Posté le 20/01/2001 à 17:58

en ce qui me concerne, je considere que le VRAI internat est probablement mort lors de la reforme de 1982. Je dis ca sans condescendance, car j'ai ete nomme sur le concours "nouveau regime".
Alors que le concours disparaisse definitivement aujourd'hui, ca me peine car ca forcait les gens a bosser. Et clairement, on voit la difference en salle entre un premier semestre qui a prepare le concours (prepare pour etre generaliste ou specialiste, concours reussi ou non: je ne fais pas d'elitisme anti-generaliste, soyons clair. Je dis juste que la preparation du concours, ca structure un peu mieux les idees et les connaissances que la fac) et un qui ne l'a pas prepare. Ce dernier est generallement tres bordelique, n'a pas les idees claires et c'est un merdier que d'avoir des glandus en salle... Alors meme si vous ne voulez pas devenir specialistes, preparez le concours serieusement, ca vous sera tres utile, generaliste ou specialiste, hospitalier ou liberal. On crache sur le concours, le probleme n'est pas la. Le rite de passage importe peu, et les MG ont tord de crier au loup: le vrai probleme est la formation en cours de DCEM: c'est ca qu'il faut reformer, la reforme du concours, c'est l'arbre qui cache la foret. Idem pour le 3eme cycle: il y a eu des efforts, mais tout ou presque reste a faire. Je suis actuellement aux USA, et sans vouloir cracher sur tout ce qui se fait en France, je vous garantis que c'est le jour et la nuit en terme de qualite de la formation, de formation medicale continue, etc... Les francais, trop chauvins a mon gout, feraient bien d'arreter d'essayer de reinventer le monde, et d'accepter de regarder les experiences menees ailleurs: on y gagnerait en temps, et en qualite. Bref...
Si le concours est remplace par un examen de bon niveau, ca me va. Car encore une fois, ceux qui pleurent l'Internat d'antan et sa pseudo-excellence sont justement ceux qui gueulaient il y a 18 ans mais n'ont pas fait grand chose d'autre pour maintenir cette excellence.
Ce qui compte, ca n'est pas de mettre des prix Nobel dans tous les cabinets de ville, mais d'avoir des medecins competents pour nos patients. Si un examen validant permet de s'assurer que les mecs ont le niveau de se voir confier des malades durant leur troisieme cycle, tres bien.
Mais comme toujours en France, les choses sont a l'extreme: je crains que la suppression du concours classant, extreme elitiste, mene a la mise en place d'un examen bidon (cf le CSCT actuel, totalement inegal d'une fac a l'autre et ne jugeant pas vraiment des competences d'un etudiant de DCEM4...). Autre extreme, le nivellement par le bas, apres un elitisme surrane...
A suivre. Pour ce qui est de balancer des jeunes toubibs dans les endroits recules, c'est se foutre du monde. On n'a pas a servir la Nation plus que necessaire, le pseudo-civisme, on s'assoit dessus: je le ferai le jour ou les vieux medecins installes, qui s'en sont fichu plein les fouilles pendant des annees, se verront imposer d'aller eux aussi faire les mariolles dans le Cantal profond, trois ans avant leur retraite. Si "service national medical" il doit y avoir, faut que ca soit pour tout le monde. Je doute que ca depasse les radotages du Conseil de l'Ordre et autre vieux schnock de l'Universite (qui au passage n'ont pas du pratiquer la medecine depuis des lustres): le premier ministre de la sante qui osera imposer ce genre de connerie se retrouvera, encore une fois, avec une greve des Internes qui lui laissera un gout amer. Le pere Gaymard, depuis 1997, doit encore etre sous Prozac a hautes doses... Ca s'appelle du suicide politique, et si les politiques ont un brin de memoire, ils ne s'y recolleront pas de sitot.
Apres tout, les vieux medecins ont bien plus d'experience que nous (donc c'est bien pour les malades) et ont assure leur retraite (pas nous!! Et avec l'ecole et la colo des gosses, les traites de la bagnole ou de l'apart, c'est pas a nous d'aller vivoter dans des endroits de merde. Ou alors qu'on nous paie triple!!). En bref, hors de question de rendre service sans incitations en especes sonnantes et trebuchantes, le temps de l'abnegation des infirmieres-religieuses est TERMINE. Sans complexe, business is business
Hauts les coeurs, les jeunes, on veut bien voir evoluer nos etudes, mais pas se faire sodomiser sans vaseline par des politicards qui, si ils avaient fait correctement leur boulot depuis 20 ans, auraient prevu et gere a l'avance la crise demographique. Idem, j'irai dans le Larzac le jour ou on nous y adjoindra des ENArques fraichement emoulus de leur ecole...
Y'en a marre de devenir des OS de la medecine.
C'etait la geulante de papy Doug
