Get72Super modératrice

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PARIS BAUDELOCQUE Posté le 15/08/2006 à 10:21

Le point de vue des sages-femmes est assez simple : nous désirons l'obtention d'un master professionnel à l'issue de nos 5 ans d'études, et la possibilité de faire reconnaître un master recherche pour ceux qui auront suivi des enseignements optionnels adaptés.
Nous obliger à demander le master au cas par cas, c'est rabaissant d'abord parce que c'es irréaliste : pourquoi le ministère de la santé accorderait-il individuellement un niveau qu'il refuse d'accorder de principe ? Les raisons du ministère (la direction générale de la santé en particulier) sont financières : comme nous sommes fonctionnaires, toute revalorisation du diplôme débouche automatiquement sur une revalorisation de la grille de salaire, et c'est bien ça qui les emmerde.
C'est également prendre le risque de créer différents types de sages-femmes : celles avec le diplôme d'état, celles avec le DE + le master professionel, pour une formation identique.
Nous soupçonnons sous ce flou artistique le pari que la majorité des sages-femmes ne ferons jamais cette demande de master (formalités administratives décourageantes, adresser une demande à deux ministères, bonjour la galère assurée).
Et enfin, s'il faut déjà batailler et faire des enseignements optionnels pour obtenir le master professionnel, il y a gros à parier que très, très peu feront la demande de master recherche (avec encore plus d'otions à faire pendant la deuxième phase de études, déjà bien chargée). Au final, les sages-femmes continueraient à se tenir à l'écart de la recherche, et c'est bien dommage car les études en obstétrique sont toutes orientées vers la pathologie, puisqu'elles sont le fait des obstétriciens dont c'est le domaine. La physiologie est celui des sages-femmes, et elles ont difficilement accès à la recherche. Pour illustrer, on a maintenant plusieurs types de médicaments pour traiter les contractions en cas de menace d'accouchement prématuré (et c'est une bonne chose), mais on ne sait toujours pas comment se déclenchent les contractions, qu'elles soient prématurées ou à terme. Ca n'interessent pas les médecins de savoir comment le travail se déclenche, mais les sages-femmes, oui.
Même si on ne va pas nier notre interrêt personnel à la revalorisation du diplôme de sage-femme, il y va aussi de l'interrêt de la santé publique.
Garder la passion, prendre du recul