Posté le 16/05/2008 à 23:57

Visiblement je suis la seule vieille branche à les avoir finies, ces études de médecine.
Laroufa, mes potes me connaissent comme Desespera, la Fille à qui il ne faut pas parler si tu veux faire médecine.
Mais bon, puisque tu t'aventures en terrain dangereux, je vais te répondre.
Alors, NON, les études ne sont pas ce qu'il y a de plus odieux en médecine. Disons qu'il y a une P1 (dans mes montagnes ça s'appelle autrement mais ça revient au même), où il faut accepter stoïquement de se faire des escarres au fesses, une tendinite au poignet, une attrition de toute sa jolie denture ainsi que des lunettes à triple foyer (à force de bouquiner, ronger son stylo et faire des fiches de synthèse), mais sinon, crois-moi, on arrive à aller au ciné, on arrive à sortir se beurrer la gueule. Moins que les autres, ça c'est clair, mais c'est qu'il faut savoir faire ce que doit, n'est-ce pas? ou plutôt veut...
On arrive même à se marier et à faire un bébé. Et aussi à passer huit mois d'examens non-stop avec ledit bébé qui ne dort pas la nuit.
Moi je me retrouve dans ce que tu dis. Quand j'étais gamine je voulais faire obst, càd préparer le pain quotidien des pédiatres en aidant des femmes normales à se transformer en mères hystériques, et les foetus (qui sont mieux là où ils sont, à mon avis) en chieurs joufflus.
Ce qui s'est passé c'est qu'un jour, c'est moi qui suis rentrée dans la catégorie "mère" (plus ou moins hystérique, c'est selon). Alors une fois, ça faisait pas trop de dégâts. J'ai du passer par une phase un peu hypomane, parce que malgré le lardon qui hurlait à plein poumons pendant de longs mois surtout la nuit, j'ai jamais cartonné mes exams comme ça.
Ouah, super bien! donc je décroche le diplôme, tout ça tout ça...et puis après je me mets à travailler.
Càd les horaires de boulot habituels. Puis viennent les gardes du soir, 1 par semaine. Puis 2 par semaine (oui mais là il manquait un interne "pour un petit moment" qui a duré...en fait 3 mois). Puis finalement des gardes aussi 1 we sur 2. Puis une annulation de la semaine de Noël parce que "il reste des nuits et votre collègue est absent, vous comprenez, blablabla..."
Finalement c'est moi qui me suis transformée en une 2ème "collègue absente", parce que, enceinte de mon second lardon, je me suis retrouvée clouée au lit du jour au lendemain pour décollement. Les collègues se sont pris le boulot d'une absente de plus dans la tronche.
Quant à moi, après de bons et loyaux services, j'ai été tout bonnement lourdée de ma place d'interne pour manquement à mon devoir (càd que je suis restée allongée pour éviter la fausse-couche au lieu de venir travailler).
Ils m'ont rappelée une semaine plus tard pour me dire qu'en fait si, ils souhaitaient me réengager, si cela me convenait, après mon congé mat. Mais à ce moment là je m'étais déjà inscrite en dentaire.
Enfin de toutes façons, en France tu n'auras pas ce genre de problèmes, puisque tu as l'internat qui te classe en fin d'études. Une journée et quelques cas sur 400 dossiers pour décider de tout ton avenir professionnel...
A toi de voir...
[Edité le 16/05/08 par Libellule04]