Posté le 30/05/2004 à 19:14

Eh bien j'ai l'impression que la "chiropratique" est une arnaque
Elle n'est meme pas reconnue comme un métier de la santé selon le rapport de mission d'aout 2003 du ministere de la santé
voir ici
La notion de professionnel de santé recouvre les professions suivantes selon le code de
la santé publique : médecin, chirurgien-dentiste, sage-femme, pharmacien, préparateur
en pharmacie, infirmier, masseur-kinésithérapeute, pédicure-podologue, ergothérapeute,
psychomotricien, orthophoniste, orthoptiste, manipulateur d’électroradiologie médicale,
audioprothésiste, opticien-lunetier, diététicien.
Professions médicales
Diplôme d’État (D.E.) de docteur en médecine
D.E. de docteur en chirurgie dentaire
D.E. de docteur en pharmacie
D.E. de sage-femme
Tous les diplômes de 3è cycle : D.E.S.S. et D.E.A.
Tous les Certificats d’Études Spécialisées
Professions paramédicales
D.E. d’audioprothésiste
Certificat de capacité d’orthoptiste
Certificat de capacité d’orthophoniste
D.T.S. en imagerie médicale et radiologie thérapeutique
B.T.S. Analyses biologiques
D.U.T. Génie biologiques, option analyses biologiques et biochimiques
B.T.S. diététique et D.U.T. génie biologique option diététique
B.T.S. opticien- lunetier
Diplôme professionnel d’aide soignant /filière éducation nationale
mais diplôme de santé
Diplôme professionnel d’auxiliaire de puériculture/filière éducation nationale
mais diplôme de santé
Diplôme de préparateur en pharmacie
DE d’infirmier ainsi que les D.E. d’infirmiers spécialisés
(I.A.D.E., I.B.O.D.E., puéricultrice)
D.E. de masseur-kinésithérapeute
D.E. de pédicure podologue
D.E. de psychomotricien
D.E. d’ergothérapeute
D.E. de manipulateur d’électroradiologie médicale
D.E. de technicien en analyses de biologie médicale
Diplôme de préparateur en pharmacie hospitalière
Diplôme professionnel d’aide soignant /filière éducation nationale
mais diplôme de santé
Diplôme professionnel d’auxiliaire de puériculture/filière éducation nationale
mais diplôme de santé
Certificat de capacité d’Ambulancier
Article très interressant
Le 28 novembre dernier, la cour d'appel de Caen confirmait un jugement du tribunal de Coutances, condamnant pour exercice illégal de la médecine M. Roger Aimard " docteur en étiopathie " à Saint-Lô, où il exerce cette activité depuis une dizaine d'années.
De quoi s'agit-il ?
Comme la plupart des " médecines parallèles ", cette pratique a repris, pour se donner un nom, le suffixe " pathie " (maladie, souffrance) , inauguré dans cet emploi par Hahnemann avec son homéopathie. Le choix de Hahnemann était linguistiquement correct : il désignait l'utilisation thérapeutique de substances qui, administrées à un sujet sain, déclenchent chez lui les mêmes (homoios) manifestations pathologiques que celles du malade qu'elles sont censées pouvoir guérir. Un glissement sémantique - opéré par ignorance ou par malice ? - a donné ensuite au suffixe " pathie " le sens de " médecine , et à " pathe " celui du praticien de cette médecine. Ainsi une médecine marginale s'est-elle intitulée ostéopathie, alors que ce terme désigne correctement non pas une thérapeutique, mais l'ensemble des affections qui peuvent frapper les os. Astucieusement, les homéopathes ont forgé le terme " allopathie ", qui suggère une (fausse) symétrie entre leur doctrine et la médecine scientifique, et ils sont parvenus à l'introduire en contrebande dans la littérature médicale.
Cette querelle de langage peut sembler futile. Elle ne l'est pas. L'usage pervers des mots - comme le démontre Michel de Pracontal dans un livre - est une des armes de la pseudoscience.
Revenons à l'étiopathie. Dans les mots régulièrement composés avec des racines grecques, le déterminant précède le déterminé. Les cardiopathies sont les maladies du cœur et l'homéopathie, comme nous avons vu, évoque des maux semblables. L'étiopathie serait ainsi " le mal des causes " (aitios), ce qui ne veut pas dire grand-chose. Dans le jargon des médecines parallèles, l'étiopathie se présente comme une thérapeutique qui s'attaque à la cause des maladies, ce qui insinue que la " médecine officielle ", comme on dit, ignore les causes. Les étiopathes n'emploient aucun médicament. Leurs traitements se ramènent à des pratiques manuelles, notamment à des manipulations du crâne ou de la colonne vertébrale.
Fondée en 1963 par Christian Trédaniel (qui avait étudié les manipulations articulaires et vertébrales pratiquées aux États-Unis), l'étiopathie se réclame à la fois de l'héritage des rebouteux et des connaissances modernes d'anatomie et de physiologie. La doctrine est un amalgame de vocabulaire scientifique et de conceptions dogmatiques à résonance mystique (quoi qu'elle s'en défende) avec un large emploi de majuscules et de graphes. Chaque être humain, explique-t-elle, vient au monde avec un Potentiel Vital Originel (PVO) formé à l'instant de sa conception (mais ne pas confondre avec une hérédité génétique, qui est ignorée ou niée). Chaque être humain est une entité. La destinée vitale d'un individu ne doit pas être comparée à celle d'un de ses semblables, mais seulement à son propre PVO. Tout au long de l'existence, le PVO suit une courbe décroissante ; la santé parfaite réside dans le respect intégral de cette courbe. La maladie n'a jamais de cause héréditaire ou endogène ; elle est une modification de la destinée due à des accidents extérieurs ou au non-respect des règles d'hygiène. Etc.
Quant aux thérapeutiques manuelles, elles seraient actuellement enseignées, à Paris et à Marseille, dans des facultés libres " enregistrées dans leurs académies respectives ". Formules qui feraient penser à un enseignement quasi-officiel : mais comme on sait, il n'y a pas là d'appellation contrôlée, et tout un chacun peut ouvrir une académie littéraire ou une académie de billard. Les étiopathes ne sont pas docteurs en médecine : ils exercent au grand jour et font campagne pour être officiellement reconnus. La liste des membres de I' " Institut français d'Éthiopathie ", dans son édition de 1986, comprend soixante-quinze noms rangés dans l'ordre alphabétique. Le premier est celui de l'étiopathe qui vient d'être condamné à 25 000 F d'amende (ce qui ne le gênera sans doute pas beaucoup). Le Conseil de l'Ordre du département de la Manche a obtenu le franc symbolique de dommages-intérêts.
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Le jugement de la cour d'appel de Caen, confirmant la condamnation par le tribunal de Coutances, pour exercice illégal de la médecine, d'un " docteur en étiopathie ", qui exerçait son activité à Saint-Lô depuis une dizaine d'années . Le fondateur de cette nème médecine " parallèle ", lancée en France en 1963, s'était familiarisé aux États-Unis avec les manipulations articulaires et vertébrales qui y sont pratiquées par les " chiropracteurs ". L'étiopathie, dont le principe proclamé est de " soigner sans médicaments ", est un mélange de chiropraxie américaine avec quelques références aux traditions héritées des rebouteux et à une philosophie mystique. (Chaque être humain naît avec un PVO, un potentiel vital originel, formé à l'instant même de sa conception ; la santé réside dans le respect de la courbe naturelle du PVO.)
Beaucoup de manœuvres décrites par les étiopathes ne leur appartiennent nullement en propre. Elles sont connues et pratiquées par de nombreux médecins et kinésithérapeutes. Ce qui est particulier aux étiopathes, c'est d'abord qu'aucun d'eux n'est docteur en médecine : deuxièmement qu'ils prétendent (comme de nombreux chiropracteurs d'outre-Atlantique) traiter à peu près toutes les maladies courantes.
Les manipulations vertébrales (qui, soulignons-le encore, sont bien connues de la médecine " officielle " donnent parfois d'excellents résultats. Du fait même qu'elles agissent sur des régions particulièrement sensibles, elles peuvent aussi, en cas de fausse manœuvre ou d'erreur grossière de diagnostic (méconnaissance d'une tumeur, par exemple) entraîner des accidents et même des catastrophes.
Parmi les quelques dizaines d'observations citées pour mettre en garde contre les dangers de la chiropraxie en voici deux parmi les plus récentes:
- Femme de 44 ans consultant un chiropracteur pour céphalées occipitales récentes. Douze heures après le traitement, elle se réveille avec de violents maux de tête et une difficulté pour avaler. L'évolution fut heureusement régressive.
- Un homme jeune âgé de 25 ans voit un chiropracteur pour une cervicalgie aiguë. (N d 1 R : névralgie de la nuque.) Une heure après l'ajustement, il se plaint de très vives céphalées et des vertiges. L'examen anatomopathologique fait après son décès montre une importante thrombose au niveau des artères vertébrales et du tronc basilaire.
Le premier de ces cas ne mérite aucun commentaire particulier, sinon que toute évidence la manipulation chiropractique a brutalement aggravé les maux de tête dont souffrait la patiente. Le second cas est plus grave, puisqu'une heure après l' " ajustement ", c'est-à-dire la prétendue remise en place des vertèbres, l'aggravation subséquente a été fatale. L'autopsie a montré que les artères du cou et de la base du crâne étaient oblitérées par des caillots, ce qui était évidemment la cause des maux de tête qui avaient poussé le patient à consulter. Un diagnostic correct, avec les actuelles méthodes de laboratoire, aurait probablement aboutit surtout pour un homme aussi jeune, à une intervention chirurgicale efficace. La manipulation chiropractique équivalait à un homicide par imprudence.
Le troisième cas nous est présenté comme concernant non un chiropracteur, mais un " vertébrothérapeute " :
Une malade âgée de 35 ans vient voir un vertébrothérapeute pour une cervicalgie et une douleur hémifaciale droite. Après quatre manipulations, elle présente une quadraplégie avec d'autres troubles neurologiques. Les examens complémentaires révèlent l'existence d'un méningiome dont la cure chirurgicale fait un succès. (N d l R : la quadraplégie est une paralysie totale, le méningiome est une tumeur développée à partir des méninges).
Là encore, un examen banal aurait décelé la tumeur méningée avant une manipulation catastrophique. Heureusement pour la malade, le chirurgien a pris à temps la place du vertébrothérapeute.
Soyons juste : aucune médecine n'est à l'abri des erreurs de diagnostic ou de prescription avec les conséquences qu'elles peuvent entraîner. Mais le risque est maximal quand un homme qui n'a pas suivi d'enseignement médical et qui croit aveuglément aux vertus universelles de la manipulation s'empare de vos vertèbres ou de vos articulations. Les étiopathes, en France, affichent bien des programmes de cours " libres ", mais ils se situent ouvertement en opposition à la médecine. L'étiopathe, écrivent-ils dans leur guide à l'usage du public, " n'infiltre pas, ne pique pas, ne donne pas de médicaments, ne se sert pas d'appareils... Il ne travaille qu'avec ses mains... (Son rôle) est de chercher la vraie cause du mal ".
Soyons justes encore. Il peut y avoir, il y a même sûrement, parmi les praticiens de l'étiopathie (comme du reste parmi les rebouteux) des hommes habiles à réduire une entorse, à soulager une lombalgie ou toute autre souffrance relevant d'un désordre mécanique. Il n'y a pas de raison pour que la médecine rejette leur expérience dans ce qu'elle peut avoir de positif. Malheureusement ils ne s'en tiennent pas là. Tout en se déclarant non-médecins, ils ouvrent des " facultés libres de médecine étiopathique " et ne craignent pas de mentionner, parmi les malades qu'ils s'offrent à guérir (en quelques séances !), ceux qui souffrent d'un fibrome, d'une hépatite, de sclérose en plaques, de syncopes graves à répétitions, etc. La porte est alors ouverte à bien des charlatanismes. Autre trait caractéristique : les étiopathes s'efforcent d'obtenir l'autorisation officielle d'exercer leur activité sans autre contrôle que le leur. Ils inspirent en ce sens des articles de journaux, notamment dans la presse féminine et mobilisent des naïfs pour signer des placards publicitaires comme cet " appel de 600 maires de Normandie " paru l'an dernier, où l'on réclamait " l'abolition du monopole médical et la liberté du droit à disposer d'eux-mêmes pour tous les citoyens " ainsi que " le libre exercice de la médecine étiopathique et son remboursement par les organismes sociaux ".
[Edité le 30/05/04 par DocLoL]
[bertrand]modif du grand lien [/bertrand]
[Edité le 30/05/04 par Bertrand B.]