Posté le 01/07/2007 à 15:04

MOUNETTE:Les personnes qui disent que finalement c'est pas si bien que ça, est ce que quand on vous posait la question, quand vous étiez petit, "qu'est ce que tu veux etre plus tard", vous répondiez MEDECIN?
Pour moi c'est non, tu l'auras compris.
J'entends ton émotion et la comprends... Mais c'est faux, dans l'état actuel des choses, de dire que tu ne pourras jamais accéder à la P2. Je pense aux parameds de Remède et notamment à Dus: jette un oeil à
son profil, je trouve ça formidable. Fouille un peu dans le forum "revenir en médecine", tout ce qui concerne les parameds.
Ce n'est qu'une piste...
SYANE:
Pourquoi Julyjumper ? par peur de devoir t'occuper seule d'un patient, par peur de pas savoir comment réagir vis à vis de quel cas , ou parce que c " trop porrible " ?
Plusieurs choses plus ou moins embrouillées.
1/ je suis si nulle... mais ce n'est pas le fait d'être nulle, car on est là pour apprendre, mais le fait d'aller embêter des patients mal en point, ce qui ne leur apporte rien, les dérange plus qu'autre chose alors qu'ils voudraient la paix. Quand on reste 1h30 dans la chambre d'un patient sous chimio qui se lève 6 fois pour aller vomir ses tripes. Et qui s'endort à la fin, et nous on continue l'examen malgré tout...
1'/ le corollaire de la nullité, c'est l'absence de légitimité. Je me sens totalement illégitime pour demander à un malade de se déshabiller par exemple, de me raconter sa vie, alors que je leur suis aussi familière qu'un inconnu qu'ils croiseraient dans la rue. Cependant ma réflexion sur ce point a en partie évolué grâce à une phrase de Kubrick (le remédien, pas le cinéaste!) qui m'avait écrit que par rapport à l'inconnu croisé dans la rue, j'avais "plus de légitimité, mais pas plus de droit". Je médite encore sur cette phrase
2/ y aller toute seule, au niveau formation, je trouve ça inutile. Je raconte au chef ce que j'ai trouvé à l'examen clinique ("peut-être un souffle carotidien?") mais comme on ne va pas vérifier ensemble pour confirmer/infirmer, je reste avec mes "peut-être"
3/ je fais un blocage vis-à-vis des gens malades, c'est gênant vous allez me dire

J'ai rencontré comme tout le monde des malades très lourds et en suis ressortie essorée. Leur pensée me trouble pendant plusieurs jours, je suis autant désolée de ce qui leur arrive que si c'était un membre de ma famille... bref je n'ai aucun recul, aucun détachement et je n'arrive pas à en prendre. Je prends tout bien trop à coeur alors que ma position devrait être celle du soignant.
4/ Ces stages auront été pour moi beaucoup d'épreuves. Et à la fin j'y allais en freinant des 4 fers par peur d'être encore confrontée à une autre situation déchirante. Comme quand on rentre à 6 voir 2 hommes de 90 ans et que le chef, en gros, leur annonce qu'ils seront morts dans moins d'1 an. Comme quand le chef nous dit "la prochaine fois vous irez tous les 4 faire un toucher vaginal chez une femme au bloc" (comprenez sans son consentement, et elle n'en saura jamais rien). Ou quand on m'envoie interroger un jeune garçon avec un QI de 30 à la suite d'une encéphalite, donc vraiment le truc qui ne sert à rien, il n'arrivait même pas à me donner son âge. Enfin moi ça m'a fendu le coeur (oui, il en faut peu pour fendre mon coeur, qui n'est plus qu'un steak hâché). Ou des déments. Ou la femme de 42 ans avec des métastases partout. Vous allez me dire, être médecin c'est ça! Oui mais je ne m'y fais pas, émotionnellement. Et je me dis que je me trouverai bien un poste "à l'abri" de tout ça. D'ailleurs il y a des spécialités où on ne voit pas trop de gens malades (ex: médecin scolaire, gynéco médicale...)
5/ Enfin, je suis une handicapée de la communication. A savoir que j'ai beaucoup de mal à parler avec qui que ce soit (sauf à l'écrit), question de timidité sauvage. Mais je ne crois pas que cette dernière composante intervienne tant que ça vu qu'en néonatologie, je bloquais aussi (là j'avais aussi peur de leur apporter plein de germes dégoûtants).
Mais en tant que médecin, même si finalement cela ne vous plait pas, vous pourrez toujours vous réorienter non ? Ou disons sauter des étapes, des choses...
J'avais jeté un coup d'oeil pour les passerelles vers véto... en fait il faut être médecin diplômé, ça permet de sauter le concours véto (c'est toujours ça) mais il faut faire l'intégralité de l'école véto. Soit, si je ne me trompe pas, minimum 9 ans pour être médecin + 5 ans d'école véto soit 14 ans donc être encore étudiant à 31 ans...

Il faut vraiment aimer étudier!
Aux ex-P1:
A mon tour je vous félicite... pas simplement ceux qui on réussi (mais bravo à vous quand même

) mais à tout ceux qui ont tenu bon et qui ont donné le maximum!!
[Edité le 01/07/07 par julyjumper]
Esna et Julie