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L'avortement. Pour ou contre?

Aller en bas • 44 réponses • 3 pages • 1 2 3
drumgirl
Jeune Bizute

Messages : 3
Enregistré : 02/04/2006
Posté le 02/04/2006 à 21:38 notnew
Bonjour. Je suis une étudiante au secondaire et j'aurais besoin de votre aide pour mon projet d'éthique et culture religieuse.

J'ai besoin d'un "témoin" scientifique et/ou technique qui pourrait me consacrer quelques minutes pour me dire son opinion sur l'avortement.

Veuillez simplement remplir ce qui suit:

Nom:

Parcours d'étude ou professionnel:

Lien avec le sujet bioéthique(donc, vous savez de quoi vous parlez):

Avez-vous une expertise dans le domaine:



Puis simplement votre opinion sur l'avortement avec, bien sur, des arguments et/ou des valeurs qui viennent supporter votre opinion.

Bien sûr, pour certaines personnes, la question d'être pour ou contre ne se pose pas. Dans ce cas là, pouvez-vous me dire jusqu'à quel mois ou quel moment plutôt, l'avortement devrait être autorisé.

Ex: Les gens très religieux estiment que le foetus est un 'être' dès sa conception et que l'avortement serait alors un 'assassinat'.


Merci infiniment.


[Edité le 02/04/06 par drumgirl]

[Edité le 04/04/06 par drumgirl]

[Edité le 03/06/06 par drumgirl]
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Figaro
Ministre de la Santé

Messages : 973
Enregistré : 21/07/2004
Posté le 02/04/2006 à 23:32 notnew
Avez-vous une bonne réputation dans le domaine:

Genre?...
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drumgirl
Jeune Bizute

Messages : 3
Enregistré : 02/04/2006
Posté le 02/04/2006 à 23:43 notnew
je ne suis pas complètement sure. C'est un formulaire que notre professeur nous a donné.

Ignorez cette question, pas besoin d'y répondre.

[Edité le 02/04/06 par drumgirl]
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tonio
Chef de pique-nique

Messages : 162
Enregistré : 30/07/2001
Posté le 03/04/2006 à 17:50 notnew
je sais que ce n'est pas la réponse attendue mais être contre l'avortement est un combat d'arrière garde à mon avis !
Un peu du même style que "êtes vous pour ou contre le preservatif ?"
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eureka,tu as trouve?
Membre banni

Messages : 667
Enregistré : 26/07/2005
Posté le 03/04/2006 à 17:59 notnew
je sais que ce n'est pas la réponse attendue mais être contre l'avortement est un combat d'arrière garde à mon avis !
Un peu du même style que "êtes vous pour ou contre le preservatif ?"

lol

le combat contre l'avortement est un combat d'arriere garde... probablement en france mais ceci fut d'actualité pendant le referendum du 29 mai 2005 sur la constitution européenne.
_____
jocelyn un ami qui vous veux du bien


Je suis la voix qui crie à travers le désert
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yopyop
Doyen

Messages : 565
Enregistré : 09/08/2004
Posté le 03/04/2006 à 23:58 notnew
pour mon avis perso, le droit autorise l'avortement, donc si une femme veut se faire avorter, c'est son droit et il n'y a pas à etre pour ou contre.

Le médecin peut ne pas réaliser l'acte pour des raisons d'éthique personnelle, mais il devra alors orienter la patiente sur un confrère.

Donc il faut patient et praticien consentants pour réaliser un avortement.


Et personnellement si j'étais gynéco obstét, je ne realiserais pas un tel acte je pense, et j'orienterais sur un confrere

Voila smilies
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drumgirl
Jeune Bizute

Messages : 3
Enregistré : 02/04/2006
Posté le 04/04/2006 à 00:40 notnew
Je sais que ma question se pose plutôt mal.

Pour certaines personnes, la question d'être pour ou contre ne se pose pas. Dans ce cas là, pouvez-vous me dire jusqu'à quel mois ou quel moment plutôt, l'avortement devrait être autorisé.

Ex: Les gens très religieux estiment que le foetus est un 'être' dès sa conception et que l'avortement serait alors un 'assassinat'.

Dans les cliniques spécialisées au Québec, ceux-ci effectuent l'avortement jusqu'à un maximum de 20 semaines.

Plusieurs personnes ont des opinions différentes sur le moment qu'un foetus est officiellement un 'être humain' et c'est pourquoi j'aimerais avoir vos opinions.
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yopyop
Doyen

Messages : 565
Enregistré : 09/08/2004
Posté le 04/04/2006 à 00:55 notnew
Source www.inserme.fr/ethique


Les chiffres
170 000 IVG pratiquées par an en France alors que l'on enregistre 720 000 naissances, soit un rapport de ¼.


La loi
- Du 17 janvier 1975, confirmée par la loi du 31 décembre 1979 relative à l'IVG dès son premier article énonce á le respect de tout être humain dès le commencement de la vie ».
- Cependant l'article L-162-1 du C.S.P. indique que si une femme enceinte est en situation de détresse, alors elle peut demander à un médecin l'interruption de sa grossesse, cette interruption ne pouvant être pratiquée qu'avant la dixième semaine de grossesse. Un délai supplémentaire de 2 semaines a été voté par l'Assemblée Nationale en décembre 2000.
- Cette pratique est alors réglementée : consultations, délai de réflexion, information, consentement, lieu.


Les questions éthiques
- Ce n'est pas une loi morale mais une loi de Santé Publique, « sanitaire » et le combat contre ou pour n'a sans doute aucune raison d'exister.
- Problème de définition : situation de détresse.
- Signification du « droit à l'IVG ».
- Et finalement pourquoi y a-t-il toujours autant d'IVG alors que la contraception est fiable et largement diffusée ?
- Ce délai supplémentaire de 2 semaines risque d'entraîner des IVG abusives devant la découverte échographique de malformation et/ou de sexe non désiré.


PRATIQUE
Comment cela se passe t-il ?
- Tous les jours
- Les cas particuliers :
- le cas des mineures
- le terme dépassé :
- IMG psy (post inceste, viol, débilité)
- prémédité pour garder une grossesse malgré tout
- pour modifications de la vie affective
- les réductions embryonnaires, avortement sélectif échoguidé pour grossesses multiples.
Pourquoi ?
Ce n'est pas une loi morale c'est une loi sanitaire et la médicalisation de l'avortement était une nécessité sanitaire.
Activité médicale double en préservant des complications et en étant en charge de l'éducation sanitaire (contraception, planning, MST).

En fait
La législation de l'IVG depuis 20 ans suscite toujours des polémiques concernant aussi bien la dérive de la loi, l'appréciation de la détresse et le manque d'information sur la contraception et la déficience ou la réticence du corps médical.

POLEMIQUES
Problème des situations de détresses réelles et du choix de l'IVG comme une solution de relative facilité égoïste alors que la plupart des femmes qui se décident pour une IVG font appel à cela parce qu'il leur est impossible de trouver une autre solution.
Cependant :
- la façon actuelle d'appliquer la loi
- la médicalisation extrême de l'IVG
- et la mise au point de nouvelles techniques plus « soft »
ont permis de banaliser et de gommer son aspect d'ultime recours et l'IVG apparaît maintenant comme un droit fondamental parfaitement acquis.

Reprise d'un débat ancien sur la question de l'identité de l'être en gestation et du fondement des devoirs à son égard.

Statut ontologique de l'embryon

LES DEBUTS DE LA VIE
Début de la vie humaine (individuelle, l'être humain)
- Dès le stade du zygote à une cellule (œuf fécondé) : consensus biologique.
- La loi de 1975 l'institue comme un être humain dans son 1er article "La loi garantit le respect de tout être humain dès le commencement de la vie. il ne saurait être porté atteinte à ce principe qu'en cas de nécessité et selon les conditions définies par la présente loi".


Début de la personne humaine
Là commence la controverse !
- Les partisans de l'humanisation immédiate (ou animation des croyants), dès la fécondation pour le Magistère Catholique.

- Les partisans de l'humanisation différée
- 8ème jour de la nidation (correspond aux données maximales actuelles de la culture embryonnaire).
- au 14ème jour (période pré-embryonnaire des anglo-saxons) qui correspond
- à la fin de l'implantation,
- à la fin de la possibilité d'une division de l'œuf en 2 jumeaux identiques,
- à la mise en place du 3ème feuillet (le système nerveux).
- au 3ème mois (morphogenèse), à 24 SA viabilité extra-utérine.

- A la naissance (personne humaine pour la loi)
- La position intermédiaire du CCNE


LA PERSONNE
La personne c'est d'abord l'individu humain quel qu'il soit.

C'est l'homme en tant que tel et cela implique des droits au 1er rang duquel le respect, synonyme de dignité. Elle n'a pas de pris (Kant) (Puisque c'est la dignité qui rend respectable).
La personne n'est ni une chose, ni un objet, ni un moyen.

La personne humaine
- La personne humaine potentielle
- C'est un être appelé à devenir une personne, pouvant devenir une personne.
- Potentiel (ou en puissance) correspond selon Aristote à un être non encore réalisé.
- L'acte est le changement qui transforme la matière en être.
- Mis en avant le 22 mai 1984 par le CCNE "l'embryon ou le fœtus, doit être reconnu comme une personne humaine potentielle" reprécisé en 1988 comme une notion éthique et non pas une notion biologique ou juridique.
Problème du mot potentiel (2 aspects critiques) :
- Il fait croire que ce qui n'est pas encore là est déjà présent,
- On est une personne humaine ou on ne l'est pas !

La notion de personne humaine potentielle répond aux 3 principales fondamentaux :
- respect de la personne humaine,
- valorisation du libre examen,
- assurer la cohésion sociale.

APPROCHE « EXTERIEURE » ET INSTRUMENTALE
La médecine est invitée à médicaliser un acte qui relevait naguère de pratiques douteuses.

- Sur un fond d'évolution de la société, de la loi et de liberté individuelle.
- Mais on se heurte à la grande tradition de l'éthique médicale où le Médecin défend la vie et ne saurait donner la mort
- c'est à dire que la santé de la mère prime sur celle de l'enfant?
- et qu'une grossesse ne peut être interrompue que si elle ne peut pas être menée à terme sans risque pour la mère.
Il ne subsiste alors plus qu'un seul impératif : agir au mieux pour préserver la santé actuelle et les capacités procréatrices de la patiente.

APPROCHE « INTERIEURE »
Le drame se noue à partir de la grossesse, et non de l'embryon, puisque la femme refuse avant tout cette situation là.
Il convient alors éthiquement de ne pas négliger cet appel qui fait du refus de la grossesse un acte signifiant.
- C'est à dire accepter le jeu ambivalent du désir (oui à l'Enfant mais refus de cette grossesse là).
- Rapports troublés homme/femme, femme/enfant.
- Dans un environnement « sexuellement correct » où règnent technique, hygiène et gestion !

APPROCHE LIANT AVORTEMENT ET STATUT DE L'EMBRYON
Cette troisième approche est beaucoup plus « difficile » mais il est impossible d'avorter sans supprimer un embryon, d'où deux lectures incompatibles :
- entre les pro-choice qui le font à partir de la femme refusant sa grossesse,
- et les pro-life qui considèrent l'ensemble à partir de l'embryon.

Ces points de vue sont à priori aussi peu constructifs l'un que l'autre car on revient alors à :
- la question du continuum vital et du problème de l'instant décisif ce qui nous ramène à la question du statut ontologique de l'embryon et des cautions scientifiques éventuelles
- et à la tenue d'un discours idéologique axé sur deux directions, concernant l'embryon et qui fait encore reculer, à notre sens, la réflexion :
- l'embryon est un agresseur et prend en otage la femme la contraignant à renoncer unilatéralement à sa liberté, ses désirs, sa destinée (point de vue faux en raison, tant la faiblesse de l'embryon est évidente mais très proche des faits en réalité) mais respectant l'être et l'humanité de l'embryon.
- face au point de vue qui considère l'embryon comme faisant partie du corps de la femme (parasite ou organe) placé sous la coupe exclusive de la liberté absolue de la femme.

Deux remarques : l'embryon et alors réduit au statut de chose et l'on accepte la notion de disponibilité intégrale du corps de la personne par elle-même.

CONCLUSIONS (?)

Et si on redevenait raisonnable, réfléchi, si on s'entendait sur les définitions des mots, et si on se souvenait que la vision médicale éthique se doit d'être universelle ?
On pourrait alors « s'intéresser » à nos pratiques médicales et se demander si :

- Un médecin doit limiter son action aux problèmes de la pathologie ou répondre à une demande sociale.
- Un médecin peut faire prendre des risques à une femme sans bénéfice direct pour celle-ci.
- Un médecin a une responsabilité sociale et économique de contrôle des dépenses de soins.


Légalisée sous certaines conditions en France depuis 1975, l'interruption volontaire de grossesse (IVG) provoque toujours des débats passionnels et passionnés lorsqu'il s'agit d'elle. On l'a vu encore récemment avec la révision de la loi la concernant.

C'est ce même caractère passionnel qui impose au médecin, directement concerné par ce problème, d'être d'autant plus attentif au sens et aux termes de la loi, afin d'orienter au mieux les patientes concernées.
I - Bref rappel historique :

L'interruption de grossesse au cours de l'histoire de l'humanité a toujours été pratiquée, de manière clandestine ou officielle.
En France, elle était officiellement interdite depuis le 19° siècle, mais la loi était appliquée avec une certaine clémence entre les deux Guerres Mondiales. Une sévérité accrue est apparue à partir de 1941, date à laquelle l'interruption de grossesse est devenue passible de la peine de mort. Au fil des années, les sanctions théoriquement encourues par les auteurs de cette infraction n'étaient que de moins en moins appliquées. Ceci était l'un des arguments juridiques sur lesquels s'est appuyée Mme Simone Weil, alors Ministre de la Santé, en 1974, pour justifier d'une révision de cette situation.

La loi de 1975 :

Les points forts sur lesquels Mme Weil a bâti son argumentation sont :
1) réaffirmation de la protection de la vie sous toutes ses formes par la Société.

2) l'interruption volontaire de grossesse (IVG) est une décision grave, qui doit être laissée à la conscience du couple, et, en dernier ressort, de la femme, qui doit pouvoir décider de garder ou non la grossesse, hors de toute pression, y compris de la part de son conjoint.

3) cette décision doit être prise après réflexion, de manière libre et éclairée : c'est là la justification du délai et de la nécessité d'une consultation auprès d'un travailleur social, de façon à ce que la femme reçoive aussi un autre avis que médical.

4) l'acte d'interrompre une grossesse est un geste médical : ceci afin de préserver la santé de la femme. Toujours pour préserver la santé de la femme, l'acte doit être réalisé aussi précocement que possible, d'où la justification du délai.

Il doit être réalisé par un médecin, dans un service hospitalier.
Ces aspects, cette médicalisation étaient présentés par Mme Weil comme une garantie que la santé de la femme sera préservée au mieux.
Cela signifie aussi que l'IVG pratiquée par une infirmière, une sage-femme ou toute autre profession de santé reste illégale et sanctionnable.
5) L'IVG doit rester exceptionnelle : la femme qui y recourt doit recevoir une information complète et adaptée en matière de contraception.

6) L'IVG ne doit pas être source de profits : les honoraires seront donc réglementés.

Cette loi a été votée et publiée au JO le 17 janvier 1975.

Une évaluation à 5 ans était prévue. Le vote définitif a eu lieu le 31 décembre 1979.

En 1982 (31 décembre), l'IVG est remboursée par la Sécurité Sociale : elle devient donc un acte médical "comme les autres", du moins au plan administratif.

En 2000, une révision est projetée : elle est publiée le 4 juillet 2001.

C'est cette dernière version que nous aborderons ici (CSP 2212 et suivants)
2 Législation actuelle :
La distinction classique entre interruption volontaire de grossesse et interruption médicale de grossesse (IVG et IMG), commode dans le langage médical courant, ne correspond pas vraiment à la loi. Celle-ci parle en effet d'IVG (interruption volontaire de grossesse) et distingue l'IVG pratiquée avant la 12ème semaine de grossesse, et l'interruption de grossesse pour motif médical.

2.1 – Interruption de grossesse avant la fin de la 12ème semaine

§ Circonstances :
Le Code de la Santé Publique prévoit que la femme que son état place devant une situation de détresse, peut demander à un médecin d'interrompre sa grossesse.
Il est donc clair ici que c'est la femme qui évalue sa situation, avec son conjoint s'il est présent. La nature de cette détresse : psychologique, sociale, médicale, n'est pas spécifiée. A noter que le délai est 12 semaines de grossesse, soit 14 semaines d'aménorrhée.

§ Procédure :
- Patiente majeure :
Þ Première consultation médicale :
Au cours de cette consultation, le diagnostic et le terme de la grossesse doivent être confirmés, et les aspects habituels du suivi obstétrical envisagés.

Si la femme formule une demande d'interruption de grossesse, le médecin doit lui fournir une information complète sur les méthodes d'IVG, leurs risques, à court et à long terme. Il doit en outre remettre à la femme un dossier-guide édité par la DDASS, et à jour (édité chaque année).

Une consultation de conseil conjugal doit être proposée.
Þ Consultation de conseil conjugal ou familial
Ce doit être un entretien particulier avec une personne qualifiée, exerçant dans un établissement agréé.

Þ Une deuxième consultation médicale doit avoir lieu :
La loi prévoit que la deuxième consultation doit avoir lieu au minimum 8 jours après la première. Si le respect de ce délai amène le terme de la grossesse hors des 12 semaines, le médecin peut raccourcir de lui-même ce délai à moins de 8 jours. Mais il doit y avoir un délai d'au moins 2 jours pleins entre la consultation dite "sociale", et la deuxième consultation médicale.

Lors de cette deuxième consultation, la femme confirme sa demande par écrit.
L'IVG peut alors être pratiquée, soit par le médecin dans un centre hospitalier, soit par un autre, également dans un centre agréé.
Le médecin doit remettre à la patiente une attestation spécifiant que les conditions légales ont été respectées.
Si le médecin est celui de l'établissement, le Directeur de l'établissement est également destinataire d'une attestation.

Þ Après l'interruption de grossesse, une nouvelle consultation de conseil familial doit être proposée.
Une information sur la contraception doit être donnée à la femme.

- patiente mineure
- La procédure diffère sur les point suivants :

Þ Le conseil conjugal :
En ce qui concerne les mineures, n'est plus proposé, mais obligatoire, de même que la consultation à visée contraceptive après l'IVG.

Le consentement :
Le principe général est que le consentement du ou des titulaire(s) de l'autorité parentale soit recueilli.
Toutefois, il se peut que la jeune mineure ne souhaite pas que ses parents soient informés de sa situation et de sa démarche.
Le rôle du médecin est alors de tout mettre en œuvre pour la convaincre de l'intérêt qu'il y a pour elle à ce que ses parents ou représentants légaux soient informés.
En cas de persistance dans le refus, l'interruption doit être réalisée, et la jeune fille devra être accompagnée d'une personne majeure de son choix.

Le reste de la procédure est inchangé, l'accent est mis sur l'information sur la contraception après l'IVG.

2.2 Interruption pour motif médical :

La possibilité d'interrompre la grossesse pour "sauver la vie de la femme" existait avant la loi de 1975. La loi du 17 janvier 1975 avait encadré et structuré cette possibilité, la loi du 7 juillet 2001 cherche à simplifier la procédure pour la femme.

Dans le cadre de l'interruption de grossesse pour motif médical, l'interruption peut être pratiquée à "toute époque". Il n'y a donc pas de limite de terme pour l'interruption de grossesse pour motif médical, contrairement à ce qui peut se passer dans d'autres pays.

Le législateur a prévu deux types de situations :

Þ 2.2.1 "La poursuite de la grossesse met en péril grave la santé de la femme".
Ceci doit être attesté par deux médecins d'une équipe pluridisciplinaire, exerçant dans un établissement agréé (article L 2322-1 du Code de Santé Publique).

Cette équipe est, dans ce cas, constituée de trois personnes :

­ un médecin gynécologue-obstétricien
­ un médecin choisi par la femme
­ une personne "qualifiée, tenue au secret professionnel, qui peut être un assistant social ou un psychologue" (CSP L 2213-1).
La femme ou le couple peut (sic) être entendu par les membres de cette équipe.

Þ 2.2.2 Il existe une forte probabilité que l'enfant à naître soit atteint d'une affection d'une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic.
L'équipe pluridisciplinaire est alors celle du centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal, à laquelle peut s'associer un médecin choisi par la femme.
Là aussi, la femme peut rencontrer les membres de l'équipe.

Autres aspects pratiques :

- La notion de délai de réflexion n'apparaît pas formellement dans la loi lorsqu'elle concerne les interruptions de grossesse pour motif médical. Dans ce cas là, le délai est celui de l'évaluation de santé maternelle ou fœtale, et il apparaît que dans un certain nombre de cas, il peut s'agir d'une réelle urgence pour la vie de la mère.

- Les modalités de demande ne sont pas précisées et varient selon les centres. Un consentement écrit est tout à fait licite dans cette situation.

- Le conseil familial et la contraception ne sont pas expressément mentionnés.

- Le cas des mineures n'est pas abordé : l'usage amène à procéder comme pour l'IVG avant 12 semaines : recueillir le consentement de la jeune fille hors la présence de ses représentants légaux.

3. Lieu de réalisation des IVG

Les interruptions de grossesse, quel que soit leur motif, ne peuvent avoir lieu que dans des établissements publics ou privés agréés. Elles ne peuvent en aucun cas avoir lieu au cabinet du médecin.
Seuls les médecins, à l'exclusion de toute autre profession de santé, peuvent réaliser les IVG.

4. Clause de conscience :

Un médecin peut refuser de réaliser les IVG. Il doit en informer la patiente dès la première consultation et lui fournir les coordonnées de personnes à qui s'adresser.

Un établissement privé peut refuser de réaliser les IVG.

Un établissement privé participant au service public ne peut refuser la pratique des IVG que si celles-ci sont assurées par un autre établissement à proximité.

Conclusion :

L'IVG est un acte médical, qui engage la responsabilité du médecin et sollicite en lui une grande capacité de compréhension : ne pas juger est peut-être le plus difficile dans certains cas.
La loi qui révise l'IVG a été débattue dans un souci de prévention et son titre II traite de la contraception, de l'éducation à la santé et à la sexualité.
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Tama
Mme la Ministre de la Santé

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Posté le 04/04/2006 à 01:21 notnew
il n'y a pas être POUR ou CONTRE

pour moi c'est du cas par cas, moralement parlant

l'avortement est légal en france et il n'y a pas à revenir là dessus et les religions ou autres personnes bien pensantes n'ont pas à s'en mêler !

maintenant, moralement, une femme qui oublie régulièrement de prendre la pilule/capote... et banalise l'acte d'IVG, ça me dérange personnellement car on ne doit pas banalisé l'avortement, c'est un acte médical et des gens se sont battus pour que ça ne soit plus un crime

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goeland
Mme la Ministre de la Santé

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Posté le 04/04/2006 à 16:28 notnew

l'avortement est légal en france et il n'y a pas à revenir là dessus et les religions ou autres personnes bien pensantes n'ont pas à s'en mêler !


je te signale que jusqu'à il n'y a pas tres longtemps, l'avortement était legalement passible de prison. Si personne ne s'en était mêlé, ce serait encore le cas aujourd'hui.
Dans ces problemes liés à l'ethique il est normal qu'il y ait une reflexion regulierement et inevitable que les religions et personnes bien pensantes entrent en jeu.
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coin coin!!


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eureka,tu as trouve?
Membre banni

Messages : 667
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Posté le 04/04/2006 à 16:46 notnew
je te signale que jusqu'à il n'y a pas tres longtemps, l'avortement était legalement passible de prison. Si personne ne s'en était mêlé, ce serait encore le cas aujourd'hui.
Dans ces problemes liés à l'ethique il est normal qu'il y ait une reflexion regulierement et inevitable que les religions et personnes bien pensantes entrent en jeu.

Ne tournons pas le sujet à une bataille rangée entre anti et pro mais posons nous la question déja legislative.
L'avortement est permis en france?
Oui mais jusqu a quel point?

L'auto avortement est interdit en france.
L'avortement abortif est interdit en france.
Sans le sentement de la personne un avortement est interdit.

En gros l'avortement à tout va n'est pas permis, il y a des conditions précises permettant cet avortement

Se pose aussi pour un médecin un autre probleme.Apres tout ce qu'on sait de l embryologie humaine, ou situer la vie dans tout ca?

On a beau se dire que l'avortement est légal en france, la question se posera bien un jour ou seule les convictions ne suffiront pas au concret, au face a face.







[Edité le 04/04/06 par eureka,tu as trouve?]
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Pimpon
Désagrégé de médecine

Messages : 224
Enregistré : 03/11/2005
Posté le 05/04/2006 à 22:01 notnew
Pas loin d'ici, de l'autre coté des alpes, en Italie, la campagne pour les nouvelles élections présidentielles fait rage est au rang des sujet polémique, pour raffler quelques points dans les sondages il est question de se pencher sur la postion actuelle des lois vis à vis de l'avortement, de plus Berlusconi et son parti ont pris un avis bien arreté sur le sujet, mais là je rique de m'égarer dans la politique alors je stop... Tout ca pour dire qu'il est nécessaire de remettre a chaud ces questions quand bien meme ont croit avoir une position idéologiquement bonne. L'avortement n'est pas interdit en Italie (enfin pas toute les formes) et pourtant on entend dire ici et là par des représentant politique proche d'une idéologie chrétienne extrémiste, qu'il ne doit etre autorisé qu'une unique forme d'avortement physique qui nécessite une intervention, pas de pilule. Tout ca, soit disant, dans un but de permettre de réaliser a la femme qui le pratique les conséquence de son acte. Comme quoi meme en europe il reste encore des choses à faire.

[Edité le 05/04/06 par Toad2]
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N'approchez pas le magic mushroom (Serge Gainsbourg)

Qui ne saute pas n'est pas lyonnais !!!
Et vive les bretons...
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Aseto
Blonde, blonde, très blonde

Messages : 3283
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Posté le 06/04/2006 à 15:52 notnew
Pour ma part je pense aussi qu'on ne peut pas vraiment comparer la situation d'un avortement dans le cadre d'un viol, et la situation de la nana qui a oublié sa pilule, n'a pris aucune protection, a zappé la pilule du lendemain, et se dit que de toute façon c'est pas grave, au pire elle pourra avorter. (... d'un autre côté celle là en aura je pense pour ses frais car un avortement doit qd mm ê un acte lourd de conséquences psychologiques...)


Mais dans tous les cas, il est indéniable que c'est incontestablement mieux d'avoir un avortement légal, qui peut donc se faire dans les meilleures conditions possibles pour la patiente, plutôt que d'assister aux pratiques barbares qui se pratiquaient il n'y a pas encore si longtemps (coups volontaires, aiguilles à tricoter ou autres trucs du genre, sur la table de la cuisine,... qui se terminaient souvent en drame !)

Donc de ce côté là aucun doute possible... de toute façon si une femme veut vraiment se faire avorter, elle le fera, et donc il vaut vraiment mieux le faire dans des conditions décentes !!
_____
Maktoub
Réponse D : c'était écrit...
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coucourde
Doyen

Messages : 511
Enregistré : 06/07/2003
Posté le 07/04/2006 à 02:34 notnew
pour mon avis perso, le droit autorise l'avortement, donc si une femme veut se faire avorter, c'est son droit et il n'y a pas à etre pour ou contre.

Le médecin peut ne pas réaliser l'acte pour des raisons d'éthique personnelle, mais il devra alors orienter la patiente sur un confrère.

Donc il faut patient et praticien consentants pour réaliser un avortement.


Et personnellement si j'étais gynéco obstét, je ne realiserais pas un tel acte je pense, et j'orienterais sur un confrere

Voila smilies


Ta réponse me laisse perplexe...
1°)Tu dis que c'est un droit en France, reconnu par la loi DONC qu'il n'y a pas à être pour ou contre! (sans commentaire)
2°)Puis dans une argumentation qui brave toute logique tu t'empresses de mentionner la clause de conscience; c'est-à-dire un droit pour le praticien de ne pas agir à l'encontre de ce que lui dicte sa conscience morale! Cela sous-entend, et c'est heureux, que notre bon droit français laisse à ses citoyens la liberté d'opinion: la liberté d'être POUR ou CONTRE et d'agir en fonction, tout en respectant la liberté d'opinion et d'action de la femme qui demande l'IVG (d'où la nécessité légale qu'à le praticien de rediriger la patiente vers un confrère).
3°) Et de terminer en nous suggérant ton opinion personnelle: Je ne le ferai pas.
Ah bon! Pourquoi? Tu auras du mal à me faire sincèrement croire que cette prise de position n'implique pas une prise de position POUR ou CONTRE l'avortement (genre: non, non, c'est juste que je ne supporte pas la vue d'un vagin...).

Toujours dans le registre "défaut cruel de toute logique": affirmer "il n'y a pas à être POUR ou CONTRE" puis "moralement, c'est du cas-par-cas".
Tu sous-entends par là que, dans certaines situations tu es pour que la femme puisse avorter (et dans d'autres non) = tu n'es pas contre le principe même du droit à l'avortement; et si l'on veut bien ne pas faire de langue de bois, tu es POUR l'idée même que l'on puisse interrompre une grossesse.


Je crois que tu ne mesures pas entièrement la portée de ton argument YOPYOP: le droit reconnaît à une femme la possibilité d'avorter donc le citoyen n'a pas à se poser la question!
Personnellement, ça me fait froid dans le dos... et j'espère que je ne suis pas le seul.
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sabinou6
Jolie Chef de pique-nique

Messages : 184
Enregistré : 15/07/2004
Posté le 07/04/2006 à 14:20 notnew
Juste une précision: la loi n'autorise pas l'avortement, elle se contente de le dépénaliser et d'organiser le cadre de sa réalisation.
Il n'y a donc pas de légalisation de l'avortement, mais simplament une absence de poursuite judiciaire, et des conditions sanitaires correctes.
D'un point de vue législatif ce n'est pas un droit.
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Kubrick
Doyen

Messages : 624
Enregistré : 04/08/2002
Posté le 08/04/2006 à 10:46 notnew
Oui, c'est une loi à l'envers en quelques sortes. smilies
_____
"Avant j'étais Schizophrène, mais à présent nous allons beaucoup mieux." Inconnu
"Les hommes ne pensent qu'à cà. Le romantisme, c'est savoir laisser planer le doute sur le sujet." Moi
"La modération est une très bonne chose: au lieu d'avoir des comptes à rendre à des millions d'imbéciles, elle permet de n'en rendre qu'à quelques uns." Inconnu
"La démocratie est une chose tellement précieuse qu'on se battrait pour en être le seul bénéficiaire." Moi z'aussi, vu l'actualité...
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Zuzette
Jeune Bizute

Messages : 1
Enregistré : 11/04/2006
Posté le 11/04/2006 à 17:51 notnew
drumgirl

je sais pas si c'est encore utile mais j'aimerais repondre a ton courier..

J'suis une fille et j'ai 19ans...
Je suis contre l'avortement sauf pour les cas d'handicap, pour moi des que l'ovule est fecondé c'est un enfant...
Et pourtant pour des raisons economique j'ai du avorter(a 12semaines) il y a peu de temps, j'en souffre enormement aujourd'hui, parce que je reste convaincu que l'avortement est un acte affreux, mais d'un coté je dit merde ,aux hommes surtout, qui se permette de dire non a l'avortement. Il ne porte pas d'enfant en eux, et en aucun cas, ressente la douleur et la peine que ca fait de "tuer"son enfant. Mais il y a celle qui ont eu des raisons valable et d'autres qui n'en on rien a faire. C'est a ces filles la qu'il faudrait interdire l'avortement. Preferer avorter que de prendre la pillule parce que c'est rembourser, c'est honteux.
Voila,
Je sais pas si j'ai pu t'aider...
Bon courage
Bye
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eureka,tu as trouve?
Membre banni

Messages : 667
Enregistré : 26/07/2005
Posté le 12/04/2006 à 13:20 notnew
Mais il y a celle qui ont eu des raisons valable et d'autres qui n'en on rien a faire. C'est a ces filles la qu'il faudrait interdire l'avortement. Preferer avorter que de prendre la pillule parce que c'est rembourser, c'est honteux.
Voila,
Je sais pas si j'ai pu t'aider...
Bon courage
Bye

Mais en fait en lisant la loi c est normalement comme cela que cela se passe, il faut des raisons valables pour avorter.

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jocelyn un ami qui vous veux du bien


Je suis la voix qui crie à travers le désert
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KaraBin
Ministre de la Santé

Messages : 1272
Enregistré : 09/09/2003
Posté le 12/04/2006 à 15:35 notnew
ouais... être enceinte de moins de 12 semaines...smiliessmilies;)

Chaque femme c'est une histoire personnelle et je trouve ça trop facile (pour rester poli...) de dire qu'elle n'avait qu'à prendre la pilule et que seules les victimes de viols "méritent" l'avortement.
_____
"ici c'est comme dans une course à la fois sprint et marathon"


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eureka,tu as trouve?
Membre banni

Messages : 667
Enregistré : 26/07/2005
Posté le 12/04/2006 à 15:38 notnew
ouais... être enceinte de moins de 12 semaines...smiliessmilies;)

Chaque femme c'est une histoire personnelle et je trouve ça trop facile (pour rester poli...) de dire qu'elle n'avait qu'à prendre la pilule et que seules les victimes de viols "méritent" l'avortement.

Je suis d accord mais tout en restant dans le cadre de la loi

[Edité le 12/04/06 par eureka,tu as trouve?]
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jocelyn un ami qui vous veux du bien


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Dr. Carter
Chef des sévices

Messages : 360
Enregistré : 11/11/2005
Posté le 12/04/2006 à 15:45 notnew
J'espere simplement que tu ne penses pas ça de tous les hommes Zuzette..
Parce que pour faire un enfant, je ne vais pas te l'apprendre mais il faut être deux, et je pense pas qu'un enfant soit plus l'enfant de la mère que du père, même le fait de porter l'enfant neuf mois instaure une relation d'une autre dimension pour la femme vis-à-vis de celui-ci..
Juste pour te dire qu'un homme souffre tout autant de la perte de son enfant que la femme, mais differemment, et puis, chacun le vit d'une manière qui lui est propre..
Sinon je suis entièrement d'accord avec toi sur le reste de ton message, même si dèsfois les situations ne sont aussi facile que l'on le croît..
Bon courage
_____
"La sagesse commence dans l'émerveillement." Socrate
"Je passerai ma vie et j'exercerai mon art dans l'innocence et la pureté." Hippocrate
"Tout ce qui est simple est faux, tout ce qui ne l'est pas est inutilisable." Paul Valéry
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