Posté le 19/01/2005 à 23:22

Faut quand même pas pousser: les salaires ne sont pas mal par rapport aux autres catégories sociales !!
regarde cet article :
Philippe Douste-Blazy débloque 113 millions d'euros pour calmer la grogne des chirurgiens
LE MONDE • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 26.08.04
Leur "exil symbolique" à Londres est annulé.
La sortie du territoire des chirurgiens libéraux n'aura pas lieu. Le collectif Chirurgiens de France, qui projetait d'organiser l'"exil symbolique" à Londres d'au moins 2 000 spécialistes entre le 31 août et le 5 septembre, a annoncé, mardi 24 août, qu'il renonçait à son opération après être parvenu à un accord avec le ministère de la santé.
A la suite de longues et difficiles négociations, le ministre de la santé, Philippe Douste-Blazy, a emporté l'adhésion du collectif et des représentants des médecins sur un plan de sauvegarde de la chirurgie doté de 52 millions d'euros en 2004 et 61 millions en 2005.
"Nous avons reçu suffisamment d'assurances et de concrétisations pour sauver la chirurgie en France", a salué le docteur Philippe Cuq, initiateur du départ pour l'Angleterre. "C'est le début d'une confiance retrouvée", a commenté, lors d'une conférence de presse, M. Douste-Blazy, qui s'est "réjoui que les représentants des chirurgiens aient renoncé à la rupture entre leur profession et les Français".
Sous le slogan "Une France sans chirurgiens", la traversée de la Manche par plusieurs centaines de praticiens en colère se faisait de plus en plus menaçante pour le ministre de la santé. Les chirurgiens français entendaient exprimer le malaise d'une spécialité de moins en moins valorisée, dont les conditions d'exercice n'ont cessé de se dégrader (Le Monde du 27 juillet).
Discipline reine il y a vingt ans, la chirurgie est délaissée par les jeunes internes, au point, a rappelé M. Douste-Blazy, "que si rien n'est fait, nous assisterons à une perte de 22 % des effectifs en 2014". Depuis 2002, les 24 000 chirurgiens français ont également dû faire face à une explosion de leur prime d'assurance en responsabilité civile, alors que rien n'indique, selon les syndicats, une augmentation des recours en justice des patients.
La profession rencontre des problèmes financiers croissants : les actes opératoires n'ont pas été revalorisés depuis quinze ans et les disparités de revenus s'accroissent. Certes, les chirurgiens se situent dans le peloton de tête des spécialistes, avec 239 046 euros de revenus annuels en 2003 (charges non déduites), selon la CNAM, loin devant les spécialités sinistrées, les pédiatres (126 490 euros) ou les psychiatres (105 005 euros). Si les chirurgiens de secteur 2, qui pratiquent les honoraires libres, ont pu couvrir partiellement l'augmentation de leurs charges grâce aux dépassements d'honoraires, ceux du secteur 1, qui respectent les tarifs remboursés par la Sécurité sociale, n'ont eu d'autre choix que d'augmenter leur activité, jusqu'à atteindre, pour certains, plus de soixante-dix heures par semaine.
REVALORISATION DES ACTES
L'accord entre le ministère de la santé et les professionnels devrait répondre aux situations financières les plus difficiles, notamment par l'application d'une nouvelle politique tarifaire. Des forfaits liés à l'activité, les "contrats de bonnes pratiques" (CBP), devraient permettre de revaloriser les revenus des chirurgiens de secteur 1 (d'entre 5 000 à 9 000 euros par an) et ceux des chirurgiens en secteur 2 (d'entre 2000 et 6000 euros par an). Par ailleurs, l'accord fixe comme objectif une revalorisation des actes chirurgicaux de 25 % au 1er avril 2005, et prévoit, à terme, de rendre leur liberté tarifaire aux chirurgiens désirant sortir du secteur 1.
M. Douste-Blazy s'est aussi engagé à installer en septembre une "commission opérationnelle" chargée de faire des propositions pour valoriser le métier de chirurgien au cours des études médicales. Un "plan de modernisation des blocs opératoires" sera lancé en 2005, après recensement des besoins. Enfin, le ministre devrait recevoir très prochainement le président de la Fédération française des sociétés d'assurance, afin d'obtenir un engagement des assureurs sur une stabilisation des montants des primes couvrant les risques des chirurgiens.