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Passerelle à 31 ans après un doctorat en maths pures

Aller en bas • 11 réponses
BrianTer
Jeune Bizut

Messages : 4
Enregistré : 24/04/2019
Posté le 24/04/2019 à 12:37 notnew
Tags : Passeralle D1, Passerelle P2, Doctorat
Bonjour à tous !

Petite présentation rapide: j'ai 30 ans, et je suis dans les derniers mois de mon doctorat en mathématiques. Ma spécialité est la topologie symplectique, un domaine très abstrait, mais dont les outils peuvent parfois être appliqués, par exemple à la recherche en neurosciences.

Malgré mon intérêt pour la recherche fondamentale, j'ai toujours gardé dans un coin de la tête l'idée de poursuivre des études de médecine. Bien que ma décision vienne assez tardivement, je pense me lancer et tenter la passerelle vers la 2e ou 3e année.

J'ai quelques questions concernant la passerelle, et mon projet professionnel:

- de quelle manière le jury décide si le candidat entrera en 2e ou 3e année (si toutefois il est pris) ? Cela est-il lié à son cursus précédent ?

- si mon age ne jouera peut-être pas en ma défaveur lors des premières années, pourrait-il être un obstacle dans ma carrière de praticien ? Par exemple, pourrais-je me voir fermer les portes d'une spécialité (sachant qu'il va y avoir une réforme des ECN) ou d'un service à cause de mon age ?

- j'ai pour idée de conserver un pied dans la recherche. Idéalement, j'imagine qu'un médecin qui serait également mathématicien pourrait, en plus de sa pratique de la médecine, aider à développer de nouvelles techniques médicales. Prenons l'exemple d'un radiologue, qui non seulement connaitrait les besoins de sont métier puisqu'il le pratiquerait, mais qui aurait en plus un pied dans un laboratoire de recherche où il participerait au développement de nouvelles techniques d'imagerie. Ou encore un neurochirurgien qui participerait à un des nombreux projets servant à modéliser le cerveau humain. La médecine évolue, et fait de plus en plus intervenir les sciences fondamentales. J'aimerais me positionner à l'interface entre les deux disciplines.
Existe-t-il des gens qui font cela ? Pensez-vous qu'un tel projet est cohérent, ou complètement irréaliste ?

Merci d'avance pour vos réponses, et bon courage à tous !
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KineUP
Doyen

Messages : 579
Enregistré : 08/11/2017
Posté le 24/04/2019 à 13:15 puis édité 1 fois notnew



J'ai quelques questions concernant la passerelle, et mon projet professionnel:

- de quelle manière le jury décide si le candidat entrera en 2e ou 3e année (si toutefois il est pris) ? Cela est-il lié à son cursus précédent ?

Techniquement, on en a aucune idée réelle. Le jury fait ce qu'il veut, et ne justifie pas ses choix.
Dans les faits, il semble assez récurrent que les personnes affectées en 3ième année ont un bagage antérieur souvent dans des disciplines quasi identiques (j'ai en tête les pharmaciens, les infirmier(e)s pour certains jurys, des dentistes).
Je pense (mais ce n'est que mon avis) qu'ils prennent en compte aussi les capacités de travail (pour se dire que le candidat pourra rattraper toutes les matières de P2 qui ne seront pas revues en D1!), et surement d'autres critères qui nous échappent.

- si mon age ne jouera peut-être pas en ma défaveur lors des premières années, pourrait-il être un obstacle dans ma carrière de praticien ? Par exemple, pourrais-je me voir fermer les portes d'une spécialité (sachant qu'il va y avoir une réforme des ECN) ou d'un service à cause de mon age ?
Sachant qu'on ne sait toujours pas à quelle sauce on va être mangé pour les nouveaux ECN, impossible de te répondre. MAIS, il y aura toujours une épreuve majeure sur papier, et donc le "mérite" te classera, bien plus que ton âge, pour ta sélection de spécialité.

- j'ai pour idée de conserver un pied dans la recherche. Idéalement, j'imagine qu'un médecin qui serait également mathématicien pourrait, en plus de sa pratique de la médecine, aider à développer de nouvelles techniques médicales. Prenons l'exemple d'un radiologue, qui non seulement connaitrait les besoins de sont métier puisqu'il le pratiquerait, mais qui aurait en plus un pied dans un laboratoire de recherche où il participerait au développement de nouvelles techniques d'imagerie. Ou encore un neurochirurgien qui participerait à un des nombreux projets servant à modéliser le cerveau humain. La médecine évolue, et fait de plus en plus intervenir les sciences fondamentales. J'aimerais me positionner à l'interface entre les deux disciplines.
Existe-t-il des gens qui font cela ? Pensez-vous qu'un tel projet est cohérent, ou complètement irréaliste ?
J'ai travaillé des années en interface inserm/clinique avec des médecins qui faisaient aussi de la programmation informatique ; d'autres qui faisaient de la physique ; un ancien docteur en maths qui s'est spécialisé en pédiatrie et qui modélisaient des processus neuro dans certaines pathos rares. J'ai un connaissance, ancien ingénieur, interne en chir, qui fait sa thèse sur la création d'un outil de simulation 3D de possibilités de reconstruction chirurgicale : il allie ses deux métiers finalement.
Donc oui, il y a une place pour les chercheurs avec double cursus! De plus en plus maintenant que les domaines sont transversaux, et pluridisciplinaires.
_____
Kinésithérapeute (PT, MSc) & Enseignant.
2018 : Admis DFGSM2
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BrianTer
Jeune Bizut

Messages : 4
Enregistré : 24/04/2019
Posté le 24/04/2019 à 13:25 notnew
Merci beaucoup pour ta réponse !
As-tu encore des contacts avec le mathématicien spécialisé en pédiatrie ? Si oui, penses-tu que je pourrais le contacter et parler de tout ça avec lui ? J’aimerais comprendre comment on peut lier concrètement ces deux activités.

Merci encore !
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EliottL
Chef des sévices

Messages : 394
Enregistré : 31/03/2017
Posté le 24/04/2019 à 13:26 notnew
Salut et bienvenue,

- L'affectation en 2ème ou 3ème année dépend effectivement de ton parcours. Sur l'ancienne passerelle, les doctorats ou les diplômes d'ingés allaient en 3ème année tandis que les masters allaient en 2ème année. Avec la nouvelle passerelle, ça a changé c'est le jury qui décide. De ce que j'ai pu observer, les gens qui ont été admis en 3ème année ont un background médical assez conséquent comme les pharmaciens diplômés.

- A mon avis, ton âge sera loin d'être un handicap, bien au contraire. La maturité et la manière de réfléchir que tu as acquises te permettront d'aborder la médecine différemment aussi bien sur le plan relationnel que pratique et théorique. Je suis un peu plus jeune que toi mais je m'en rends compte tous les jours en stage au contact des patients et de l'équipe médicale/paramédicale.
Pour ce qui est de ta carrière, la réforme de l'ECN est encore assez floue et je ne suis pas forcément la personne la plus renseignée mais je ne pense pas que ça pourrait te porter préjudice.

- Pour ma part, j'ai un master en informatique et maths appliquées et j'ai eu l'occasion de faire mon stage de fin de cursus dans une équipe de recherche en bio-info. Le projet que tu décris est exactement celui que j'ai porté et que j'ai "vendu" dans ma lettre de motivation ainsi que lors de mon oral.
A mon sens, c'est un projet plus que cohérent (je ne vais pas te dire le contraire smilies ) et très intéressant.
A chaque fois que j'ai eu l'occasion de discuter de ce projet avec des médecins (professeurs ou autres), la réaction était la même : ça suscitait beaucoup d'intérêt et on me répondrait à chaque fois qu'il y avait un besoin énorme de gens ayant cette double compétence. D'ailleurs, quasiment tous les médecins chercheurs à qui j'ai pu parler de mon projet m'ont proposé de faire un stage dans leur labo (c'est à ce moment que tu fais monter les enchères smilies)

Voila voila, n'hésite pas si tu veux échanger.
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BrianTer
Jeune Bizut

Messages : 4
Enregistré : 24/04/2019
Posté le 24/04/2019 à 14:04 notnew
Merci pour ta réponse !

Tout cela me motive beaucoup à entreprendre ce projet un peu fou. Reste à savoir comment je vais faire pour vivre jusqu’à la fin de mes études (et donc jusqu’à presque 40 ans !)
- À ce sujet, connais-tu des gens qui arrivent à travailler à côté de leurs études, par exemple dans la recherche, au moins assez pour subvenir à leurs besoins jusqu’à l’internat ?
- Autre petite question : j’ai cru comprendre que les candidatures passerelles pour la rentrée 2019 étaient closes. Comme je vis à l’étranger (pour ma thèse), et que je n’ai eu la possibilité de rentrer à Paris seulement la semaine dernière, je me demandais s’il existait des dérogations concernant les dates limites, ou d’autres établissements où les candidatures sont encore ouvertes.

Merci !
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EliottL
Chef des sévices

Messages : 394
Enregistré : 31/03/2017
Posté le 24/04/2019 à 14:32 notnew
Je connais une infirmière qui continue à bosser à 80% et d'autres personnes qui ont un ptit job ou qui donnent des cours. En revanche, je ne connais personne qui ait continué une activité de recherche dans la mesure où je ne connais pas de chercheur ayant fait la passerelle. KineUp aura sûrement plus d'info la dessus.

Pour la candidature, il n'existe à ma connaissance aucune dérogation possible. La date limite nationale est fixée au 15 mars et aucun retard n'est accepté. C'est peut être mieux ainsi puisque ça te laisse 1 an pour bien préparer ton projet (rattraper les lacunes que tu risques d'avoir, faire une observation hospitalière si tu le peux et trouver une solution pour l'aspect financier)
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BrianTer
Jeune Bizut

Messages : 4
Enregistré : 24/04/2019
Posté le 24/04/2019 à 14:34 notnew
Merci pour ton aide, je vais tenter d’organiser tout ça.
Bon courage pour la suite de ton cursus !
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KineUP
Doyen

Messages : 579
Enregistré : 08/11/2017
Posté le 24/04/2019 à 22:32 notnew



- À ce sujet, connais-tu des gens qui arrivent à travailler à côté de leurs études, par exemple dans la recherche, au moins assez pour subvenir à leurs besoins jusqu’à l’internat ?

Personnellement, et je ne suis pas le seul, je continue à travailler à côté (enseignement, publications scientifiques, data management). C'est sport en période de partiels, mais pour le moment ça passe.
Par contre, continuer à travailler pendant l'externat me parait être une mauvaise idée, sauf si tu désires une spécialité délaissée par les autres candidats, ne nécessitant donc pas un bon classement aux ECN (médecine générale, psychiatrie, médecine du travail, santé publique, ...).

J'ai un collègue, chercheur en réadaptation, qui a continué à travailler/enseigner/publier pendant tout son cursus d'externat. Mais il l'a payé cher : il n'a pas du tout eu les spécialités médicales qu'il voulait et a du faire un choix par défaut.

Quand tu te lances dans un tel projet, je pense qu'il est très important de se préparer à tout : que ce soit aux sacrifices potentiels, aux plans B,C,D, aux difficultés multiples, et à des moyens de gagner qq sous quand il faut manger, sans que ça interfère trop avec les études.
_____
Kinésithérapeute (PT, MSc) & Enseignant.
2018 : Admis DFGSM2
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de rubiana
Administratrice

Messages : 197
Enregistré : 21/06/2016
Posté le 25/04/2019 à 16:13 notnew
http://www.remede.org/documents/ingenieur-apres-dix-ans-de-recher...
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OdeAjule
Jeune Carabine

Messages : 22
Enregistré : 02/03/2018
Posté le 27/05/2019 à 09:33 notnew
Merci pour ta réponse !

Tout cela me motive beaucoup à entreprendre ce projet un peu fou. Reste à savoir comment je vais faire pour vivre jusqu’à la fin de mes études (et donc jusqu’à presque 40 ans !)
- À ce sujet, connais-tu des gens qui arrivent à travailler à côté de leurs études, par exemple dans la recherche, au moins assez pour subvenir à leurs besoins jusqu’à l’internat ?
- Autre petite question : j’ai cru comprendre que les candidatures passerelles pour la rentrée 2019 étaient closes. Comme je vis à l’étranger (pour ma thèse), et que je n’ai eu la possibilité de rentrer à Paris seulement la semaine dernière, je me demandais s’il existait des dérogations concernant les dates limites, ou d’autres établissements où les candidatures sont encore ouvertes.

Merci !

Salut !
Je suis rentrée en P2 à la rentrée 2018/2019 via la passerelle avec un bagage de chercheur.
Personnellement, j'ai pu négocier avec mon employeur un mi-temps lissé sur l'année : j'ai travaillé en gros en quart-temps sur la période universitaire, qui, il faut bien se le dire, est extrêmement courte (octobre à mai pour Bordeaux) et à temps plein sur les périodes sans cours et sans exams. Au final, sur l'année, ça me fait un mi-temps.
C'était un peu intense, j'ai pas vraiment eu une seconde pour moi, mais ça permet quand même d'avoir une petite rentrée d'argent, ce qui n'est pas négligeable, d'autant que j'ai deux enfants.
Sur l'année universitaire, personnellement, je n'ai pas pu faire mon travail de recherche comme j'y étais habituée, j'ai simplement fait le suivi des projets en cours, et les papiers en cours de soumission. Il m'était impossible de me concentrer suffisamment pour me lancer dans de nouvelles choses ou pour me lancer dans l'écriture de papier. Pas assez de temps et la tête ailleurs...Et j'ai du également renoncer à certains projets pour lesquels j'ai du passer la main. Ce moment là, ça fait bizarre de se dire qu'on ne participera plus à quelque chose qu'on a pourtant construit, mais l'appel de la médecine est plus fort et ce petit sentiment de regret passe vite !
Maintenant que les cours sont finis et les exams sont passés, je vais profiter de la période estivale pour avancer un peu.
Je me suis organisée comme cela en P2, je le ferais en D1 et ensuite j'arrêterais totalement pour l'externat. Les études seront bien trop prenantes pour être performante à la fois en médecine et en recherche...Et sincèrement, si financièrement j'avais pu me le permettre, je me serais arrêtée de bosser dès la D1.
Enfin, dernier petit point qui est certainement non négligeable, mon unité de recherche se situe physiquement sur le site de la fac de médecine !! Du coup, je pouvais naviguer entre mon bureau et les bancs des amphis sans perdre de temps !
N'hésite pas à me contacter si tu veux d'autres infos !
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BriTer
Bizut (futur carré)

Messages : 5
Enregistré : 29/04/2019
Posté le 27/05/2019 à 09:37 puis édité 1 fois notnew
Salut !

Merci pour ton message. J’ai cru comprendre que la réforme en cours concernant les études de médecine allait encourager les profils atypiques (chercheurs etc). Il serait logique que quelque chose soit mis en place dans ce cadre pour que les personnes devant travailler à côté le puissent (du moins à mi-temps), même pendant l’externat. As-tu entendu parler de quelque chose comme ça ? Comment comptes-tu faire pendant ces trois années ?

Merci encore pour ton témoignage !
Top
OdeAjule
Jeune Carabine

Messages : 22
Enregistré : 02/03/2018
Posté le 28/05/2019 à 11:30 notnew
Salut !

Merci pour ton message. J’ai cru comprendre que la réforme en cours concernant les études de médecine allait encourager les profils atypiques (chercheurs etc). Il serait logique que quelque chose soit mis en place dans ce cadre pour que les personnes devant travailler à côté le puissent (du moins à mi-temps), même pendant l’externat. As-tu entendu parler de quelque chose comme ça ? Comment comptes-tu faire pendant ces trois années ?

Merci encore pour ton témoignage !

A ma connaissance, il n'y a aucun système de financement type bourse ou autre pour la reprise d'études médicales.

Tu as par contre le contrat CESP qui te permet d'avoir environ 1200 euros brut tout au long de tes études avec comme contre partie l'engagement d'exercer dans des zones spécifiques et un choix aux ECN hors liste générale avec la majorité des postes en médecine générale. Dans ma promo, des passerelliens en bénéficient déjà dès la P2.

Pour ma part, comme je ne suis pas fixée sur la spé (mais bien fixée sur la ville), ça sera de l'autofinancement pendant les années d'externat : 1 salaire pour 4, réduction du mode de vie et pioche dans notre cagnotte jusqu'à épuisement !! Comme on est des gens prévoyants et parce que l'aspect organisationnel / financier intéresse beaucoup le jury, j'avais mené une petite phase test entre février et juin où on n'a pas touché à mon salaire !! il s'est avéré que ça se fait, il suffit juste de revoir ses priorités et de savoir pourquoi on le fait smilies
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