgie buccale, anatomie cervico-faciale…).
- En formation pratique : Les étudiants s’exercent sur des mannequins et des modèles en résine aux techniques de base de la dentisterie (soigner une carie, traiter les canaux de l’intérieur d’une dent, concevoir et réaliser une prothèse…). Pour cela, les étudiants doivent acquérir en début de P2 une « trousse dentaire » comprenant du matériel de base.
En fonction de la prise en charge propre à chaque faculté et du fait d’être boursier ou non, le coût pour l’étudiant varie de 300 à 1800 euros.
- DCEO2 et DCEO3 : 2 années cliniques.
Les étudiants commencent à travailler à l’hôpital. La transition peut être rude, on demande aux étudiants d’être très rapidement capables de mettre en pratique les acquis des 2 années pré cliniques.
Encadré par des enseignants, chaque étudiant gère ses patients de façon autonome : il organise ses rendez-vous, conçoit et réalise ses plans de traitement.
L’activité clinique est évaluée sur sa qualité (des soins, du rapport de l’étudiant avec ses patients et les enseignants) et sa quantité (quota à atteindre dans chaque discipline). Ces deux années cliniques sont donc intenses.
La formation théorique se poursuit : bien plus centrée sur la clinique, elle approfondit les connaissances dans les diverses spécialités de l’art dentaire et en pathologie bucco-dentaire et générale.
Le volume est moindre par rapport aux deux années précédentes. Les cours sont en général regroupés sous forme de séminaires.
A la fin de la D3, l’aptitude clinique de chaque étudiant est évaluée par l’examen du CSCT (certificat de synthèse clinique et thérapeutique). La réussite à cet examen permet aux étudiants de commencer à travailler en cabinet en tant que remplaçant.
Durant le 2ème cycle, 3 stages sont effectués dans d’autres services hospitaliers : CMF, gériatrie, urgences.
- 3éme cycle :
Chaque étudiant peut choisir de faire :
- Un 3éme cycle court, une seule année : TCEO3. Cette dernière année prépare à l’exercice professionnel, partagée entre activité clinique, activité en cabinet (stage actif chez un praticien) et cours théoriques.
- Un 3ème cycle long, 3 années : l’internat. L’accès à l’internat est conditionné par la réussite à un concours que l’on peut passer en fin de D3 et/ou en fin de T1 (25% d’admission en moyenne).
L’internat constitue en un approfondissement des connaissances pour l’étudiant. Actuellement, l’internat est non spécialisant : il ne confère par à l’étudiant de compétence supplémentaire par rapport à un étudiant ayant effectué un 3ème cycle court.
Cependant, l’internat offre une passerelle vers la formation du CECSMO permettant d’accéder à la seule spécialité actuelle pour le chirurgien-dentiste : l’orthodontie. Il permet également un accès facilité au DES de Chirurgie buccale.
L’internat aboutit à l’AEA (attestation d’études approfondies) et donne le titre d’ancien interne des hôpitaux. Actuellement, l’internat facilite grandement l’accès aux postes hospitalo-universitaires.
Il est en projet que l’internat permette d’accéder à une seconde spécialité : la chirurgie buccale. Cependant, cela la réalisation de spécialité est repoussée depuis plus de 10 ans pour plusieurs raisons.
- Lien entre formations, titres et compétences :
Chaque chirurgien-dentiste reçoit durant sa formation initiale les bases de chaque domaine de l’art dentaire. Il est donc un omnipraticien ce qui lui permet de gérer les réhabilitations multi-disciplinaires.
En pratique, chaque praticien va par la suite généralement se former de façon supplémentaire dans quelques disciplines en particulier (via DU, DIU, CES…).
Il choisit ensuite soit de conserver une activité d’omnipratique mais orientée vers les domaines de son choix, soit d’exercer de façon exclusive dans ces domaines, abandonnant l’omnipratique.
Ainsi, il existe des endodontistes (spécialistes du traitement de l’endodonte), des pédodontistes (praticiens ne soignant que des enfants), des praticiens exclusifs en chirurgie buccale, ou d’autres ne faisant que des réhabilitations prothétiques.
En France, des praticiens ont donc des activités spécialisées sans qu’il n’existe de titre de spécialiste (hormis l’orthodontie).
2/ L’activité du chirurgien-dentiste :
Dans les textes, la compétence du chirurgien-dentiste est vaste : il soigne « les pathologies acquises et congénitales de la bouche, des dents, des gencives, des maxillaires et des tissus attenants. ».
L’activité de l’omnipraticien comprend:
- L’odontologie restauratrice:
- Prévention, dépistage et élimination des lésions carieuses et restauration des dents (obturations par résine composite ou amalgame d’argent, reconstruction par une pièce en céramique, résine ou métal collée ou scellée).
- l’endodontie : lorsque la pulpe contenue dans la dent est infectée ou se nécrose, le traitement consiste à rechercher et éliminer tout le tissu pulpaire dans les réseaux canalaires des racines qui peuvent être très complexes, à désinfecter et mettre en forme ces canaux puis à les obturer de façon étanche.
- La prothèse :
Dispositifs fixes ou amovibles permettant de restaurer des dents abîmées ou absentes afin de recréer esthétique et fonction (mastication, phonation…) : couronnes, bridges, prothèses dentaires amovibles partielles ou totales, prothèses maxillaires après chirurgie d’exérèse (cancer).
- La parodontologie :
Soins des tissus soutenant la dent (os, gencive).
- La chirurgie :
Avulsions dentaires simples ou complexes (dents enclavées/incluses, germectomies), chirurgie des tissus mous, greffes de gencives et d'os.
– L’implantologie :
« racines artificielles » en titane ostéo-integrées dans le maxillaire ou la mandibule servant principalement de support pour une restauration prothétique.
- L’orthodontie :
Correction des anomalies de position des dents, du maxillaire et de la mandibule.
- L’occlusion :
Etude des rapports dento-dentaires en statique, en fonction, de leur rapports avec le système neuro-musculaire et des troubles de l’articulation temporo-mandibulaire (problèmes de bruxisme, de luxation des ATM…).
- Pédodontie :
Soins spécifiques à l’enfant prenant en compte ses particularités (croissance dento-maxillaire, physiologie).
- L’art dentaire consiste à soigner en utilisant simultanément toutes ces disciplines, en concevant leurs interactions réciproques afin de mener une vraie réhabilitation bucco-dentaire. La chirurgie dentaire a cet aspect assez unique dans le domaine médical : le praticien conçoit le traitement et le réalise : il est architecte et maçon. Restaurer une bouche, c’est restaurer la mastication, l’esthétique, la phonation, soulager une douleur physique ou psychologique.
- Le chirurgien-dentiste exerce une profession médicale : une pathologie bucco-dentaire peut être un signe d’une pathologie générale qu’il faut savoir dépister (hyperplasie gingivale lors d’un lymphome), ou bien causer une pathologie générale (endocardite oslérienne suite à une infection bucco-dentaire). Le chirurgien-dentiste utilise donc en permanence ses connaissances médicales aussi bien de la sphère buccale que du reste du corps.