Posté le 30/05/2007 à 06:47

Je me permets de donner mon point de vue, exercant depuis un an et demi en onco, et ayant des spé plus techniques auparavant (et me préparant à retourner vers l'ultra-technique, bref).
Je rejoins magdam: je pense que vous avez en fait le même point de vue, à quelques détails près.
Il me parait abérent de pratiquer un soin sans y imprimer l'aspect relationnel, je me refuse à me considérer comme une bête exécutante, d'une part, d'autre part, l'humain prime sur la technique. Par contre, cette dernière doit être irréprochable, au point de s'effacer et de ne laisser voir que la relation d'aide. De plus, en travaillant justement avec "de l'humain" (désolée pour la formule, c'est pas très joli, mais vous comprenez ce que je veux dire)on se doit d'être très très au clair avec les divers protocoles, et des soins techniquement uniformisés assurent une meilleure continuité de la prise en charge. Un exemple tout bête: un pansement d'escarre, si un protocole n'est pas mis en place, et que chacun applique sa propre technique, on a beau être le plus sympa du monde avec le patient, on est pas efficace pour un sou. Autre exemple: je pose des chimiothérpies toute la journée, nous avons des protocoles bien précis quant à la vérification de l'identité du patient, des produits, l'administration du produit, sa surveillance etc... Impossible d'y déroger.
Bref, les exemples font légion, et dans le cas de l'urgence, bien sûr la technique doit être impeccable, mais le relationnel est essentiel pour ne pas générer une source de stress supplémentaire pour le patient, ce qui pourrait par ailleurs lui être carrément délétaire selon la pathologie ( infarct par exemple).
Enfin, je dirais qu'on peut respecter les protocoles à la lettre tout en assurant le relationnel, ça peut passer par l'explication du geste, son but, cela rassure le patient, et puis bon, il s'agit de SA pathologie, et de SON traitement, il a le droit à l'information.
Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort.