Posté le 04/07/2008 à 22:59 puis édité
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un article paru dans le monde
Le professeur Pierre Lasjaunias, responsable du pôle neurosciences-tête et cou de l'hôpital de Bicêtre (Le Kremlin-Bicêtre), est mort le mardi 1er juillet des suites d'un infarctus du myocarde foudroyant à Zurich, où il participait à un congrès européen de neuroradiologie. Il était âgé de 59 ans.
Avec cette disparition prématurée, la médecine française perd un responsable hospitalo-universitaire de réputation mondiale qui avait largement contribué au développement des interventions non chirurgicales sur le cerveau humain. Un hommage lui sera rendu samedi 5 juillet à 14 heures au Grand Réservoir de l'hôpital de Bicêtre.
Dates clés
15 juillet 1948
Naissance à Paris.
1968
Début des études de médecine.
1989
Professeur d'anatomie.
1998
Chef de service à l'hôpital de Bicêtre.
2007
Elu président de la Fédération mondiale de neuroradiologie interventionnelle.
1er juillet 2008
Mort à Zurich.
Pierre Lasjaunias naît le 15 juillet 1948 à Paris. Après des études secondaires, il fait sa médecine à Paris de 1968 à 1975. Spécialiste de radiologie en 1983, il est nommé professeur d'anatomie en 1989. Parallèlement, il se spécialise en neuroradiologie vasculaire auprès du docteur Jacqueline Vignaud, à la Fondation Rothschild.
En 1998, il devient chef du service de cette discipline à l'hôpital de Bicêtre. Il avait dans le même temps noué de nombreuses collaborations régulières dans des établissements hospitaliers à Londres, Berlin, New York et Toronto. Il était aussi fréquemment appelé pour des interventions délicates concernant des malformations rares, comme celle pratiquée en 2003 sur des soeurs siamoises au Raffles Hospital de Singapour, pour laquelle il avait notamment mis au point les modèles en trois dimensions reconstituant les systèmes de circulation du sang à l'intérieur de la double boîte crânienne.
La neuroradiologie interventionnelle est une discipline qui est apparue pour l'essentiel en France à la fin des années 1980 sous l'effet des progrès de l'imagerie cérébrale. Contrairement à la neurochirurgie, elle se propose de réaliser des interventions en faisant l'économie de l'ouverture de la boîte crânienne, celles-ci étant réalisées via le système vasculaire sous contrôle neuroradiologique. Pierre Lasjaunias a largement contribué à élargir le champ d'action de cette technique à différentes malformations vasculaires, comme les anévrismes et les malformations artérioveineuses de nourrissons. Outre ses activités de soins et de recherche, il restait passionné par son activité de professeur d'anatomie auprès des jeunes étudiants en médecine de l'université Paris-XI, démontrant de la sorte qu'il est encore possible aujourd'hui de remplir la triple mission assignée aux responsables hospitalo-universitaires.
Son activité ne s'arrêtait toutefois pas là. Depuis le milieu des années 1990, il déployait une intense activité pour assurer le développement de la pratique et de l'enseignement de sa discipline à l'échelon international. Il cherchait ces derniers temps à obtenir sur ce thème une harmonisation au sein des pays de l'Union européenne.
En septembre 2007, il avait, à Pékin, été élu pour deux ans président de la Fédération mondiale de neuroradiologie interventionnelle, société savante de cette spécialité. A cette occasion, il avait déclaré son intention de "se consacrer aux problèmes d'éthique et de conflits d'intérêt en regard avec l'innovation technologique et la formation". Ce médecin nourrissait en effet, au-delà de sa seule discipline, un très vif intérêt pour les conséquences éthiques du considérable développement des techniques d'imagerie du corps humain. Ce technicien hors pair ne cachait pas non plus ses angoisses devant l'envahissement de la technique et la déshumanisation de la pratique de la médecine.
"Aujourd'hui, on peut dire que l'imagerie explore l'inconnu et transforme la personne en un espace de recherche et d'exploration au prétexte que les outils sont non invasifs, écrivait-il dans un récent ouvrage collectif (Le Corps relégué, "Cahiers du Centre Georges-Canguilhem", PUF). La technologie radiologique précède la question clinique et finit par la susciter. Elle asservit un peu plus le médecin à l'outil et l'éloigne de l'humain en se soustrayant au lien perçu comme pollueur de la fiabilité scientifique. On transfère un pan du champ social dans le champ de la science."
Il observait alors qu'entre autres bouleversements l'imagerie allait bien au-delà de ce que la simple clinique permettait, le radiologue devenant le premier informé du diagnostic de la maladie dont le patient est porteur, et pouvant parfois rester le seul informé. "Cette situation privilégiée dans la chaîne de soins lui impose des devoirs, ajoutait-il. Elle requiert de sa part des qualités humaines et sans doute des compétences particulières, pour restituer au patient la matière et le sens de ce qu'il a objectivisé." Tous ceux qui ont eu la chance de le connaître savent que le docteur Pierre Lasjaunias possédait à la fois ces compétences et ces qualités.
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Cet article en anglais: Surgeon dies after performing vital op (kim briscoe Evening News 24)
Little Ella-Grace Honeyman was on the brink of suffering a massive haemorrhage, but last week her life was saved by a French doctor who had pioneered the only treatment available to the one-year-old.
But just hours after successfully reducing the dangerous pressure on the veins in her head, Dr Pierre Lasjeunias collapsed and died of a heart attack while on stage at a conference.
The Honeymans had pinned their hopes for her continuing future treatment on Dr Lasjeunias and say they have been devastated to learn of his death, both for themselves, his family and the other children he could have helped.
Ella-Grace's mum Laura said: “Within 24 hours of saving our child's life he has lost his own - we feel 100pc that he saved her life because it's such a highly stressful and highly skilled operation.
“Now no words can ever let him know how grateful we are. We just feel so sorry for his family and all the other children who are waiting. We feel so deeply saddened and shocked by what has happened.”
The youngster suffers from Vein of Galen malformation, a rare condition which means the highly pressurised blood in an artery leading to her brain leaks through small capillaries into the vein draining away blood, causing a build up of fluid on her brain.
She was diagnosed with the condition just before her first birthday and, if left untreated, it can cause brain damage and organ failure.
Ella-Grace's parents, Laura, 29, and Ryan, 30, of Thistledown Road, Horsford, travelled with their daughter to Paris last week using travel tickets donated by Eurostar and National Express.
The operation was undertaken on Thursday by Dr Lasjeunias's team, who first developed the potentially lifesaving treatment, which involves using a type of superglue to close up the holes between the artery and vein.
So few doctors have the experience needed, as the slightest wrong move can prove fatal and it is difficult to allow trainees to practise in such dangerous conditions.
Ella-Grace is now recovering well, has much more energy than before and has regained the “sparkle in her eyes”, but the youngster will still need more operations in the coming years.
Ian Honeyman, Ella-Grace's grandfather, said the family was now trying to find out if she could be treated by one of the other top two doctors in the field, who were Dr Lasjaunias's co-authors of a book on the subject, and are based in Canada and New York.
Mr Honeyman, who lives in Rackheath, said: “People have asked why we haven't had her treatment on the NHS. There are only about four cases of this in the UK each year so there is nothing like the experience or success rate that there is abroad.
“The chance of surviving in the UK was 90pc - a one in 10 chance that she would die. In Paris it was 97pc, so there was a one in 33pc chance she would die. Even the English surgeon here said he had no problem with us taking her to France and that he understood we wanted the best chance for her. “It's looking like it could cost $50,000 per operation in New York.”
Friends of the family have started up a fundraising campaign to raise money for Ella-Grace's treatment.
Mr Honeyman said: “We didn't ask for any help but we have been bowled over by the support we have had.
“The Maid's Head in Catton had a fun day last Sunday and raised £2,500 for Ella which is absolutely fantastic.”
A charity walk will be taking place at 11am on Sunday from the Sole and Heel pub in Rackheath. The following Sunday, at 11am, a sponsored bike ride will be setting out from the same venue.
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Humans in Science
I am inexpressibly saddened to write about the sudden, unexpected death of a cherished colleague, Professor Pierre Lasjaunias. A mutual friend telephoned this evening to tell me about his death from a series of heart attacks. I don’t know how old he was - under 60, in any case. I do know he has two lovely teenage daughters, one of whom at least loves riding horses and the other came to Val d’Isere to go skiing during the ABC-WIN annual conference.
I can not write a proper eulogy, but just say how much respect and admiration I had for his passion for teaching, and his equal passion for healing. He was an extraordinarily gifted interventional neuroradiologist. He has saved the lives of countless children around the world, both directly, and by his insistence on educating young doctors in Southeast Asia, in particular. Pierre was also a fabulous artist. He could draw the cephalic vasculature in sagittal section and then show you the aneurysm from an angle rotated 60 degrees to the right. He illustrated all of his own books. Pierre brought me in contact with a great number of estimable colleagues and I will miss him in my own way. Painfully and sometime later, in resignation.
son CV était impressionnant.on a eu de la chance de connaître ce grand homme