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PACES réussie avec 3 enfants

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vix
Jeune Carabine

Messages : 19
Enregistré : 03/01/2017
Posté le 27/06/2018 à 15:09 puis édité 2 fois notnew
Bonjour,
Si je me suis lancée dans l'aventure folle de la PACES c'est grâce aux témoignages qui me disaient que c'était possible. Je tiens donc à mon tour à apporter le mien.
Maman de 3 enfants, professeur des écoles, je me suis lancée dans le projet un peu dingue de changer de voie et devenir sage-femme.
Habitant à 45 minutes en train de la fac de Grenoble, ce projet a été réalisable car cette fac propose une PACES en grande partie à distance (cours à etudier en ligne, éclaircissement des points posant problème en amphi 4h/semaine, correction des tutorats saisis en ligne par petits groupes 2h/semaine). Cela m'a donc permis de concilier la gestion de famille et les cours. L'autre particularité de Grenoble étant que l'évaluation se fait par contrôle continu, on passe 2 épreuves par semaine tout au long des semestres.
Me voilà donc en septembre de nouveau dans un amphi, un peu la trouille de rester seule toute l'année car étant légèrement plus vieille que les autres (36 ans) et venant d'un milieu différent de bon nombre d'étudiants. Très vite je me suis rendue compte que l'ambiance n'était pas du tout ce à quoi je m'attendais. C'est simple, je n'ai pas rencontré une personne me prenant de haut ou refusant de rendre un service. J'ai rencontré une fille presque de mon âge qui est devenue ma binôme de travail (je crois que c'est une chose très importante de pouvoir échanger avec quelqu'un qui vit la même chose) et qui est maintenant une vraie amie.
Le premier semestre a été un petit enfer mais j'y étais un peu préparée. La biophysique était une torture, je travaillais comme une folle et je ne voyais aucun resultats. Les premiers cc (=contrôles continus) sont arrivés au bout de 8 semaines (le temps de nous laisser prendre nos repères) et là j'ai vite compris plusieurs choses qui ont marquées cette année et dont je voudrais parler:
1) les cc impliquent une guerre de l'usure. Chaque semaine on stresse, on donne tout et surtout on n'a pas le temps de digérer une potentielle erreur car dans les 2 heures suivant l'épreuve il faut se remettre au boulot. Aucun repis. Psychologiquement épuisant: pression, peur, joie/déception, contrecoup et on recommence...
2) je savais qu'il fallait être très motivé mais je ne pensais pas manquer de temps à ce point. Je pensais que pour réussir il fallait se motiver à bosser tous les jours, genre même si on était à jour sur son travail. En fait c'est plutôt qu'il faut bosser tout le temps pour rester à jour. J'ai bossé 7j/7, 8 à 10h par jour, quelquefois 12h si les contraintes familiales me le permettaient. Je n'ai absolument jamais réussi à être vraiment à jour, j'ai toujours couru après le temps. Ce rythme je l'ai tenu de septembre à fin mai avec, heureusement une pause à noël pendant 2 semaines (grâce à l'organisation en cc et à la volonté de la fac de nous donner les cours du S2 qu'en janvier).
3) la vie de famille m'a tellement manquée. Plus de sorties en famille, plus de temps libre, le seul temps libre que j'avais était de 18h à 20h et il était consacré aux tâches ménagères d'une main tout en lavant et nourissant les enfants de l'autre main . Plus de séries en amoureux le soir sur le canap. Plus de roman vu que je m'endormais en lisant mes cours dans mon lit. En fait plus rien de cool d'un point de vue extra-PACES. Et la sensation de manque comme quand on ne voit pas ses enfants pendant longtemps. J'ai bien craqué 5 ou 6 fois, regardé un film un soir, fait une promenade en vélo avec les enfants etc. mais avec une culpabilité et un stress qui ne soulageaient pas mon sentiment. Ça a été très dur.
4) il faut un entourage fort et impliqué pour palier notre absence pendant 9mois. Mon mari en a bavé, il ne s'attendait pas à ça. Ma mère a assuré de nombreux week-ends de garde.Mes enfants, enfin mon 2ème a traversé une période difficile, ne comprenant pas pourquoi je ne voulais pas jouer avec lui, pourquoi je lui répondais toujours "je dois travailler". Il faut compter sur les autres pour assurer ce que nous ne pouvons plus assurer.
5) que les cours sont geniaux!! Enfin sauf la biophysique smilies. Passionnants, pointus ou plus accessibles, faisant travailler la mémoire mais aussi la réflexion, avec des profs odieux ou adorables, des supports clairs ou carrément anarchiques mais tous passionnants. Une révélation: j'en bavais mais j'adorais ce que j'apprenais. J'étais là où je rêvais d'être et c'est ce sentiment qui a fait que je n'ai rien lâché.
Voilà les grandes lignes... le semestre 1 passe. Classée 570/1300 en décembre je suis mi-déçue mi-sattisfaite. Je n'avais jamais fourni un travail comme ça et j'avais espéré qu'il serait davantage récompensé. Mais je savais que la biophysique et une partie des maths n'avaient vraiment pas été à ma portée donc je ne m'en sortais pas si mal et je n'étais pas hors course.
J'ai attaqué le semestre avec une rage de vaincre que je ne me connaissais pas. Confortée par mes amis "tu ne sais pas, c'est encore possible!" et surout par ma binôme avec qui nous nous sommes serrées les coudes, j'ai continué, focalisée sur mon objectif, c'était décidé, je donnerai tout ce dont je suis capable!
C'est passé vite. On est tellement plongé dedans qu'on ne se rend même plus compte à la fin... mais la délivrance de la dernière épreuve a été merveilleuse et cruelle à la fois. C'était fini. Je ne vivrais plus cette folie. Et maintenant que c'était fini je pouvais regarder la vérité en face: j'avais peu de chance d'y arriver, il fallait que je remonte 170 places, soit environ 2 points sur ma moyenne.
Les résultats avant choix sont arrivés. 72eme/230 en maieutique, 400 au classement général. J'avais justement gagné les 170 places et, petit clein d'oeil de la vie, remonté ma moyenne d'exactement 2points. Inexplicable. Et là je prenais conscience qu'il y avait de grandes chances que je sois prise.
Une semaine plus tard j'avais la réponse officielle: je suis admise en école de sage-femme (24ème après choix, ils en prennent 37)
Le sentiment que j'éprouve c'est de la reconnaissance. Envers moi smilies, je me remercie de m'être donné autant de peine. Envers mon passé, qui m'a souvent montré qu'il fallait faire ce qu'on souhaitait car la vie est trop courte pour attendre le bon moment. Envers ceux qui ont été là, avec moi, de près ou de loin, qui m'ont aidé à croire que l'impossible été réalisable et qui m'ont secondé dans ce projet. Une chose est sûre, je n'aurais jamais réussi seule.
Voilà alors foncez, lancez vous, que vous y arriviez ou non, cette année mérite d'être vécue!
_____
Élève sage-femme
PACES Grenoble 2017-2018
Ancienne prof des écoles
Top
Madame Pops
Jolie Chef de pique-nique

Messages : 183
Enregistré : 09/06/2014

certification
Vie réelle
Morgane Huet-Bruno
Pays : France
Domaine : Médecine
Niveau : 6e année médecine
Fac : LYON Sud
Posté le 27/06/2018 à 16:09 notnew
Bravo pour ta ténacité et toutes mes félicitations. J'espère que tu t'épanouiras dans cette profession de sage-femme.
smilies
_____
Ancienne sage-femme
Passerelle 2015 ❤
6ème année de médecine
Top
Filledavril
Sexterne (diplomée secrétariat médical)

Messages : 58
Enregistré : 27/08/2016
Posté le 10/07/2018 à 09:28 notnew
Bonjour,
Si je me suis lancée dans l'aventure folle de la PACES c'est grâce aux témoignages qui me disaient que c'était possible. Je tiens donc à mon tour à apporter le mien.
Maman de 3 enfants, professeur des écoles, je me suis lancée dans le projet un peu dingue de changer de voie et devenir sage-femme.
Habitant à 45 minutes en train de la fac de Grenoble, ce projet a été réalisable car cette fac propose une PACES en grande partie à distance (cours à etudier en ligne, éclaircissement des points posant problème en amphi 4h/semaine, correction des tutorats saisis en ligne par petits groupes 2h/semaine). Cela m'a donc permis de concilier la gestion de famille et les cours. L'autre particularité de Grenoble étant que l'évaluation se fait par contrôle continu, on passe 2 épreuves par semaine tout au long des semestres.
Me voilà donc en septembre de nouveau dans un amphi, un peu la trouille de rester seule toute l'année car étant légèrement plus vieille que les autres (36 ans) et venant d'un milieu différent de bon nombre d'étudiants. Très vite je me suis rendue compte que l'ambiance n'était pas du tout ce à quoi je m'attendais. C'est simple, je n'ai pas rencontré une personne me prenant de haut ou refusant de rendre un service. J'ai rencontré une fille presque de mon âge qui est devenue ma binôme de travail (je crois que c'est une chose très importante de pouvoir échanger avec quelqu'un qui vit la même chose) et qui est maintenant une vraie amie.
Le premier semestre a été un petit enfer mais j'y étais un peu préparée. La biophysique était une torture, je travaillais comme une folle et je ne voyais aucun resultats. Les premiers cc (=contrôles continus) sont arrivés au bout de 8 semaines (le temps de nous laisser prendre nos repères) et là j'ai vite compris plusieurs choses qui ont marquées cette année et dont je voudrais parler:
1) les cc impliquent une guerre de l'usure. Chaque semaine on stresse, on donne tout et surtout on n'a pas le temps de digérer une potentielle erreur car dans les 2 heures suivant l'épreuve il faut se remettre au boulot. Aucun repis. Psychologiquement épuisant: pression, peur, joie/déception, contrecoup et on recommence...
2) je savais qu'il fallait être très motivé mais je ne pensais pas manquer de temps à ce point. Je pensais que pour réussir il fallait se motiver à bosser tous les jours, genre même si on était à jour sur son travail. En fait c'est plutôt qu'il faut bosser tout le temps pour rester à jour. J'ai bossé 7j/7, 8 à 10h par jour, quelquefois 12h si les contraintes familiales me le permettaient. Je n'ai absolument jamais réussi à être vraiment à jour, j'ai toujours couru après le temps. Ce rythme je l'ai tenu de septembre à fin mai avec, heureusement une pause à noël pendant 2 semaines (grâce à l'organisation en cc et à la volonté de la fac de nous donner les cours du S2 qu'en janvier).
3) la vie de famille m'a tellement manquée. Plus de sorties en famille, plus de temps libre, le seul temps libre que j'avais était de 18h à 20h et il était consacré aux tâches ménagères d'une main tout en lavant et nourissant les enfants de l'autre main . Plus de séries en amoureux le soir sur le canap. Plus de roman vu que je m'endormais en lisant mes cours dans mon lit. En fait plus rien de cool d'un point de vue extra-PACES. Et la sensation de manque comme quand on ne voit pas ses enfants pendant longtemps. J'ai bien craqué 5 ou 6 fois, regardé un film un soir, fait une promenade en vélo avec les enfants etc. mais avec une culpabilité et un stress qui ne soulageaient pas mon sentiment. Ça a été très dur.
4) il faut un entourage fort et impliqué pour palier notre absence pendant 9mois. Mon mari en a bavé, il ne s'attendait pas à ça. Ma mère a assuré de nombreux week-ends de garde.Mes enfants, enfin mon 2ème a traversé une période difficile, ne comprenant pas pourquoi je ne voulais pas jouer avec lui, pourquoi je lui répondais toujours "je dois travailler". Il faut compter sur les autres pour assurer ce que nous ne pouvons plus assurer.
5) que les cours sont geniaux!! Enfin sauf la biophysique smilies. Passionnants, pointus ou plus accessibles, faisant travailler la mémoire mais aussi la réflexion, avec des profs odieux ou adorables, des supports clairs ou carrément anarchiques mais tous passionnants. Une révélation: j'en bavais mais j'adorais ce que j'apprenais. J'étais là où je rêvais d'être et c'est ce sentiment qui a fait que je n'ai rien lâché.
Voilà les grandes lignes... le semestre 1 passe. Classée 570/1300 en décembre je suis mi-déçue mi-sattisfaite. Je n'avais jamais fourni un travail comme ça et j'avais espéré qu'il serait davantage récompensé. Mais je savais que la biophysique et une partie des maths n'avaient vraiment pas été à ma portée donc je ne m'en sortais pas si mal et je n'étais pas hors course.
J'ai attaqué le semestre avec une rage de vaincre que je ne me connaissais pas. Confortée par mes amis "tu ne sais pas, c'est encore possible!" et surout par ma binôme avec qui nous nous sommes serrées les coudes, j'ai continué, focalisée sur mon objectif, c'était décidé, je donnerai tout ce dont je suis capable!
C'est passé vite. On est tellement plongé dedans qu'on ne se rend même plus compte à la fin... mais la délivrance de la dernière épreuve a été merveilleuse et cruelle à la fois. C'était fini. Je ne vivrais plus cette folie. Et maintenant que c'était fini je pouvais regarder la vérité en face: j'avais peu de chance d'y arriver, il fallait que je remonte 170 places, soit environ 2 points sur ma moyenne.
Les résultats avant choix sont arrivés. 72eme/230 en maieutique, 400 au classement général. J'avais justement gagné les 170 places et, petit clein d'oeil de la vie, remonté ma moyenne d'exactement 2points. Inexplicable. Et là je prenais conscience qu'il y avait de grandes chances que je sois prise.
Une semaine plus tard j'avais la réponse officielle: je suis admise en école de sage-femme (24ème après choix, ils en prennent 37)
Le sentiment que j'éprouve c'est de la reconnaissance. Envers moi smilies, je me remercie de m'être donné autant de peine. Envers mon passé, qui m'a souvent montré qu'il fallait faire ce qu'on souhaitait car la vie est trop courte pour attendre le bon moment. Envers ceux qui ont été là, avec moi, de près ou de loin, qui m'ont aidé à croire que l'impossible été réalisable et qui m'ont secondé dans ce projet. Une chose est sûre, je n'aurais jamais réussi seule.
Voilà alors foncez, lancez vous, que vous y arriviez ou non, cette année mérite d'être vécue!

Bravo !!! Quel beau parcours!
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78141
Jeune Bizute

Messages : 2
Enregistré : 21/07/2018
Posté le 21/07/2018 à 22:25 notnew
Bonjour vix,
Tout d’abord bravo pour ta réussite ça n'a pas dû être facile tout les jours... Je suis moi même à Grenoble et souhaiterai récuper le CD de quelqu'un pour me mettre dans le bain dès août. Si tu n'y vois pas d'inconvenient, puis je récupérer le tiens stp? Merci en tout cas et bravo
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Julien19
Bizut (futur carré)

Messages : 7
Enregistré : 02/08/2018
Posté le 03/08/2018 à 10:28 notnew
bonjour Vix,

je t'ai écris un mail privé en u2u hier, je souhaité prendre contact avec toi pour avoir ton retour d'expérience, j'ai un profil et un projet similaire au tien.
Si ça te dit, pouvons nous échanger ?
Merci d'avance
Julien
_____
clor


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