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Diplôme national de master pour un titre niveau I

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Lady Cat
Mme la Ministre de la Santé

Messages : 2059
Enregistré : 16/02/2007
Posté le 25/10/2014 à 02:06 notnew
Je n ai pas dit que les littéraires ou commerciaux ou les autres masters apportaient plus d' humanité. L'humanité ne s'enseigne pas, ni pas des cours des d' éthique ni par quoi que ce soit. On apprend la déontologie par les cours. L'humanité, elle est en nous, elle s'apprend au contact des patients, au contact de leurs vies.

Richard: bien sûr que ressentir les émotions de tes patients est importants. Je ne dis nulle part que les médecins vont mieux s'occuper d'un patient car ils sont en phase avec lui (quelle idée!!!!!), mais que certains patients vont se sentir plus à l'aise avec certains médecins qu'avec d'autres, même si ces médecins suivent un même protocole. Les demandes et les attentes des patients sont différentes, les réactions des médecins face à la douleur, ou à l'angoisse de leurs patients l'est aussi, car chacun éprouve des émotions. Un médecin qui ne ressentirait rien ne devrait pas être en contact avec des patients. Il y a une part importante de subjectivité de la relation patient medecin. Elle ne peut pas se résumer aux plaintes formulées par les patients, à l'examen clinique puis à une prescription. La medecine est quand meme un peu plus complexe et riche que cela. Parfois, c'est vrai que les actes sont simples ( un patient qui vient pour une vaccination anti grippale). Mais quand tu reçois ton patient, tu le regardes aussi: comment est il? Fatigué? En pleine forme? Dort il bien? Comment est sa vie de couple, comment se passe son boulot.....? Tu peux lui poser directement la question, ou les aborder plus doucement. Peut être que cette consultation de vaccination était un "prétexte" pour une autre demande, consciente ou non. Tu ne peux le savoir que si tu l'interroges. Peut être tout va bien, peut être n'aura t il pas envie de te parler d' un ennui, Peut être va t il vider son sac...? Ou peut être veut il juste être vaccciné? Beaucoup de messages implicites passent dans cette communication non verbale. Par exemple, une nuit, une infirmière de suites de couches ma demandé de venir voir une patiente dont l'episiotomie avait un problème. Je l'examine: pas de signe d'infection, pas de désunion... Tout va bien. Or, la patiente disait que l'episio lui posait un pb. Mais l'episio n'avait pas de pb. Donc, où est le pb? Alors, je l'ai laissé parler. Si tu laisses les patients s'exprimer, librement, sans les interrompre, en les écoutant vraiment, ils te conduiront vers ce qui les tracassent, ou te fourniront des infos supplémentaires, selon les cas. Ici, c'était un problème d'allaitement. C'était son premier bebe, et les SF couraient toute la journée. La patiente était un peu perdue, et sa réelle demande était de parler de cet allaitement. Les patients peuvent te parler de qql chose et avoir une seconde demande. Parfois, les patients sont inquiets et peuvent être rassurés si tu leur expliquent un peu la physiopatho (mais avec un vocabulaire évidemment accessible, voire en utilisant des analogies), d'autres auront besoin que tu prennes plus les choses en main, que tu sois plus directif.
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Ancienne SF
6ème année de médecine
sans passerelle, PACES réussie
"Il faut toute une vie pour apprendre à vivre" Sénèque
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Lady Cat
Mme la Ministre de la Santé

Messages : 2059
Enregistré : 16/02/2007
Posté le 25/10/2014 à 02:36 notnew
Il y a des patients qui aiment qu on leur explique d'autres non. Il y a des médecins qui aiment prendre le temps d'expliquer et d'autres non. C'est pour cela que je disais que la pluralité des visages en medecine est bien,car les patients ont eu aussi,plusieurs visages. Certains patientes préfèrent consulter une gyneco, d'autres un gyneco, pour citer un exemple basique.

Je ne dis nulle part que l'arrivee de nouveaux profils humanise la medecine, je dis que ces passerelles sont une chance pour ceux qui peuvent en obtenir une. Il y a des médecins proches des patients depuis toujours, on n'a pas attendu l'arrivee de master en philo pour cela.

Personnellement, les cours d'éthique, je trouve qu'ils ne servent à rien. Ce qui serait utile, ce serait de lire des récits de patients, ou que les patients viennent raconter leurs pathologies et leurs ressentis (c'est ce qu'on fait dans ma fac).

La medecine n'est pas que des connaissances, mais la medecine ne se fait pas non plus avec simplement un sourire.

Parfois, on a l'impression de ne servir à rien, car nos compétences ne peuventpas intervenir. Quand une âgée est en train de s'éteindre, ou qu'une femme accouchesans péri, on leur tient la main, les regarde, leur parle, on essaie de les rassurer, et on se sent terriblement démunis face à ça. Et pourtant, à la fin, l'accouchée te remercie pour tout ce que tu as fait. Mais on a fait quoi????? On était la, présent. Et la médecine, c'est ça aussi: être là, même quand les actes techniques, les médicaments, les gestes médicaux ne peuvent agir. Il y a aussi des médecins qui évitent les chambres ou les patients vont très mal, ou sont très inquiets, ou en plus d'une pathologique somatique, ont des troubles psy....parfois, les médecins ne savent pas trop comment agir (je ne parle pas de faire des prescriptions et tout le reste, je parle de passer dans leur chambre, répondre a leurs questions). Tu me diras, il y a les tours de salle pour ça, mais les patients sollicitent les médecins à d'autres moments aussi. C'est la ou travailler en équipe prend tout son sens: chacun apporte son point de vue, et cela permet d'avoir une vision plus élargie et précise des patients (bon, ok, c'est moins fréquent en extra
hospitalier). Enfin, je m'eloigne, je m'eloigne.

L'arrivée des passerelles ne rend pas la médecine plus humaine. Ce qui la rendrait plus humaine, ce serait de travailler avec le nombre de personnels, d'avoir tout le matériel nécessaire, que les salaires soient revalues,, d'avoir des petites structures intermédiaires, d'avoir plus de temps ( mais le temps est une denrée rare et je suis sure que si on avait plus de temps, le gouvernement serait capable de créer un nouvel impôt dessus)... ce ne sont que des utopies... La politique actuelle marche sur la tête.

Bref, bon dodo à chacun;-)
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Ancienne SF
6ème année de médecine
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Richard Richter
Nain-terne

Messages : 128
Enregistré : 24/06/2010
Posté le 12/11/2014 à 23:24 puis édité 2 fois notnew
J’avais écrit un gros pavé de texte mais finalement j’ai oublié de le poster.

Je pense vraiment pas que la P1 était une année débilitante comparable à la prépa : on avait un nombre d’heures de cours assez limité et beaucoup de temps libre pour bosser de manière très autonome. C’était pas vraiment du bourrage de crâne débile puisque les étudiants devaient se débrouiller pour acquérir le savoir et trouver la bonne méthode d’apprentissage par eux même.

Beaucoup d’étudiants en P1 montraient un certain intérêt pour les cours et posaient pas mal de questions. Certains prenaient même le temps d’expliquer des points compliqués à leur camarades. (En général, ce sont eux qui sont passés)

Arrivés en P2, une bonne quantité a continué à s’intéresser au programme de P1 soit par le tutorat, soit par le biais d’UE de masters en option. (Immuno, génétique, biologie moléculaire, etc.)


Concernant la SHS à la fac de médecine, c’est un peu du grand n’importe quoi.
En P1, on a eu à lire des ouvrages très pompeux rédigés par des gens surdiplomés qui font du freestyle sur des sujets d’éthique en citant des philosophes/psychanalistes fameux. Sinon on avait des confs par des médecins généralistes sur la réalité du métier et c’était très intéressant. On a eu aussi des conférences par une jeune anthropologue sur des questions de santé dans le monde mais c’était surtout un ramassis de clichés. A la fin on a eu des dissertations notées de façon aléatoire et voilà.
Sinon une année les P1 ont eu à lire un livre complotiste sur le scandale des pesticides écrit par un escroc dont la profession est «militant écologiste ». Je crois que cette année la responsable de la SHS -une médecin-biologiste qui n’a jamais rencontré de patient- avait un peu débloqué et voulait juste faire passer un message politique aux P1 et voilà (Votez EELV, achetez bio chez « La Vie Claire », faites des dons à Greenpeace).
Voilà en tout cas en P1 la SHS c’est des trucs à côté de la plaque par des gens à côté de la plaque et une épreuve loterie.

J’ai échappé à la SHS en P2/D1 donc je sais pas trop à quoi ça ressemble depuis la reforme. Mais j’ai jeté un coup d’oeil au livre que les D1 doivent lire cette année. En gros c’est une éthnographe-sociologue-philosophe qui a observé quelques consultations de diabétologie et qui s’est basé là dessus pour disserter sur la signification du soin. J’ai lu quelques paragraphes et ça m’a semblé assez naïf et farfelu (Forcement, c’est écrit par quelqu’un qui ne soignera jamais personne de sa vie et qui a basé sa reflexion sur quelques heures d’observation de trucs ultra spécifique dans la médecine).

En tout cas, comme je disais avant, ça a très peu de poids par rapport à des années d’experiences et d’échanges avec de vrais patients et de vrais médecins.

Après, je veux pas passer pour un salaud mais j’ai un peu l’impression que vous surestimez l’impact que peuvent avoir les passerelles sur l’ensemble de la profession. Quelques dizaines d’étudiants dans toutes la France sur des générations de 8000 étudiants c’est dérisoire.
L’hôpital, c’est pas tout le monde s’assit tous en ronde dans la pelouse avec José qui ramene son djembé, Raphaël qui sort sa guitare et on refait le monde en chanson pendant que Nadia roule des bédos. Vous verrez quand vous croiserez d’excellent internes ou médecins à l’hôpital, à la fois brillants dans leur connaissance de la médecine et irreprochables dans leur pratique, que 5 ans passés en lettre, en économie ou en philosophie ça ne pèse pas beaucoup pour devenir un bon médecin, sinon pas du tout.

Après, il faut faire un peu attention à l’image de la relation médecin-malade qu’on nous vend à la fac ou dans les livres. Tous les patients ne sont pas des cancéreux en phase terminale ou des malades chroniques à bout d’énergie qui attendent de rencontrer des médecins débordant d’empathie. Pour être passé dans des services avec des pathologies très lourdes, il m’a semblé que la principale préoccupation des patients est de vite sortir de l’hôpital pour reprendre le travail, remonter sur leur vélo ou jouer au bridge avec des amis. Et la plupart d’entres eux préfèrent voir des médecins qui se comportent de manière simple et naturelle plutôt que des soignants qui surjouent l’écoute et l’empathie.
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Lady Cat
Mme la Ministre de la Santé

Messages : 2059
Enregistré : 16/02/2007
Posté le 13/11/2014 à 09:25 notnew

Après, il faut faire un peu attention à l’image de la relation médecin-malade qu’on nous vend à la fac ou dans les livres. Tous les patients ne sont pas des cancéreux en phase terminale ou des malades chroniques à bout d’énergie qui attendent de rencontrer des médecins débordant d’empathie. Pour être passé dans des services avec des pathologies très lourdes, il m’a semblé que la principale préoccupation des patients est de vite sortir de l’hôpital pour reprendre le travail, remonter sur leur vélo ou jouer au bridge avec des amis. Et la plupart d’entres eux préfèrent voir des médecins qui se comportent de manière simple et naturelle plutôt que des soignants qui surjouent l’écoute et l’empathie.

Tout à fait, ce que demandent les patients, c'est:
1/ "Est-ce que je vais aller mieux?"
2/ "Quand est-ce que je sors?"

Concernant les patients, il y a tous les profils: certains sont super inquiets et posent des questions, d'autres sont stressés et agressifs, d'autres ne sont pas anxieux, d'autres s'en fichent...Cela dépend.

Sinon, qui a parlé de patients cancéreux, avides d'empathie et de médecins qui en surajoutent, inspirés par la fac et les livres? Ce dont je te parle est une des réalités (une parmi tellement d'autres) du terrain, je te parle d'expérience, de faits vécus. Et tu as raison, il faut être naturel et être soi-même. Personnellement, je ressens rapidement et spontanément les peurs et les douleurs des gens, c'est instinctif. Cela m'aide beaucoup pour le boulot.

Cela 12 ans que je bosse à l'hôpital, alors des histoires de chasse, j'en ai un bon stock! smilies

J'ai croisé plein de patients différents, des histoires différentes, des pathologies différentes, des personnalités différentes. La meilleure des attitudes est de s'adapter aux patients, les écouter (cela prend en fait très peu de temps (6 minutes?) et t'en fait gagner beaucoup, sans compter que s'ils ont confiance en toi, ils te donneront davantage d'informations), répondre à leur questions comme on peut...

C'est vrai qu'il y a des patients infects aussi, mais bon, c'est la vie!

Et les médecins aussi, parfois, en ont marre, sont fatigués, saturent...C'est humain, et côtoyer les gens n'est pas facile tout les jours. Il m'est déjà arrivé de sortir d'une chambre en pleurant car la patiente avait été odieuse avec moi.
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Ancienne SF
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Richard Richter
Nain-terne

Messages : 128
Enregistré : 24/06/2010
Posté le 13/11/2014 à 19:48 notnew
Ah oui non, mais j'étais d'accord avec toi en fait.

C'était surtout à l'idée d'humanité en générale. A la fac, les rares fois où on nous parle de relation médecin-malade c'est pour du cancer ou de la maladie grave. Dans la presse, sur le net, quand on entend des histoires sur les odieux médecins d'aujourd'hui, c'est toujours de la part de patients touchés par le cancer et parfois d'autres trucs (En gynéco-obstétrique aussi).

Les patients stressés et agressifs, ça me choque pas trop. Par contre j'ai eu plusieurs fois le cas où j'ai rencontré des patients assez sympathique avec moi -l'externe- et les médecins, et qui derrière se comportaient de manière odieuse avec le personnel paramédical (aide-soignantes et infirmières). C'est vraiment triste.
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