Sommaire Contacts Documents Sites Forums
S'identifier | Besoin d'aide ? | 29 connectés sur le site | 11ème année

Forums médicaux
Questions générales

www.remede.org
 

Pour une dépénalisation des drogues dures ?

Aller en bas • 22 réponses • 2 pages • 1 2
Aghakhanx
Jeune Carabin

Messages : 15
Enregistré : 28/12/2000
Posté le 04/07/2001 à 17:54
L'alcool, le tabac, le qât (Yémen) et l'opium (fumeries chinoises) sont autant de drogues que des sociétés ont tolérées voire soutenues.

Une drogue est "une substance pouvant produire un état de dépendance physique et/ou psychique et engendrer une toxicomanie, quel qu'en soit le type (stimulant, analgésique, etc.)" (définition du "Larousse Médical").

A ce titre, Alcool et tabac sont des drogues. Cependant, la puissance de l'industrie du tabac et des lobbies viticoles est telle que si l'on se souvient des symboles auxquels correspond le vin pour la culture gréco-romaine et chrétienne, il est aisé de comprendre pourquoi ces deux fléaux sont légaux dans la majorité des pays.(Dans les sociétés industrielles, l'alcoolisme représente la troisième cause de mortalité et le tabagisme est responsable de deux millions de morts par an).

Il est dès-lors légitime de se demander pourquoi les autres drogues ne sont pas légalisées ?

La morale y joue sûrement un rôle, cependant il s'agit là d'une entité subjective et variant en fonction des classes sociales, des époques, des pays, des cultures et des religions. Il est donc difficile de s'accorder sur une morale qui prévaudrait et ferait loi en la matière. Ce qui est d'ailleurs à l'opposé de notre propos.

Le deuxième facteur nous importe plus en tant que futurs médecins, il s'agit des dégâts provoqués par les stupéfiants sur la santé. Ceux-ci existent pour la plupart de ces substances et sont majorés par la mauvaise qualité des produits. N'est-il donc pas logique de penser à concevoir des structures sanitaires qui fourniraient aux toxicomanes une meilleure drogue.

Les troubles de l'ordre public, vols, crimes et autres méfaits généralement imputables aux "Junkies", pourraient aussi être amoindris par cette légalisation de la drogue. Imaginons une drogue délivrée par un centre spécialisé, pour un prix moindre, avec un suivi médical et une prise en charge psychologique. La criminalité diminuerait et les dealers n'auraient plus leur raison d'être. L'exemple de la prohibition de l'alcool aux USA et de sa résolution le confirme partiellement.

Enfin, un argument sérieux à opposer à cette légalisation des drogues dures, c'est la plus grande facilité qu'auraient les gens à se procurer des stupéfiants. Si cet argument n'est pas sans faille concernant un adulte ( qui éduqué et informé, devrait être libre de prendre le choix qu'il désire, y compris celui de se détruire), il en va autrement pour les enfants et les mineurs en général.

Ainsi, le pour et le contre devront être soupesés de manière objective, scientifique et non passionnelle afin de parvenir au meilleur résultat pour nos sociétés, même s'il faut pour cela vaincre leurs forces d'inertie.


Karim Abdellatif (4 juillet 2001)

[Edité le 07/07/01 par Aghakhanx]
Top
As.deTrefle
Nain-terne

Messages : 90
Enregistré : 04/07/2001
Posté le 04/07/2001 à 20:47
Les drogues entraînent une DEPENDANCE (Cf. les critères du DSM IV)

Concernant le milieu médical, accepterais-tu d'être opéré par un chirurgien "camé" ? ou de confier tes enfants à des médecins dont la "clarté" d'esprit est "douteuse" ?

Accepterais-tu de prendre le volant de ta voiture lorsque tu sais que beaucoup de conducteurs sont sous "l'emprise" des drogues ? En France il y a environ 8000 tués sur la route par an.

Arrêtons le massacre !

Et je ne parle pas des autres professions dites "postes de sécurité" telles que les pilotes d'avion, les contrôleurs du ciel etc...
Top
carter
Nain-terne

Messages : 93
Enregistré : 21/12/2000
Posté le 05/07/2001 à 09:53
tes arguments sont valables mais :
-s'il y a déjà 2 drogues légales sur le marché pourquoi en rajouter
-2ement , meme si tu crées des centres , faut pas rever , y a peu de gens qui les utiliseraient , je te rappelle que les drogués ne sont pas tous des adultes responsables et que les ados qui se défoncent ou ceux qui voudront essayer , n'iront pas dans un centre qui a pignon sur rue !
en venir à conclure que légaliser les drogues dures est une bonne chose, est , pour moi ,la preuve que Kant avait raison quand il parlait des antinomies de la raison pure : réfléchir "trop" et sans véritablement se raccrocher au réel aboutit parfois à des conneries plus grosses que soi
pq pas ne pas organiser des centres pour criminels psychopathes : on y ramene les gens qui veulent etre euthanasier et on laisee libre cours à l'imagination de nos tueurs , pov ptits gars qui doivent agir dans l'illégalité !!
pour les drogues , à mon avis il faudrait plutot continuer les recherches(cf science et vie , l'article "le vaccin contre la drogue )et devenir plus répressif avec les "gros" du milieu et créér des centres de désintox et surtout de suivie psychologique , pour aider ceux qui manifestent l'envie de s'en sortir à se réinsérer !
voila
Top
vincent83
Nain-terne

Messages : 112
Enregistré : 03/07/2001
Posté le 05/07/2001 à 18:32
Désolé Madame mais votre neurochirurgien est complètement camé. Il ne pourra pas vous opérer avt demain matin...

Top
Doug
Forumus Ancestrus

Messages : 503
Enregistré : 10/01/2001
Posté le 05/07/2001 à 21:06
j'ai envie de dire a l'ami Karim: si ton experience de la drogue se limite au chichon entre potes, vas passer ne serait-ce qu'une journee en consult de toxico dans un bon service de psy. Apres on rediscutera de la necessite philosophico-demago-politico-ce que tu veux de depenaliser ou non. Le probleme n'est pas tant la que la prise en charge psychiatrique de ces malades.

Car les conduites adictives, quelle qu'elles soient (drogues, alcool - oui c'est une drogue aussi, je sais - tabac, sexe, depenses d'argent inconsiderees,etc) sont bien des maladies. Alors on peut discuter des heures sur la valeurs des mesures legales, politiques, administratives, mais notre boulot a nous medecins est d'aider les gens qui consomment ces drogues.

Et crois moi, avant de passer du temps sur la discussion de la depenalisation, les medecins ont un sacre boulot de lobbying pour que deja on ait les moyens medico-sociaux de prendre en charge ces patients.

Ca n'empeche pas de discuter, me diras-tu. Certes, certes


[Edité le 05/07/01 par Doug]
Top
Aghakhanx
Jeune Carabin

Messages : 15
Enregistré : 28/12/2000
Posté le 06/07/2001 à 23:47
Karim,

L'idéal pour nous médecins serait de supprimer tous ces produits, ce qui n'est pas réaliste. Légales ou non, ces substances provoquent et continueront de provoquer des dégâts immenses que ce soit sur le plan personnel ou au niveau de la santé publique.

Effectivement, la toxicomanie est et restera une maladie et doit être traitée en tant que telle. Poser le probleme de la dépénalisation ne revient pas à encourager les gens à se droguer.

Les gens se droguent, c'est un fait.
On doit les soigner, c'est un autre fait.
La drogue est illégale et il existe pourtant des toxicomanes, c'est encore un fait.

Question: Est-ce qu'en légalisant l'héroïne par exemple, on ne pourrait pas mieux gérer les soins accordés à ces malades?

Cette légalisation ne serait envisageable que précédée d'une étude sérieuse démontrant le bien fondé ou l'absurdité (fort possible) d'une telle proposition.
Si son utilité était avérée, elle devrait être appliquée dans un futur éloigné et s'incorporer dans l'évolution naturelle de certaines sociétés. Il ne s'agit pas parceque la solution serait la bonne de brusquer des populations et leur cultures.

AUTRE QUESTION :

Pourquoi ne pas interdire légalement le tabac et l'alcool ?


[Edité le 07/07/01 par Aghakhanx]
Top
Doug
Forumus Ancestrus

Messages : 503
Enregistré : 10/01/2001
Posté le 06/07/2001 à 23:52
je crois que vous confondez la prise en charge individuelle du toxicomane, et le poids des toxicomanies pour la societe.

Dans le premier cas, c'est le probleme du toubib. Dans le deuxieme, ca l'est moins, meme si on a le droit de se sentir concerne.

Alors oui, c'est interessant de soulever le probleme de savoir si il peut etre interessant de legaliser l'heroine et/ou d'interdire le tabac ou l'alcool. Sur le plan de la societe...

Mais en ce qui concerne notre quotidien de praticien, j'avoue que je ne suis pas certain que cela ait un sens. Ou plus precisement, que cela change grand chose.

Donc si je puis me permettre, pour la suite de cette interessante discussion: parlons-nous de l'individu toxicomane, ou parlons de la societe soumise aux toxicomanies?

Parce que si on ne se decide pas, ca va etre une discussion bordelique. Enfin bon, hein, moi, je dis ca ...
Top
Aghakhanx
Jeune Carabin

Messages : 15
Enregistré : 28/12/2000
Posté le 07/07/2001 à 00:09
Karim,

Sur le plan personel, que la drogue soit légale ou non, un toxicomane ou un alcoolique méritent tous les soins que l'on peut leur prodiguer. Cela parait évident.

Le probleme est social. Est-ce que de telles mesures ne permettraient pas de diminuer le nombre de toxicomanes ou d'améliorer leur prise en charge. La santé publique doit aussi faire partie des intérêts des médecins.

[Edité le 07/07/01 par Aghakhanx]
Top
Doug
Forumus Ancestrus

Messages : 503
Enregistré : 10/01/2001
Posté le 07/07/2001 à 01:02
Il n'appartient pas aux medecins, encore une fois, de dire si la depenalisation des drogues apportera ou non un benefice pour les petites grand-meres qui ne se feront plus braquer a la sortie de la banque le jour ou la coke ou le schnouf seront distribue gratos a la sortie des lycees. Ca, ca n'est pas de la sante publique, c'est de la politique de societe, a decider par les elus en fonction de ce que pensent les citoyens!


En revanche, que les medecins se battent pour la mise en place de centres de soins, de la disponibilite de substituts type methadone, de seringues en distribution gratuite, ca, oui, c'est notre boulot et c'est de la sante publique.

Encore une fois, on peut etre tenter de lier le probleme de societe au probleme de sante publique. C'est un tout je te l'accorde. Mais dans LES FAITS, je crois sincerement qu'il est potentiellement deletere que les medecins, tout aureoles de leur savoir, depassent le cadre de leur active et se laissent aller a donner un avis sur le strict plan de l'impact sur la societe.

C'est un petit peu comme lorsque lorsque un joueur de foot celebre, sous pretexte qu'on lui tend le micro, se permet telle ou telle opinion politique. Ca le discredite sur le plan du sport, et ca ne fait pas tant avancer le schmilblick que ca.

Bref, a chacun son metier. Ne confondons pas nos imperatifs et notre deontologie professionnelle avec nos opinions politiques, religieuses, philosophiques, etc... C'est a mon humble avis deletere pour notre profession, et pour les sujets defendus, que de sortir du cadre strict de notre opinion professionnelle.

Sur le plan strictement pratique, j'avoue ne pas bien voir comment la depenalisation - c'est a dire l'absnece de comdanation en cas d'arrestation en possession de stupefiant - changerait quoique ce soit en terme de nombre total de toxico, ou ameliorerait leur prise en charge?! Explique moi ca. Car on peut te retorquer alors que la depenalisation pourrait augmenter le nombre de toxico, et donc rendre plus difficile notre prise en chargefaute de moyen.

C'est un peu bordelique, ou raccourci, ton raisonnement. D'ailleurs, qui est Karim, qui est Agha truc? On a l'impression de deux meme personnes, la?!

enfin bon, ca ne change rien au debat, alors continuons, continuons

[Edité le 07/07/01 par Doug]
Top
Aghakhanx
Jeune Carabin

Messages : 15
Enregistré : 28/12/2000
Posté le 07/07/2001 à 01:31
Mon raisonnement est certes théorique.

Primo, je ne pense pas avoir dit que le nombre de toxicomanes baisserait ( dans le cas contraire, je me serais trompé)

Secundo, une légalisation de l'héroïne entraînerait forcément une baisse du prix. Les drogués pourraient se la procurer plus facilement (contre-argument) mais commettraient sans doute moins d'actes délictueux pour se la procurer et seraient moins marginalisés. (ce qui, je l'admets, n'est pas certain)
La diminution de la marginalisation pourrait entrainer une plus grande disponibilité pour entrer en contact avec les structures sanitaires.

L'héroïne dépénalisée, subirait normalement une certaine réglementation. D'une part elle devrait surement répondre à un certain nombre de critères de qualité ( pourquoi pas une N.F.) et on pourrait imaginer qu'elle soit délivrée dans des structures spéciales. Même si celles n'appartenaient pas au secteur de la santé, elle pourraient comprter un certain nombre de médecins qui auraient en charge de soigner les toxicomanes (SIDA, Insuffisance tricuspidienne, phlébites etc...) et de les pousser insidieusement à se désintoxiquer.

Avec des si, on mettrait Paris en bouteille, je sais...

ps:
Mon prénom c'est Karim
Aghakhanx fait référence à Karim l'Agha Khan


[Edité le 07/07/01 par Aghakhanx]
Top
Doug
Forumus Ancestrus

Messages : 503
Enregistré : 10/01/2001
Posté le 07/07/2001 à 02:08
le probleme n'est pas tant de mettre Paris en bouteille

quel est le but? Diminuer la deliquance (petite et gros bonnet) liee a la toxicomanie = interet pour la societe? Ou bien aider les toxicomanes a s'en sortir?

Il ne faut quand meme pas oublier que l'heroine - puisque tu parles d'elle - est une saloperie, label de qualite ou pas!! Vas regarder dans tes bouquins les consequences organiques d'une prise d'heroine, et apres tu me diras si tu veux vraiment la rendre disponible!

Rendre une drogue disponible sur le plan medical n'a de sens que si le but final est un SEVRAGE. Le sevrage est possible pour pas mal de drogues, par exemple avec la methadone + PRISE EN CHARGE PSY !!! Legaliser ne changera rien! Deja faudrait il legaliser les substituts, ce qui est deja un sacre probleme!

Alors si tu veux legaliser, sur le plan strictement medical, je ne crois pas qu'il y ait reellement un besoin. L'heroine n'est pas un medicament! C'est une saloperie pour laquelle on a des substituts et une prise en charge pour permettre un sevrage.

Si tu veux "soigner la societe", moi je ne sais pas, je n'ai pas les competences des juges ou des flics qui se coltinent ce probleme la au quotidien.

Bref, sur le plan medical, je ne suis pas du tout convaincu que legaliser soit le veritable probleme. Sur le plan de la societe, je pense en tant que citoyen que le probleme n'est pas tant celui de la toxicomanie que du firc genere par le business, et qu'il y a donc tres certainement d'autres moyens de regler le probleme des narcotraficants autrement qu'en ouvrant les vannes... tu vvoudrais traiter le mal par le mal, en quelques sortes ?!

[Edité le 07/07/01 par Doug]
Top
As.deTrefle
Nain-terne

Messages : 90
Enregistré : 04/07/2001
Posté le 07/07/2001 à 10:00
Il ne faut pas mélanger les genres.

En tant que médecin, on ne peut pas militer pour une dépénalisation des drogues (dures), c'est un NON SENS.
La drogue c'est de la m....,un poison reste un poison. En changeant de fournisseur pour "casser" les prix,ca ne les changeraient pas pour autant en "médicament"

Toutes les drogues ,légales et illégales, entraînent un dépendance.

Question:Alors pourquoi le tabac et l'alcool sont légaux et pas les autres aussi ?

Réponse:C'est un choix de société et donc une décision politique MAIS en aucune façon ce choix ne doit être motivé et cautionné par un avis médical.

Primum non nocere !

Q:Est-ce que le risque est socialement acceptable ?

R:OUI (malheureusement) pour le tabac et l'alcool et pas encore pour l'héroine...

LA PALISSE, médecin homéopathe ? aurait peut-être dit que tout est une question de doses.
Pour le pinard, il semble qu'à petite dose (pas plus de 30g d'alcool par jour pour les hommes d'après l'OMS), le (bon) vin rouge conserve ce qui expliquerait le paradoxe français

L'héroine, même à petite dose (homéopathique) reste un poison (Cf. les bons bouquins de toxicologie).

Le budget annuel alloué à la prise en charge des (poly)toxicomanes (drogues dures) est 4 à 5 X plus important que celui réservé pour les malades alcoolotabacodépendants alors que ces derniers sont au moins 10 à 20 X plus nombreux. Ceci est une question de choix de société, validée (avec souvent quelques années de retard) par une décision politique.

La vie moderne entraîne beaucoup de pollutions et donc tue la planète à petit feu, pourquoi ne pas interdire les voitures,les avions etc...et revenir à une vie écologique pure et dure, où on s'éclairerait à la lueur des bougies comme au temps de l'ère préindustrielle...
Adieu alors les téléphones portables (dont l'innocuité de ses ondes est remis en cause par de nombreux rapports), le réfrigérateur etc ... et j'en passe.
Bon, là j'exagère mais si on voulait aller jusqu'au bout de ton raisonnement... pas de société de consommation, pas de pauvres ni de laissés pour compte et donc pas de vols et ni de délinquances (?)... je n'en suis pas aussi sûr...

PREVENIR c'est GUERIR.

Pour ma part, je militerai plutôt pour sensibiliser les jeunes aux problèmes liés à l'usage des drogues (dures ou non), c'est donc un travail en amont.
Pour le travail en aval,lorsque le mal est (déjà) fait, il faut bien sûr améliorer l'accès aux soins pour ces malades souvent marginalisés mais il n'y a jamais d'obligation de soins sauf quand il n'y a plus de libre-arbitre. Les gens ne se soignent et/ou se soigneraient que s'ils le veulent bien ! et les problèmes à résoudre dépassent souvent le strict plan médical pour devenir surtout social.

Concernant les problèles du trafic et des narcotraficants, à qui profite(nt) le CRIME ?

Vouloir distribuer (gratuitement) les drogues (dures) ne résoudra pas les problèmes ou de faire disparaître les maux, c'est un problème global nécessitant une solution planétaire à l'heure de la mondialisation.

Souviens toi du devenir des amérindiens au temps du far-west où la "distribution" de l'alcool a été faite en grande abondance...

En conclusion, pas de label de qualité pour de la m...., et les drogues en sont une !
Top
Sophie
V.I.R (Very Important Remédienne)

Messages : 224
Enregistré : 21/12/2000
Posté le 07/07/2001 à 17:02
Pour ce qui est de la marginalisation des toxicomanes, je ne pense pas qu'elle soit due aux actes criminels commis pour se procurer l'argent nécéssaire. C'est la toxicomanie en elle même qui est démarginalisante. Le toxicomane ne vit plus que pour le prochain shoot, sa drogue est son seul centre d'intéret; à partir de là comment veut tu garder une socialisation normale?
La dépénalisation dans ce cas ne changerai rien à rien.

Pour ce qui est du tabac et de l'alcool, les interdire relève de l'utopie dans notre société actuelle, et je ne crois pas que ce soit la solution pour s'en "débarasser".
Si l'état se donnait vraiment les moyens, s'il faisait des campagnes de prévention dignes de ce nom, si la loi Evin était respectée, s'il interdisait la vente d'alcool aux mineurs ces deux toxicomanies seraient certainement moins développées.
Les Etats Unis ont parfois des méthodes un peu lourdes en ce qui concerne la répression, mais je les trouve sur ce point bien plus modernes que les français.

Sophie
———
Sophie l'effaceuse
Top
Doug
Forumus Ancestrus

Messages : 503
Enregistré : 10/01/2001
Posté le 07/07/2001 à 22:13
OK avec vous les z'amis. Quant a la politique des US, c'est un peu difficile a dire: les mecs ont une tolerance a l'alcool nettement moindre que chez les francais, ou la consomation moderee et responsable d'alcool n'est pas un tabou religieux comme aux US (Madame Clinton est une baptiste, chez lesquels on ne danse pas et on ne boit pas...).

globalement, je crois que les francais sont moins betes avec l'alcool que ne le sont les jeunes teenagers americains. Mais je n'ai aucun chiffre pour etayer ce point de vue, alors...

Comparer alcool & tabac, avec les drogues plus dures, est un non sens, tant en terme de consequences cliniques que de consequences sociales. La encore, tout est une question de degre de consomation et de dependance. Comme cela a ete dit plus haut, la consomation moderee d'alcool n'a pas les effets deleteres d'autres drogues! Le tabac est un autre probleme, car meme si il n'a pas de vertues de base a proprement parler, les consequences sur la sante individuelle sont quant meme, a court terme en tout cas, bien moindre que celles d'autres toxiques!

Alors arretons, je crois, cet amalgame demagogique de chercher a comprendre pourquoi drogues dures & drogues douces ne sont pas traitees pareillement!

Top
Aghakhanx
Jeune Carabin

Messages : 15
Enregistré : 28/12/2000
Posté le 08/07/2001 à 12:35
OMS (Août 1996)

Nombre de consommateurs de substances psycho- affectives = 15 millions

TOXICOMANIE PAR VOIE INTRA-VEINEUSE :
Environ 5 millions de toxicomanes
100 000 à 200 000 décès / an / dans le monde
+ augmentation du risque d’infection par le HIV, le virus de l’hépatite B et C…

CONSOMMATON D’ALCOOL, AlCOOLISME :
Alcoolisme = 750 000 décès par an
Maladies et traumatismes liés à l’alcool = 3-4 % de la charge annuelle de morbidité
+ hospitalisation importante
+ augmentation de décès par accident de la circulation, accident du travail, noyade accidentelle, homicide et suicide

TABACOMANIE :
Environ 1,1 milliard de fumeurs
3 millions de décès / an au début des années 1990 (en hausse constante)
Chiffre prévisionnel pour 2030 = 10 millions de décès annuels
Coût mondial = 200 millions de dollars US
70% des décès dus au tabac surviennent dans les pays en voie de développement
En 1995, dans les pays développés,
625 000 morts dues au maladies cardio-vasculaires imputables au tabac
514 000 morts dues au cancers broncho-pulmonaire liés au tabac

EN CONCLUSION :
Aucune de ces toxicomanies n’est un problème mineur.
Mais, soyons sérieux ; Il n’y a aucune commune mesure entre les dégâts causés par le tabac (et l’alcool) et les drogues dures.

Sources :

Les toxicomanies et leurs effets sur la santé. (OMS août 1996)
http://www.who.int/inf-fs/fr/am127.html

L'épidémie de tabagisme : une crise d’une ampleur effrayante. (OMS 1998)
http://www.who.int/archives/ntday/ntday98/ad98f_3.htm

[Edité le 08/07/01 par Aghakhanx]
Top
Aghakhanx
Jeune Carabin

Messages : 15
Enregistré : 28/12/2000
Posté le 08/07/2001 à 14:31
Liens traitant de la toxicomanie:

Loi & Toxicomanie (Dr François Paysant - CHU de Rennes)
http://www.med.univ-rennes1.fr/etud/medecine_legale/loi_et_toxic...

Assuétudes et Pharmacie (Jean Paul Brohée - pharmacien belge)
http://users.skynet.be/toxicomanie/

Why Drogues
http://www.chez.com/whydrogs/

Programme de Toxicomanie 2000 (C.T.S.)
http://www.camh.net/francais/addiction/annual_report_2000.html

La toxicomanie à Montréal-Centre
http://www.santepub-mtl.qc.ca/Portrait/Montreal/toxicomanie.html...
Top
As.deTrefle
Nain-terne

Messages : 90
Enregistré : 04/07/2001
Posté le 08/07/2001 à 15:59
Bienvenu dans le monde réel des vivants !

Et oui, tu vis dans un monde dangereux.
Le danger a changé de visage depuis l'ère jurassique mais il est bien là et il t'attend à chacun de tes pas...

L'Homme est confronté en permanence entre son instinct de (sur)VIE et sa pulsion de MORT.
C'est Eros versus Tnanatos, c'est le Ying et le Yang...

C'est en quelque sorte le sel de la vie. Notre seule certitude est que nous mourrons tous un jour.

RISQUE = DANGER X EXPOSITION

Pour diminuer le risque, soit tu supprimes le danger (pas toujours facile), soit tu diminues l' exposition (ce qui est parfois plus facile à réaliser).

Il est d'usage d'admettre qu'un risque est socialement acceptable si il est inférieur à 0,1%.

Le TABAC,connu comme un agent cancérigène pulmonaire notoire mais il n'est pas le seul (hélas ! )en service.

Voilà la classification du CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer) des principales expositions professionnelles cancérigènes pour le poumon (février 1997):

1)groupe 1

*agents et groupes d'agents:

-arsenic et ses composés, amiante, béryllium et ses composés, bis(chlorométhyl)éther,et chlorométhyl éther, cadmium et ses composés, composés du chrome IV, gaz moutarde, composés du nickel, radon et produits de désintégration, silice cristalline (inhalée sous forme de quartz ou de cristobalite d'origine professionnelle), talc contenant des fibres d'amiante;

*mixtures:

-brais de houille, goudrons de houille, huiles minérales peu ou non traitées, suies;

*circonstances d'exposition:

-production d'aluminium, manufacture et réparation de bottes et chaussures, gazéification du charbon, production de coke, fabrication de meubles et ébénisterie, mines d'hématite (souterraines) avec exposition au radon, fonderies de fer et acier, métier de peintre, industrie du caoutchouc.

Bon je t'épargne l'énumération des groupes 2A et 2B.

D'après la classification du CIRC:

-Le groupe 1 désigne les substances cancérigènes pour l'être humain.

-Le groupe 2A désigne les substances probablement cancérigènes pour l'être humain.

-Le groupe 2B désigne les substances pouvant-être cancérigènes pour l'être humain.

Concernant l' ALCOOL:

Depuis la seçonde guerre mondiale, la consommation de bière a augmenté de 400% dans le tiers-monde et 500% en Asie.

Concernant la France:
La France demeure parmi les tout premiers pays consommateurs d'alcool avec 10,9 litres d'alcool pur par habitant et par an en 1997 (chiffre plus élevé si rapporté à population > à 15 ans).
Un malade sur quatre ayant des problèmes avec l'alcool est une femme.
L'alcool est directement responsable de 35000 décès par an.
30% des accidents de la route, 10 à 20% des accidents du travail, 2/3 des homicides volontaires et 1/4 des suicides sont liés à un abus d'alcool.
Il existe 1,5 à 2 millions de patients alcoolo-dépendants.
En 1993, les hospitalisations pour ivresse aigue ont été estimées à 33000 !
En Médecine Générale, la prévalence des problèmes liés à l'alcool se situe aux alentours de 16% des patients adultes.

Concernant les coûts directs (médicaux) et indirects, les chiffres sont faramineux.

D'après un Rapport de Mission de 1998, établi par MM. les Professeurs Michel RAYNAUD et Philippe-Jean PARQUET puis remis à Bernard KOUCHNER on constate:

1)pour la France:les coûts directs sont d'un montant minimal de 20 milliards de francs et qu'ils représentent 25% du total des coûts liés à l'alcoolisme (hypothèse la plus basse), les coûts indirects seraient a minima de l'ordre de 60 milliards de francs. Le coût global s'élèverait donc a minima à environ 80 milliards de francs, soit 1,04% du PIB.

Les coûts indirects comprennent:
-les coûts économiques: pertes de production occasionnées par la surmorbidité des alcooliques, à savoir pertes dues à l'absentéisme, aux accidents du travail, aux accidents de la route...
-les coûts sociaux: répercussions sociales innombrables, à savoir foyers désunis, délinquance des enfants en liaison avec l'alcoolisme des parents, et tous les frais qui en découlent: dépenses d'aide aux familles, prises en charge des handicapés liés à l'alcoolisme, cas sociaux, frais de justice...

2)pour l' Allemagne
-74% des coûts totaux sont des coûts indirects.

3)pour le Canada
-de 70 à 75% des coûts sont liés à aux pertes de productivité. L'abus d'alcool représenterait 1,04% du PIB.

4)pour les States
-les coûts indirects représenteraient 80% des coûts totaux.
-En 1988, les coûts s'élèveraient à 85,8 milliards de dollards, soit 1,8% du PIB.

"Tous ces chiffres sont des estimations mais quelle que soit la méthode utilisée, on peut affirmer avec certitude que l'alcool a coûté à la nation française, en 1996, largement plus de 80 milliards de francs.
Comparés aux 85 milliards de recettes que l'alcool rapporterait à notre économie, il ne fait plus de doute que l'alcool coûte davantage à la France qu'il ne lui rapporte" dixit les auteurs du rapport.

En résumé,si tu es un breton (radon), fumeur, alcoolique, automobiliste (benzo-a-pyrène=catégorie 2B, provenant des HAP du diésel dans les stations de service) et que tu exerces le métier de mécanicien automobile (polyexposition: amiante, solvants,HAP, peintures...) depuis 20 ans, ton espérance de vie est beaucoup plus courte que la moyenne de la population.

Take it easy !
Prends la vie comme elle vienne, le combat continue ! Yeahhhh!!!






Top
Aller en haut • 22 réponses • 2 pages • 1 2
Dernier livre commenté

Couverture fournie par Unithèque
Remédien de l'heure

Simon Campano

PCEM1² - PARIS VI Pierre et Marie CURIE