logo remede logo remede
La 1ère Communauté Médicale
médecine - pharmacie - odontologie - maïeutique
M'identifier
Mot de passe oublié ?
Je me connecte

Vous n'êtes pas inscrit à l'annuaire des membres ? Inscrivez-vous

Réflexion de JF Mattéi

Aller en bas • 14 réponses
Beetle
Bliss de Nice

Messages : 219
Enregistré : 25/12/2004
Posté le 01/06/2005 à 20:59 notnew
une réflexion intéressante de notre ancien ministre de la santé sur la médecine d'aujourd'hui ...

Jean-François Mattéi : plaidoyer pour la médecine

On peut sans doute reprocher un certain nombre de choses à Jean-François Mattéi mais sûrement pas de ne pas aimer profondément son métier. Invité par l´Académie de médecine à s´exprimer ce mercredi sur le sujet « Grandeur et servitudes de la médecine moderne », l´ancien ministre de la Santé, aujourd´hui à la tête de la Croix-Rouge, s´est livré à un véritable plaidoyer pour ce qu´il juge indiscutablement comme le plus beau métier au monde.

Une demi-heure durant, Jean-François Mattéi a dressé le portrait d´un métier sans nul autre pareil mais qui, les techniques et les cultures évoluant, s´est asservi à de multiples contraintes. « Qu´est devenue la considération dont les médecins étaient l´objet ? Que reste-t-il de la confiance du patient ? Qu´est devenu le revenu confortable ? Qu´est devenue la liberté qui permettait de supporter toute la misère du monde quand elle frappe à la porte ? Qu´est devenu ce statut privilégié qui faisait du médecin un notable apprécié ? », se demande l´ancien ministre. Pour toutes ces raisons, la grandeur du médecin est altérée, d´autant plus, considère-t-il, si l´on prend la mesure des servitudes, en tout premier lieu techniques, auxquelles le médecin a à faire face. Et de citer l´exemple de l´aide médicale à la procréation. Pour lui, c´est finalement « donner la vie là où elle était impossible. C´est la question du possible et du souhaitable. Le médecin a-t-il l´obligation morale de satisfaire des demandes qui lui sont faites au motif qu´il dispose des techniques pour le faire ? » Poussant à l´extrême sa réflexion, le Pr. Mattéi aborde la question des bébés médicaments et oppose le désir de guérir au respect d´autres valeurs. De son point de vue, l´évolution des techniques est en ce sens « vertigineuse ».

Et puis, ajoute-t-il, les médecins ont également à faire face à des contraintes économiques qui font beaucoup évoluer leur exercice : les progrès technologiques sont coûteux non seulement en termes d´investissements mais aussi en termes de répercussions. Ils augmentent la durée de la vie et ce faisant, de nouvelles pathologies se développent avec l´âge - type Alzheimer - , de même que la dépendance des personnes âgées se fait plus aiguë. De ce fait, dit-il, « le progrès technologique coûte doublement cher ». S´agissant des servitudes économiques toujours, le médecin moderne a à faire avec la nécessité de rester préoccupé du coût de ses prescriptions et de l´efficience de ses actes. Le médecin devient gestionnaire.

Enfin, les servitudes juridiques et sociales sont également le lot quotidien des médecins. La notion d´erreur médicale a beau exister depuis que la médecine existe, la législation aidant, les malades sont devenus des « usagers de la santé qui s´imposent comme des contractants et non plus comme des patients ». A la limite, il faudrait presque former juridiquement les médecins, glisse Jean-François Mattéi avant de rappeler que « le service de soins est un service public, c´est un devoir de l´Etat, c´est un droit pour chacun. Les médecins, y compris les médecins libéraux, sont des agents délégataires du service public ». A ce titre, ils doivent exercer là où l´on a besoin d´eux et non là ils ont envie d´exercer. C´est là la limite à la liberté d´installation, pointe l´ancien ministre, soulignant que les pharmaciens sont soumis à cette règle, et que cela fonctionne. Si les mesures incitatives à l´installation ne suffisent pas, le Pr. Mattéi ne jugerait donc pas incohérent de procéder pour les médecins libéraux comme pour les pharmaciens.

source : http://www.egora.fr/3v_script/winbreve_asp/winbrevemedecin.asp?si...
_____
That's all folks ! ;)


Top
Poor Memoire
Externe (diplomé secrétariat médical)

Messages : 84
Enregistré : 30/04/2005

certification
Vie réelle
Jocelyn Castanon - 33 ans
Pays : France
Domaine : Médecine
Niveau : Médecin du travail
Fac : REIMS
Posté le 02/06/2005 à 01:42 notnew
C'est à travers ce genre de réflexions qu'on se rend compte que la médecine est totalement liée à la société mais malheureusement, la médecine ne fait pas que prendre les bonnes choses d'une société, elle subit également ses dérives :

le médecin moderne a à faire avec la nécessité de rester préoccupé du coût de ses prescriptions et de l´efficience de ses actes. Le médecin devient gestionnaire.

N'est ce pas là davantage une dérive d'une société qui tend à tout comptabiliser dans le but d'être toujours plus "efficiente" (lorsqu'elle ne tire pas directement profit) qu'une dérive de la médecine qui devient de plus en plus technique?
_____
Colère et intolérance sont les ennemis d'une bonne compréhension.
Top
Cordura
Ministre de la Santé

Messages : 4029
Enregistré : 08/01/2003
Posté le 02/06/2005 à 08:41 notnew
Le but de cette phrase c'est de nous faire comprendre qu'à l'heure actuelle, le trou de la sécu oblige les médecins à faire très attention et à prendre en compte le facteur économique dans leurs prescriptions.. que ce soit des médicaments, des examens etc.. Chose dont on se passerait volontier...
Top
clochette8
Jeune Carabine

Messages : 29
Enregistré : 10/02/2005
Posté le 04/06/2005 à 17:32 notnew
Eh ben il ne dit pas que des conneries JF..
Sinon c'est vrai que dans notre fac ils nous bassinent (et ils ont bien raison) sur le fait que souvent l'examen clinique suffit, et qu'un bon sémiologiste a rarement besoin de plus.

le trou de la sécu va pas se boucher tout seul!!!

C'est vrai que c'est un peu dommage que les médecins aient perdu de leur prestige..Moi qui croyait devenir une star!!!!
smiliessmiliessmilies
_____
L'espoir fait vivre, mais ceux qui vivent d'espoir meurent de faim


Top
DrKenny
Chef de pique-nique

Messages : 169
Enregistré : 21/05/2004
Posté le 11/06/2005 à 23:13 notnew
ce qui est drole dans tout ça, c'est que notre ancien ministre était conscient des difficultés et désillusions dont les médecins sont victimes ... mais n'a pas fait grand chose pour améliorer les choses ! Comme quoi, c'est assez facile d'enfoncer des portes ouvertes
_____
Il ne faut pas croire que l'on est le meilleur mais savoir que l'on est le meilleur


Top
guzo
Externoïde

Messages : 47
Enregistré : 16/06/2003
Posté le 12/06/2005 à 18:27 notnew
Moi ce qui m'énerve le plus là dedans, c'est que des vieux c**s viennent nous donner leur avis sur la médecine et le monde sans rien essayer de changer quand ils en ont l'opportunité (comme c dit plus haut) mais surtout qu'ils essayent de faire passer insidieusement des réformes du style obligation d'implantation des médecins dans certains endroits alors qu'ils auraient été les premiers à gueuler quand ils avaient notre age. C'est facile de tenir ce genre de propos quand on a 55 ans, ça va pas lui cahnger la vie pour les qques années qu'il lui reste à tirer.smiliessmiliessmilies

D'un côté c'est vrai que certaines régions sont sous-médicalisées mais on a entamé nos études dans une certaine optique et bcp d'entre nous ont déjà une idée d'où ils voudraient travailler. Seulement ces * smilies * veulent changer les dés en cours de route et ça m'ENERVE.

Bref désolé pour ce coup de gueule mais fallait que ça sorte.

Un pour tous, tous pourris.
_____
"Mais tu dis, mais tu dis, que le bonheur est irréductible , et je dis, et il dit, que ton espoir n'est pas si désespéré à condition d'analyser que l'absolu ne doit pas être annihilé par l'illusoire précarité de nos amours et qu'il ne faut pas cautionner l'irréalité sous les aspérités absentes et désenchantées de nos pensées iconoclastes et désoxydées par nos désirs excommuniés de la fatalité déstitués et vice et versa."


Top
DrKenny
Chef de pique-nique

Messages : 169
Enregistré : 21/05/2004
Posté le 12/06/2005 à 19:46 notnew
ce n'est pas aux médecins de se sacrifier pour repeupler les zones rurales mais aux politiques de résoudre le problème par une politique de santé à long terme. Le manque de médecins, ce n'est pas nouveau, la désertification rurale non plus ... hors, on nous impose une politique agressive pour essayer de résoudre ces problèmes en sacrifiant des promos entières
_____
Il ne faut pas croire que l'on est le meilleur mais savoir que l'on est le meilleur


Top
Alfy
Modo à poils

Messages : 5573
Enregistré : 17/03/2002
Posté le 13/06/2005 à 18:42 notnew
Il n'y a actuellement aucune politique agressive envers les médecins smilies

Il ne faut peut-être pas oublié que nous sommes aussi là pour remplir une fonction de santé publique, nous avons été "sélectionnés" pour cela. Il faut être un minimum cohérent, surtout si on pense qu'on fait partie d'une élite

"Un grand pouvoir, impose de grands sacrifices"... smilies

Les pharmaciens sont depuis des années soumis à des règles concernant leur installation et ils n'ont pas l'air de trouver cela anormal ou d'être une profession sacrifiée, je me trompe ?

Nous sommes actuellement dans un paradoxe avec un nombre de médecins qui n'a cessé d'augmenter depuis quelques dizaines d'année tout en ayant l'apparition de déserts médicaux, déserts qui seront d'autant plus grands et nombreux que le nombre de médecin ne fera que diminuer dans les années qui viennent.

Ne pas réfléchir sur ce problème et ne pas proposer des solutions ou des projets de solution seraient une inconscience, vouloir garder son bout de nappe aussi.
Top
DrKenny
Chef de pique-nique

Messages : 169
Enregistré : 21/05/2004
Posté le 15/06/2005 à 18:11 notnew
tant qu'il n'y a pas de politique d'obligation mais plutot d'incitation, ça ne me pose pas de problème ... mais vu qu'il n'y a aucune proposition , d'orientation politique pour répondre à ce problème, je ne vois pas comment l'on va pouvoir résoudre ce problème de désertification.
Selon moi, il faudrait que l'état crée des cabinets de médecine rurale "publique", des sortes de mini hopitaux de campagne pour fournir à des médecins "fonctionnaires" un minimum d'infrastructure médicale ... mais on s'éloigne un peu du sujet de la lettre de Mattei ... et puis, nous ne sommes pas des supers héros mais des gens qui ont choisi un boulot qu'ils trouvent attrayant, ni plus ni moins
_____
Il ne faut pas croire que l'on est le meilleur mais savoir que l'on est le meilleur


Top
Djeïci
Doyen

Messages : 565
Enregistré : 26/05/2005
Posté le 17/06/2005 à 00:21 notnew
L'obligation d'installation : j'aurais envie de lui répondre qu'il peut se la mettre où il veut smilies (accrochée à l'oreille bien sûr...).

Mais si elle est mise en place (donc obligation d'exercer 1 certain nombre d'années dans la région du CHU où a été réalisé l'internat) ça risque de déséquilibrer l'ENC.
En effet, bcp déjà préfèrent choisir une spé moins demandée pour aller dans une région + attractive...

Mais ce qui me surprend c'est le nombre croissant d'exigences envers les médecins :

1. Rejet de la notion de risque médical par le public d'où un ensemble incroyable de précautions... et de procès => générateur de coûts (polices d'assurance élevées ce qui est d'autant + scandaleux que l'assurance est obligatoire... genre : "MON prix sera le TIEN" "Oui Maître AXA").

2. Gestion (collective) du déficit de la SECU : pb très lié au vieillissement de la population (donc prise en charge coûteuse) et à la baisse du nombre de cotisations (CSG) (chômage)... mais ce serait aux médecins de le résoudre ?

3. Obligation de résidence ? Pour bientôt probablement (ben voyons : après 2 concours quasi-inhumains, une laisse autour du cou...).

4. Et surtout : fermer sa gu...

Il n'y a pas à dire : pour faire médecine, il faut vraiment avoir la foi (... et le foie j'avoue).



[Edité le 17/06/05 par jclecomtejc]
_____
"Il y a des yeux qui reçoivent la lumière et il y a des yeux qui la donnent." (Paul Claudel)
2 million ways
Born On an Island in the Sun... :)

Top
DrKenny
Chef de pique-nique

Messages : 169
Enregistré : 21/05/2004
Posté le 19/06/2005 à 15:00 notnew
je pense que le gouvernement a compris le truc : les médecins sont bien braves et on peut tout leurs demander ... l'extrapolation à l'étudiant en médecine est rapidement faite.
mais selon moi, le médecin ( et l'étudiant ) restent libres. On n'a pas signé un contrat accordant à l'Etat le droit de nous imposer notre lieu d'exercice ... On reste libre de nos choix ! Le fait d'avoir une vocation, d'aimer son métier ne doit pas être un argument pour subir plus que ne le voudrait la norme
_____
Il ne faut pas croire que l'on est le meilleur mais savoir que l'on est le meilleur


Top
Poor Memoire
Externe (diplomé secrétariat médical)

Messages : 84
Enregistré : 30/04/2005

certification
Vie réelle
Jocelyn Castanon - 33 ans
Pays : France
Domaine : Médecine
Niveau : Médecin du travail
Fac : REIMS
Posté le 19/06/2005 à 18:06 notnew
Et la norme ce n'est pas de soigner TOUT LE MONDE?
Article 2 du code de déontologie : "le médecin au service de l'individu et de la santé public"...

Si personne ne prend la responsabilité de venir s'installer dans les régions où la population médicale est trop faible il est du devoir de l'état de l'imposer (donc d'utiliser des moyens contraignants). Car ce que l'on peut attendre de l'état c'est au moins qu'il garantisse la protection, la santé des individus lorsqu'ils ne sont pas assez responsables pour le faire eux mêmes.

Ensuite dans ces régions médicalement désertées il y aura toujours quelques médecins assez fous auprès des populations locales. Que devront-ils faire lorsqu'ils seront sollicités 24H/24? Eux aussi devront répondre à un article du code de déontologie : celui qui impose de porter assistance à toute personne qui en a besoin.

Alors si on est pas d'accord pour s'installer dans une région simplement parce que les gens en ont besoin, on peut le faire par solidarité pour son collègue (après tout on loue si souvent la solidarité entre personne du corps médicale !!!).


Il est certain que lorsqu’on vient de décrocher son diplôme de médecin (convoité depuis une décennie), il n’est pas facile d’accepter une installation forcée.
Mais lorsque les seules choses que l’on propose à côté pour combler le manque de médecins c’est de ne pas augmenter le NC, il ne faudra pas venir se plaindre que l’on a trop de travail le jour où on aura notre diplôme...
_____
Colère et intolérance sont les ennemis d'une bonne compréhension.
Top
Tama
Mme la Ministre de la Santé

Messages : 6130
Enregistré : 06/08/2002
Posté le 19/06/2005 à 19:00 notnew
les médecins sont bien sur tous célibataires... donc il peut etre installé de force dans la creuse ! parce qu'il n'a pas de concubine à marseille, non, bien sur smilies
_____
Interne power !!!!!!
Top
micabulle
Ministre de la Santé

Messages : 1629
Billets de blog : 1
Enregistré : 14/05/2002
Posté le 19/06/2005 à 19:18 notnew
Va falloir m'expliquer pourquoi un jeune médecin devrait être obligé d'aller à un endroit où l'Etat à lui même supprimé les écoles et les postes.

Va falloir m'expliquer pourquoi l'Etat ne fait rien pour retenir les entreprises qui font du chiffre et s'en vont dans les pays de l'Est ou en Chine.


Je veux bien que la solution d'obliger l'installation à tel endroit soit la plus efficace, mais n'est t-elle pas la plus facile et la plus simple?
Faudra obliger les boulangers, les plombiers, les infirmières, les opérateurs téléphoniques...et que sais-je encore, pour que certaines zones rurales se repeuplent.

Je n'ai pas de solutions, mais je pense que le minimum c'est que l'Etat montre l'exemple avant de stigmatiser une profession, c'est un peu facile...
_____
Vieil interne
Top
DrKenny
Chef de pique-nique

Messages : 169
Enregistré : 21/05/2004
Posté le 20/06/2005 à 09:47 notnew
Le problème de la désertification médicale n'est pas nouveau, comme le manque de médecins en général. Le gouvernement aurait du prévoir une politique d'encouragement à l'installation dans les zones rurales ou dans le nord ... et ceci depuis plus de 10 ans pour permettre d'amortir la chute de la population médicale. L'obligation d'installation ( qui n'est pas une réalité mais pourrait le devenir ) est une réponse "de dernier recours" mais très probable vu que le gouvernement va encore s'y prendre au dernier moment.
Je trouve cela un peu trop facile que d'imposer et de contraindre plutot que de réfléchir à une politique d'insitation qui couterait plus chère mais serait selon moi la meilleure ... mais bien entendu, on peut tout demander à un médecin et encore plus à un étudiant en médecine ! se taper 6 ans d'études, 2 concours de folie pour se voir imposer sa profession, son lieu d'exercice, se faire payer 1500 euros par mois pour des horaires de dingue ... si vous trouvez cela normal, c'est votre point dde vu , mais le coup de " on doit se sacrifier corps et ame pour le système de santé français ", désolé mais c'est d'un autre temps !
je ne dis pas que l'on n'a aucune obligation morale mais à trop donner, on nous en demande toujours plus. Il faut savoir mettre des limites à sa dévotion ! je eux comme tous aider les gens au mieux et y mettre toute mon énergie mais je compte faire passer en premier ma vie et non pas mon métier !
_____
Il ne faut pas croire que l'on est le meilleur mais savoir que l'on est le meilleur


Top
Aller en haut • 14 réponses
Suivez-nous facebook twitter linkedIn
Publicité
IPrépha : la prépa au concours d'internat en pharmacie
Librairie Médicale Iprépha fonctionne sur le mode de concours blancs mensuels qui vous sont proposés ici d'avril à novembre.
Découvrir la prépa
Publicité
L’interview du mois Jérémy Do Cao, président de l’Association des juniors en pédiatrie Toutes les interviews
livreslivrescontactspublicationstwitter