Posté le 08/03/2002 à 20:56

La CLINIQUE devrait toujours primer sur la paraCLINIQUE.
L'examen clinique devrait toujours précéder la prescription d'examens complémentaires éventuels.
Pourtant, l'intérêt de bien connaître sa séméiologie et donc être un clinicien honnête permet de bien orienter correctement ses prescriptions d'examens paracliniques (complémentaires). Rien de plus désolant que de faire des check-lists systématiques pour cacher son ignorance quand cela n'est pas nécessaire. La Santé n'a pas de prix mais elle a cependant un coût que la Collectivité y est de plus en plus sensible et nous demande de le justifier de plus en plus.
"En connaissant bien sa sémio et en examinant un patient, et en l'interrogeant, tu n'auras pas besoin de NFS pour savoir qu'il a une anémie par carence martiale,"
Il faut toujours "douter" en médecine et s'en méfier de trop de certitudes. Même si la" clinique" t'orientait vers une anémie par carence martiale, devant un patient que tu ne connaisses pas, rien ne vaut une p'tite biologie pour éliminer une origine inflammatoire ou une thalassémie mineure (méconnue !) et donc confirmer ton diagnostic d'a-priori mais surtout ça te permettra d'évaluer la sévérité et donc de peser sur le pronostic.
"ni d'un bilan hépatique ou d'une écho pour savoir qu'il est cirrhotique..."
Si souvent la clinique est "parlante" et évocatrice, la biopsie hépatique est souvent indispensable car le diagnostic de certitude de cirrhose est histologique. En tout cas, ayant été Interne pendant un semestre dans un service de Médecine Interne à orientation Alcoologie, nous avons très souvent demandé la confirmation diagnostique par un examen anatomopathologique d'une PBH. La certitude diagnostique est nécessaire car elle pèse parfois sur nos décisions thérapeutiques et elle permet surtout d'évaluer le pronostic chez cette population particulière. Ne pas oublier que la cirrhose est un signe précancéreux et donc…
Devant un état clinique "cirrhotique" avancé, la paraclinique te permettra d'apprécier le pronostic grâce au score de la classification de Child-Pugh notamment.
Les Anciens n'avaient pas des Scanners et la NFS à gogo pour exercer leur Art, il ne faut pourtant jamais oublier que "l'obligation des moyens" est une réalité que nous devions à nos patients.
"mais bon, faut pas non plus exagérer, on n'est pas devin mdr mdr"
J'adhère totalement !
Les scandales sanitaires de ces dernières décennies ont fait chuter la "toute puissance Médecine" de son piédestal. C'est peut-être mieux ainsi.
En conclusion, la CLINIQUE devrait toujours primer sur la paraCLINIQUE mais…
