logo remede logo remede
La 1ère Communauté Médicale
médecine - pharmacie - odontologie - maïeutique
M'identifier
Mot de passe oublié ?
Je me connecte

Vous n'êtes pas inscrit à l'annuaire des membres ? Inscrivez-vous

Fin du Numérus Clausus.

Aller en bas • 11 réponses
Monaco
Ministre de la Santé

Messages : 1086
Enregistré : 09/05/2005
Posté le 18/09/2018 à 13:01 notnew
Annoncé en 2020 par Agnès Buzyn, la ministre de la santé.
Qu'en penser ?
Bonne idée ? Nécessité face à l'alerte démographique ?
Selection tout de même obligatoire en fin de L3, permettant néanmoins de s'orienter vers des masters de biologie par exemple si les resultats ne sont pas suffisants pour poursuivre médecine ?
_____
Chirurgien-Dentiste depuis 2012
New-York University Orthodontic program 2014
Top
Lasilix
Interne

Messages : 90
Enregistré : 17/09/2015
L'auteur du sujet a désigné cette réponse comme étant la meilleure - Posté le 18/09/2018 à 16:25 puis édité 7 fois notnew
Enfin ! Je commençais à désespérer que quelqu'un en parle.

Le premier but recherché, selon Agnès Buzyn serait de limiter le "gâchis humain".
Il est étonnant que le gouvernement s'en préoccupe maintenant alors que cela n'était pas dans le programme de Macron. Y aurait-il eu récemment trop d'échec chez les jeunes issus de certains milieux influents ? (enfants de hauts fonctionnaires, de PU-PH…).
Il me semble que la meilleure façon de limiter ce « gâchis » serait de sélectionner en fin de terminale sur la base des notes du bac. Puisqu’on finance cet examen, cela permettrait qu’il serve à quelque chose (avec pour bénéfices secondaires moins de chahut, la hausse du niveau et le respect des profs). Et ça n’empêcherait pas de recruter via des passerelles. Au moins, les recalés ne perdraient pas leur temps.

Au lieu de ça, il est proposé une « licence santé » en sachant très bien que la plupart des étudiants seront là pour faire médecine. Les UE spé orientant vers autre chose seront délaissées. Le gâchis humain sera bien pire. Ce sera comme si tout le monde triplait. Les recalés de médecine ne seront pas plus contents d'aller en master de bio que ceux de la PACES. Parlant des ex-très bons lycéens (puisqu'il semblerait que c'est pour eux qu'on fait cette réforme : les bacs mention B et TB recalés): leur PACES ratée, ils peuvent toujours se réorienter en CPGE, faire complètement autre chose et tirer un trait sur cet échec. Après la L3 santé, cette possibilité ne leur sera plus ouverte (ils auront perdu trop de temps), mais ils pourront aller en pharma et dentaire, où il n'y aura plus aucune sélection, avec pour perspective l'exploitation ou le chômage.

La sélection en médecine subsistera, puisque le nombre d’externes restera limité. Certaines facs de médecine, laissées libres de déterminer leur capacité, pourraient même baisser le nombre d’étudiants. De toutes façons, elles sont largement financées et auront toujours des crédits suffisants.
Mais cela ne sera vrai que pour les facs de médecine. Parce qu’en pharmacie, par exemple, où il y a très peu de stages et beaucoup de cours magistraux, la capacité est extensible à l’infini, comme dans les facs de psycho. Les profs de fac n’ont à peu près rien à faire de l’avenir des étudiants. Par contre ils ont besoin de crédits pour leur recherche, et plus il y a d’étudiants, plus ils ont de crédits. Une telle réforme ne devrait être entreprise qu’accompagnée d’une modification du financement des facs qui prendrait en compte l’insertion professionnelle des diplômés dans leur domaine. Cette mesure était d’ailleurs dans le programme de Macron mais on attend toujours l’annonce de son application.

En bref, cette réforme vise selon moi surtout à caser en médecine les enfants de riches en introduisant une sélection via le « projet professionnel », l’oral , les stages. Qui a les codes pour bien passer à l’oral ? Qui a des tuyaux pour faire des stages intéressants ? Certainement pas les enfants des ZUP ni ceux des campagnes profondes. Pour ceux qui n'auront pas les capacités de réussir en L3 santé, des facs de médecine privées très chères (une fac attachée à l'hôpital américain de Neuilly, par exemple) pourront voir le jour.

Les médecins s’en sortiront, au moins dans un premier temps, car le lobby médical est très fort et ils pourront conserver une sélection importante via la limitation des places d’externat. Par contre, vus les moyens massifs alloués à la "transformation numérique", les assistants et les infirmiers spécialisés, on peut penser que leur métier ne sera plus le même : ils seront là pour appliquer des directives. Du moins pour ceux qui travailleront dans les "filières de santé" remboursées par la sécu. La faible qualité de ces services et l'absence de relation humaine amèneront les populations les plus favorisées à payer le prix fort pour bénéficier d'un système parallèle, "à l'ancienne".
Top
Kinona
Sexterne (diplomée secrétariat médical)

Messages : 85
Enregistré : 12/06/2017
Posté le 18/09/2018 à 17:50 notnew
Je ne suis pas d'accord pour pharmacie. On est pas extensible, on a énormément de TP et déjà dans l'état actuel des choses, on a pas assez de postes pour tout le monde (on est obligé de faire des trinomes ou d'etre à 4 pour des TP censés se faire à 2), et je ne parle pas même pas de l'amphi qui n’accueille pas une promo entière. Sans compter que nous avons aussi un externat et que les pharmacies hospitalières ne sont pas extensibles pour nous accueillir....
Top
Lasilix
Interne

Messages : 90
Enregistré : 17/09/2015
Posté le 18/09/2018 à 21:14 notnew
Alors ça doit dépendre des facs. Mais si les 3 1ères années sont assurées à la fac de médecine, il n'y aura plus que 3 années de pharma, dont seulement 2 de formation véritable avec TPs. Les salles qui servaient pour les 2-3-4-5 iront pour 2 années seulement, ce qui permettra d'avoir 2 fois plus d'étudiants. Et puis, avec les crédits en plus liés à l'augmentation du nombre d'étudiants, il y aura de quoi agrandir.

Pour l'externat de pharmacie, ce n'est pas uniquement dans les PUI mais aussi dans les services, et il pourrait être réduit à 6 mois pour tout le monde. Bref, il y a toujours moyen de s'arranger
Top
Nalla
Sexterne (diplomée secrétariat médical)

Messages : 71
Enregistré : 19/10/2017
Posté le 18/09/2018 à 21:19 notnew
"La sélection en médecine subsistera, puisque le nombre d’externes restera limité."
Mais je pense que ce nombre sera augmenté, il me semble que c'est en partie le but de cette réforme, la question c'est dans quelle proportion...
Top
Monaco
Ministre de la Santé

Messages : 1086
Enregistré : 09/05/2005
Posté le 19/09/2018 à 10:16 notnew
https://www.20minutes.fr/politique/2338875-20180918-plan-sante-fi...

L'article de 20 minutes précise un peu les choses, meme si les modalités ne sont pas connues !
Pas question à priori de faire une selection au bout de 3 ans.
Quid de dentaire/pharma/kiné ?
On en sait rien ..
_____
Chirurgien-Dentiste depuis 2012
New-York University Orthodontic program 2014
Top
Manonsh
Jeune Bizute

Messages : 4
Enregistré : 07/12/2017
Posté le 19/09/2018 à 13:41 notnew
vous pensez que les salaires des médecins seront diminués par l’augmentation des médecins ?
Top
Lasilix
Interne

Messages : 90
Enregistré : 17/09/2015
Posté le 19/09/2018 à 15:34 puis édité 3 fois notnew
https://www.20minutes.fr/politique/2338875-20180918-plan-sante-fi...

L'article de 20 minutes précise un peu les choses, meme si les modalités ne sont pas connues !
Pas question à priori de faire une selection au bout de 3 ans.
Quid de dentaire/pharma/kiné ?
On en sait rien ..

Merci pour ces précisions smilies Ok, donc on se dirige vers un système à l'américaine où il faut un "Bachelor degree", généralement en sciences pour pouvoir postuler dans les écoles de médecine ou pharmacie (pour 5-6 ans sans compter l'internat, ce qui fait des études très longues et très chères). C'est mieux que la L3 santé mais ça ne supprime pas la plupart des problèmes, à savoir :

-l'augmentation exponentielle du nombre d'étudiants. On se calque sur un système anglo-saxon où la principale sélection se fait par l'argent. Aux Etats-Unis, si les universités étaient aussi bon marché qu'en France, ils seraient bien obligés d'instaurer un NC.

-Le côté subjectif et arbitraire d'une sélection basée sur l'oral, le profil, les stages, l'expérience professionnelle, le bénévolat. Tout cela est corrélé au milieu social. La réussite en PACES l'est aussi, mais au moins elle exige un travail intense sur plusieurs mois dont tous les riches ne sont pas capables. Il ne s'agit pas de faire de l'esbroufe le temps de raconter son voyage humanitaire dans un dispensaire cambodgien (et bonjour l'hypocrisie qui va sous-tendre l'engagement associatif !).

-Les facs de pharma serviront à récupérer les étudiants recalés des écoles d'ingénieurs, de véto ou de médecine, et des préparateurs. Il y aura beaucoup de monde et sans doute beaucoup de chômage à venir.


In fine, ceux qui ont le plus à gagner avec un tel système sont les étudiants des CPGE. Après leurs 2 ans de prépa, s'ils n'ont pas l'école qu'ils voulaient, ils n'auront qu'à faire une année de fac de sciences (à l'étranger si possible, humanitaire ++ et stages à l'hôpital) et pourront postuler en médecine. Le dilemme PACES/prépa n'existera plus pour les bons élèves de terminale : il y a fort à parier que les CPGE attireront plus que jamais. Les infirmiers ont aussi beaucoup à gagner. Ils seront nombreux à vouloir monter en grade. Ne seront retenus en médecine que ceux issus d'un certain milieu, plus quelques candidats de la "diversité" pour faire bonne figure.


Le plus juste serait une première sélection selon les notes au bac (un seuil de 14 dans les matières scientifiques et de 12 en français/philo par exemple) puis une PACES avec des stages obligatoires de découverte de chaque filière au S1 et un poids important donné aux UE spé au S2.
Top
Monaco
Ministre de la Santé

Messages : 1086
Enregistré : 09/05/2005
Posté le 20/09/2018 à 15:14 notnew
En effet aux USA, il faut un bachelor degree (undergraduate) sur 3 ans avant de postuler en fac de medecine ou dentaire par exemple.
Ensuite ça dure 5 ans avant spé.
C'est surement ce qui nous attend.
Mais si c'est le cas ça suppose une refonte totale du cursus et donc pas seulement de la PACES et sa selection. Et pourtant je n'ai pas entendu quoi que ce soit en ce sens.
_____
Chirurgien-Dentiste depuis 2012
New-York University Orthodontic program 2014
Top
key
Externoïde

Messages : 44
Enregistré : 13/06/2004
Posté le 20/09/2018 à 17:09 notnew
La ministre a dit que le nombre de medecin passera à 9-10000 par an c’est donc mieux mais faut pas rêver il y aura une donc une sélection (il y a 50-60000 étudiants en p1 chaque année et aucun pays ne forme 60 000 medecins par an...).
Donc 1000 de plus sur toutes la france ca fait juste une grosse dizaine par département.
Entre l’augmentation et vieillissement de la population et les départs en retraite ca s’équilibrera plus ou moins... et il reste le probléme des spécialités!
Quand on voit que med ge/psy/santé pub/med du travail ont du mal à recruter (y a qu’a voir les choix au Ecn ou il y a parfois des postes non pourvu) alors qu’il y a des places mais qu’on ne forme que 100/150 spécialistes par an et par spécialité, je vois pas comment on sortira des problémes d’attentes pour les rdv à rallonge et des déserts médicaux.
Top
Monaco
Ministre de la Santé

Messages : 1086
Enregistré : 09/05/2005
Posté le 22/09/2018 à 07:01 notnew
Evidemment qu'il y aura une selection d'une façon ou d'une autre.
Je pense simplement que la fin programmée du NC demande une refonte en profondeur de tout le systeme. SI c'est juste, on supprime le concours, mais on décide quand meme d'un nombre de places, ça revient au meme.
Une selection sur les notes au lycée.. Pourquoi pas .. Le soucis c'est que c'est très lycée dépendant.
Un bon element dans un lycée tres moyen ne valant pas un éléve moyen dans un excellent lycée..
_____
Chirurgien-Dentiste depuis 2012
New-York University Orthodontic program 2014
Top
juninho38
Externe (diplomé secrétariat médical)

Messages : 76
Enregistré : 09/08/2016
Posté le 23/09/2018 à 08:49 notnew
Bonjour,
moi ce qui 'inquiète, c'ets pour les gens comme moi en reconversion.
J'aurais 35 ans avec la mise en place de cette réforme.
Avant, avec un congé sabbatique + 1 congé sans solde, on pouvais tenter la PACES en cas de réussite pas de souci, mais en cas d'échec, retour à l'emploi précédent.
Or la il faut se libérer pour 3 ans...
Cela complexifie énormément les contraintes.
J'ai peur de passer encore à coté...
_____
A la recherche d'un groupe de travail.
Top
Aller en haut • 11 réponses
Suivez-nous facebook twitter linkedIn
Publicité
IPrépha : la prépa au concours d'internat en pharmacie
Librairie Médicale Iprépha fonctionne sur le mode de concours blancs mensuels qui vous sont proposés ici d'avril à novembre.
Découvrir la prépa
Publicité
Anne-Marie Curat, présidente de l’Ordre des sages-femmes : « Les sages-femmes sont encore trop invisibles ! » Toutes les interviews
livreslivrescontactspublicationstwitter