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Témoignage d'un "dino" bientôt docteur ...

Aller en bas • 44 réponses • 3 pages • 1 2 3
ethyel
Jeune Carabine

Messages : 26
Enregistré : 05/03/2008
Posté le 12/03/2008 à 18:34 notnew
bonjour tout le monde

je voudrais vous faire partager ma vision des choses...il n y a pas que le boulot de médecin où tu te fais exploité...personnellement j'ai un doctorat en immunologie ok il n y a pas de concours à l entrée de la fac ...mais c'est plus vicieux si on peut dire : la sélection se fait d'année en année l'une apres l'autre le nombre de "survivants" diminuent car la sélection est là, mais pas encore assez car apres il y a au moins 50 candidats pour un poste de chercheur....et puis quand on a un diplôme de toubib peu importe la spécialité on trouve du boulot facile...alors que chercheur ben ça court pas les rues je disais 50 concurrents pour un poste apres 1 ou 2 voire même 3 post docs (qui dit post doc = cdd de 2 ou 3 ans =précarité) et ce qui est à noter ben c'est que la recherche avancent parce qu il y a des thésards et des post docs...le monde de ce coté là n'est pas très rose non plus...car en plus là il n y a rien de gratifiant on ne sauvent pas de vie et tout le monde s'en fiche de savoir que truc muche est le ligand du récepteur machin de la cellule tartanpion....
alors est ce qu on regrette nos choix post bac? ou alors est ce qu il faut qu on arrête de croire qu il existe un métier parfait? mais comment continuer à avancer et à faire changer les choses en mieux si on perd l 'espoir?
loin de moi l idée d etre aigrie dans ce post...je me pose la question est ce que je repare pour 8 ans d années d études en lisant tous vos post ou est ce que je me contente de ce que j'ai sachant que ça me convient qu à moitié...car est ce que au final ca me conviendra mieux...du coup je sais plus...
???????
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passerelle
Chef des sévices

Messages : 309
Enregistré : 10/12/2006
Posté le 12/03/2008 à 19:46 puis édité 1 fois notnew
Le but de ce topic etait de prevenir les pretendants dino de ce qui les attend. Ta situation n'est clairement pas bonne ( la situation des jeunes chercheurs est d'ailleurs en partie ce qui m'a fait renoncer a faire une these apres mon diplome d'ingenieur ) alors a toi de voir.

Tu as galere pendant 8 ans et si tu es prise a la commission ca ne va pas etre mieux pendant les annees qui vont suivre, ca risque meme d'etre bien pire parfois. Cependant saches aussi que l'installation des medecins ne se fait pas en claquant des doigts quand on a eu son diplome. Pour travailler a l'hopital il fait encore passer des concours et si tu veux aller en liberal il faut acheter un cabinet et t'endetter tout de suite et pour longtemps, prevoir sa patientele...

A toi de voir mais au moins tu es prevenue
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postulant commission DI 5/2 ( humour de prepa... )


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Miss Gaffe
Jolie Chef de pique-nique

Messages : 213
Enregistré : 09/08/2004
Posté le 23/03/2008 à 00:07 notnew
Je suis d'accord...tu trouves du boulot. peut-être...si tu as le dos suffisamment solide pour t'installer en libéral.
Sinon tu tentes les postes hospitaliers, mais là...ça revient au même que ce que tu fais actuellement, vu la sélection, ça ne représente pas la majorité des gens.
Interne n'est pas un boulot à vie, ni chef de clinique (et même, pas tout le monde a cette opportunité de l'être, chef de clinique...), il faut juste que tu voies ça comme une étape pour accéder à ton diplôme "final", celui de la spécialité.

Un médecin ne "bosse" pas à l'hôpital à vie, alors je ne sais pas vraiment en quoi tu voulais dire qu'il y aura toujours du boulot...oui, il y en aura, c'est clair. En centre médical, à être payé par vacation, pas forcément de salaire fixe, pas forcément de congé payé. Ou en libéral, mais en libéral, une fois que tu décides de poser ta plaque, c'est clair que tu es ton propre patron.,.encore faut-il pouvoir avoir les moyens, et de la chance...

Mais disons qu'avant ça tu auras quand même fait au minimum 9 ans de formation. Si c'est une vraie vocation, alors vas-y, fonce. Je pense sincèrement que les vrais dévoués sont ceux qui n'hésiteraient pas une seconde à travailler bénévolement, en humanitaire (d'ailleurs c'est ce qu'on rétorque aux gens "qui aiment bien la médecine mais pas assez pour se permettre de râler sur les conditions discutables des internes"), mais des gens comme ça il y en a peu, et la société a tendance à penser que médecine, ce n'est plus un métier, mais une vocation. Si tu es ok avec cette idée, alors lance toi!
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...une libellule avec six pattes gauches...
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Kinase
Externus-minus

Messages : 37
Enregistré : 11/04/2007
Posté le 31/03/2008 à 17:20 notnew
Bonjour,

Je peux apporter mon témoignage : ingé agro + thèse (en 4 ans, dont 1 avec une super bourse de libéralité de %&#$@). Je connais donc bien le milieu de la recherche, la précarité, les post-docs... et l'aigreur des chercheurs de 35-40 ans, qui estiment ne pas être reconnus à leur juste valeur et qui ne fichent plus rien quand ils ont enfin un poste après avoir galéré des années en France et ailleurs....

Eh bien moi, j'ai dit NON : je ne ne veux pas être commu eux à 40 ans. Et là je suis en D1, et je sors des exams de dissection. Dans un cours sur la mortalité et la vieillesse, il y avait en intro plusieurs définitions de la vieillesse : "la vieillesse, c'est quand les regrets ont pris la place des rêves". Eh bien je n'ai pas voulu être vieille avant l'âge ! Donc j'ai foncé ! j'ai 27 ans. et pour l'instant je ne regrette rien ! si je veux revenir dans la recherche un jour (pas sûr), ce sera bien plus facile que pour un universitaire pur et dur ou même un ingé.

Effectivement, le monde de l'hôpital a l'air
assez spécial, mais quel monde du travail ne l'est pas ? La semaine dernière, j'ai vu une annonce à la BU : "la commune de machin-chose (petit bled ultra pommé dans l'Ariège ou par là) recherche un médecin, facilités d'installation, cabinet neuf, etc". C'est peut-etre bête pour certains, mais moi je pense que le médecin qui ira s'installer là bas, il rendra heureux un bon millier d'habitants (ou +) qui n'ont pas de médecin avant des km. il sera vraiment utile et au diable les ragots d'hôpital, ce sera bien loin.

Et ce n'est pas repartir pour 8 ans d'études. Déjà, en thèse, je compte que j'ai bossé comme dans la vie active : payé, horaires de boulot, pas de vacacnes. Moi, j'en compte seulement 4 (et là, il ne m'en reste déjà que 3 et 1/3 !) : l'internat, c'est la vie active aussi ! on est payé, horaires de boulot, etc.

Bref, tout ça pour dire :
- ethyel : ne sois pas vieille avant l'heure, tu as les moyens d'infléchir la route que tu crois t'être tracée ! Ou bien, tu peux faire commercial ou marketing à 35 ans, là, tu gagneras plein de sous... Sache aussi qu'1 thésard sur 10 finit par faire de la recherche dans le public.
- marims : la prépa c'était dur, la D1, c'est les vacances. Après pour D2-3-4, je ne peux pas dire. Mais là, au pire, tu finis généraliste (faut arêter de dire que c'est trop nul, beaucoup seraient heureux de l'être, non ? et tu peux toujours faire des DU de qqchose pour te rapprocher du domaine qui te plaisait si tu as loupé une spé), ce qui enlève une grosse pression, et tu as du boulot. Et c'est quyand même plus sympa que les races de vaches ! smilies et pplus pratique !

Bonne réflexion à vous !

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Miss Gaffe
Jolie Chef de pique-nique

Messages : 213
Enregistré : 09/08/2004
Posté le 31/03/2008 à 22:47 notnew
Mais pour ta part, Kinase, serais-tu prête à partir dans ce village de l'annonce, et vie ou au moins pour plusieurs années?
en plus bon, je ne pense pas qu'il faille croire que pendant ton internat tu as des horaires de boulot...
en trois mois d'internat, et dans un truc "cool" j'affichais 120 heures supplémentaires en plus des 50 heures de boulot réglementaires. Ca ne me dérangeait pas. Jusqu'à ce que quelque chose dans ma vie privée soit compromis (en l'occurence j'ai du m'arrêter pour un congé prématernité prolongé et visiblement mon service n'a pas beaucoup apprécié, mais ici ça fonctionne par contrats). Je ne suis pas la seule à qui ça arrive parmi les internes.
Même si pendant l'internat, en France, il y a un tournus différent tous les six mois et que si ton congé maladie ne plaît pas à ton patron, tu peux plus facilement l'envoyer bouler, par conscience professionnelle, tu feras tout de même beaucoup d'heures sup et il arrivera plusieurs fois que tu soies désignée pour une garde au pied-levé parce que celui qui devait la prendre est malade, alors que toi tu avais prévu un w-e avec des amis...

Bon comme tu le dis chaque boulot a ses petits pépins. Mais je préfère mettre en garde, moi je suis peut-être tombée un peu de haut, mais comme pas mal de mes collègues malheureusement...
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...une libellule avec six pattes gauches...
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Patrici@
Sexternus-minus

Messages : 35
Enregistré : 10/12/2009
Posté le 02/01/2010 à 21:36 notnew
Alors là je suis scotchée !

Bien sûr que la médecine est un métier d'aide à la personne et qu'il faut de l'humanité pour comprendre les gens, les écouter et les soigner !

Mais franchement se dévouer corps et âme ce n'est pas la solution !
Pour pouvoir écouter les gens, et les soigner il FAUT vivre sa propre vie et surtout ne pas renoncer à sa vie propre pour celle des autres !
Qui de normalement constitué l'accepterait !
Au fond il ya aura toujours une rancoeur envers les patients pour qui on sacrifie tout !!
Alors non je ne suis pas d'accord le médecin ne doit pas se consacrer uniquement à la médecin !
C'est la meilleure solution pour faire un burn out, détester les gens, faire des erreurs !

On est des humains ! On a les mêmes besoins que tout le monde !

Et travailler bénévolement je trouve que c'est une idée stupide ...
Qui accepterait dans n'importe quel boulot de travailler pour ne rien gagner ! Et comment tu manges après ?!
Ca reste un métier quand même !
Trouvez moi quelqu'un qui accepterait de ne pas manger en échange de soigner ou de travailler tout simplement !

Et sincèrement un médecin heureux, reposé et épanoui dans sa vie soignera extrêmement mieux qu'un médecin crevé, seul, aigri ...
Si on se tue au boulot, qui soignera ?!!!

Pendant les études c'est une autre histoire !
Si je pouvais les changer, je modifierai un peu comme cela est fait !
Mais on doit quand même devenir de bons médecins donc apprendre une base de connaissances assez importante !

Une fois la thèse en poche, on mène SA vie ! et pas une vie par procuration auprès des patients !
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PineappleThief
Externe (diplomé secrétariat médical)

Messages : 52
Enregistré : 27/05/2009
Posté le 28/01/2010 à 22:30 puis édité 1 fois notnew
Bonjour à tous,
C'est intéressant de lire les témoignages d'anciens dinos ayant bien avancés dans leur carrière médicale. Plus ces témoignages seront nombreux, mieux ça sera. Donc continuez, on vous lit, nous autres, plus jeunes ou non!
A bientôt
Top
Lilou59
Interne

Messages : 91
Enregistré : 07/04/2010
Posté le 20/05/2010 à 11:10 notnew
Bonjour,
voilà qq temps que je parcours ce forum et je voulais dire moi aussi merci à ces témoignages...c'est vraiment important d'avoir les bons et les mauvais côtés pour faire un choix de vie aussi important, et j'ai lu et relu celui de xavierc pour bien peser ma décision et ne pas penser que, parce que la recherche est un monde très difficile, ce serait forcément mieux en médecine...
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Tompouce13
Jeune Bizut

Messages : 1
Enregistré : 24/02/2011
Posté le 24/02/2011 à 01:48 notnew
Bonsoir ,

Après une lecture tardive mais plus qu'intéressante , et
un témoignage vraiment excellent , par contre désormais j'hésite à envoyer ma lettre..

Si l'on à véritablement réfléchis à sa future spé , si l'on est allé voir les profs , fréquenté les amphis , parler aux étudiants qui en ce qui concerne la fac de marseille sont relativement motivé et j'ai été agréablement surpris de leur accueil.

Cela change t'il la donne à la réalité ?.

Je suis un peu perdu là ..du coup

sam
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Mig3712
Jeune Carabin

Messages : 16
Enregistré : 20/10/2006
Posté le 24/02/2011 à 10:29 notnew
Bonjour à tous,
4 ans plus tard (j'ai donc 39 ans), me voilà en 3ème année de chirurgie dentaire. Après redoublement de P1, je n'ai pu me classer qu'en dentaire. En P2 dentaire, j'ai eu 4 fois la possibilité de revenir en médecine en faisant l'échange avec des étudiants de médecine, mais je ne l'ai pas fait. Au final, j'ai trouvé que la chirurgie dentaire était une discipline encore bien médicale, qu'elle me permettait quand même de faire un master de recherche (je fais un M1 de biologie/thérapie cellulaire) et normalement, dans un peu moins de 4 ans j'ai mon doctorat. Revenir en P2 médecine, ça voulait dire refaire une 2ème P2, puis encore 7 ans au moins, ça commençait à faire beaucoup.
Alors, est-ce que ça vaut le coup ?
D'abord, si on vous dit qu'après la P1, ça va tout seul, c'est faux, archi faux. J'ai un pote en D1 médecine, je suis en D1 dentaire. C'est moins théorique, même si ça le reste encore beaucoup, mais en plus il y a la pratique, les stages, ça vous bouffe un temps énorme que vous ne passez pas à réviser. Seul véritable différence, les rattrapages. Mais la réforme LMD a un peu tout foutu en l'air (je vous passe les détails)
Bon, il faut tenir compte de ma situation, je cumule un peu les difficultés (âge, vie de famille, master1). Mais, se lancer dans médecine, c'est partir pour un marathon, ne jamais vraiment se relâcher, les vacances deviennent de plus en plus courtes, il faut préparer des mémoires, des rapports de stage. Les étudiants dans ma promo font encore la fête, c'est sur, mais cette année, les vacances en cours d'année n'ont été en fait que des semaines de révisions, et cet été on a au max 1 mois de vacances.
Avec tout ça, moi je ne regrette absolument rien, si je peux, je prolongerais même encore un peu avec une spécialisation. La recherche me plait énormément, mais ça me semble hors de ma portée, pas pour ce qui est des connaissances, mais pour ce qui de mon âge et du temps qu'il faut y consacrer, qui risque d'être incompatible avec le temps qu'il faut passer au cabinet pour que ça marche financièrement.
Pour ce qui est de la recherche, sachez qu'on ne rencontre pas que des gens blasés. J'en suis à ma 1ère UE de biocell, qui traitait de la thérapie cellulaire. La plupart des Dr et Pr que l'on rencontre sont des gens passionnés, enthousiastes, qui donnent vraiment envie d'en faire partie. Bien sur qu'il y a des difficultés, et ils en parlent souvent, mais c'est vraiment quelque chose qu'il faut tenter, surtout si on est jeune, même si ça retarde un peu l'achat de la Porsche ;D
Enfin, reste toujours la question, est-ce que ça vaut le coup ? faut-il prendre le risque ?
J'ai été électromécanicien, automaticien et à 42-43 ans, je serais normalement dentiste. Tout est possible !! Tout n'est qu'une question de volonté, d'acharnement, de passion. J'aime ce que j'apprends, ce que je deviens et rien que pour ça, ça valait le coup. C'est ce que ça produit chez moi qui est important, que les autres soient blasés, aigris, etc., je m'en fous et ça ne me touche pas.
Voilà, j'espère que ça aidera ceux qui se posent des questions smilies
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Agis de telle sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre
toujours en même temps comme une fin et jamais simplement comme un moyen.
Emmanuel KANT 1785
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Asclepios33
Externe (diplomé secrétariat médical)

Messages : 89
Enregistré : 04/03/2011
Posté le 25/04/2011 à 19:54 notnew
wow quand on lit tout ca ( ou presque tout ca parce que y en a bcp quand mm smilies ) ca met quand même une sacrée claque ! je suis un jeune P1 ( bientôt P2 !!! ) avec des rêves encore pleins la tête et c'est vrai que ca remet les pieds sur terre de vous lire !
disons que si je n'avais pas lu de beaux témoignages aussi, et si j'avais lu ce post avant de m'inscrire en P1 j'aurais surement réfléchi a 2 fois

pour l'instant je ne connais encore rien de la médecine donc je me base sur vos ressentis qui ne sont pas très gaies smilies
mais je suis motivé et j'ai vraiment envie de réussir dans cet art ! je me dis que si même après avoir lu ca je ne suis pas démotivé alors c'est que la vocation est la ( en ai-je jamais douté ? )

il faudrait réactualiser régulièrement ce post quand même histoire que tous les jeunes comme moi ( et même plus jeunes ! ) puisses le lire parce que ca impacte vraiment, je suis traumatisé smilies

bon courage a tous !!!
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La vie est courte, l'art est long, l'occasion fugitive, l'expérience trompeuse, le jugement difficile.
[Hippocrate]

"Guérir parfois, soulager souvent, écouter toujours." (Louis Pasteur)
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François Rabelais
Chef des sévices

Messages : 391
Enregistré : 30/10/2011
Posté le 30/10/2011 à 11:40 notnew
Je suis nouveau sur le forum (qui recèle d'infos géniales!), merci pour ton témoignage. smilies
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Science sans conscience n'est que ruine de l'âme
Passerelle D1 médecine en 2012
Mon site: www.youlab.fr
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MimiBei
Désagrégée de médecine

Messages : 248
Enregistré : 04/11/2010
Posté le 01/11/2011 à 12:02 notnew
juste un mot : merci.
Merci a tous, car le premier temoignage est interressant mais les reponses le sont aussi!
Et franchement, meme apres avoir lu ca, j'ai toujours autant de motivation pour tenter la passerelle D1 cette annee! meme peut etre plus!smilies
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Sage-femme depuis 2009
Master 1 de Santé Publique-Epidémiologie spécialité ERCE en 2012
Master 2 Recherche en 2013
Actuellement en thèse de sciences
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joiesauvage
Jeune Carabine

Messages : 23
Enregistré : 14/03/2005
Posté le 02/04/2013 à 00:06 notnew
La médecine c'est de la merde.

Un concours dans des conditions affreuses, pression psy, pas de place dans les amphis, compétition +++
Puis cours, examens, rattrapages, cours, examens, rattrapages, cours, examens, rattrapages, cours, examens, rattrapages...
Puis l'hosto: quasiment pas de formation (parfois même on se demande s'ils ne font pas exprès de faire de la rétention d'info !), et beaucoup de "QUOI tu sais pas ça ??....". Bravade, intimidation, roulages de mécanique des chefs, des chirs, des réas... Gardes dans des chambres pourries. Cours appris, oubliés, réappris, ré-oubliés... trop d'infos à mémoriser (pour nous les dinos en tout cas !) Incompétence à l'hôpital, rôle de subalterne, de spectateur, de punching ball pour le chef qui a envie de se défouler le matin... ranger les dossiers, aller chercher les scanners, faire des observations qui sont rarement lues et encore moins corrigées... gardes aux urgences péd / adultes / chir: tu entres dans le box et... quoi ? Tu dois faire quoi ? Pourquoi est ce que personne ne t'explique les choses simplement, modestement, humainement ? Tu as l'impression que tu n'es là que pour te faire casser. Tu as lu, appris, compris tes cours, mais le patient qui est dans le box des urgences a un truc qui n'est pas dans tes livres...
Gardes en gynéco: "fais l'échographie", mais on ne t'a rien montré, rien appris ! Tu demandes timidement: "heu comment on allume la machine ?" Ton chef de clinique est payé pour te l'apprendre, la clinique, mais il t'ignore... seul l'interne, si tu as de la chance, va te former, mais c'est déjà lui qui fait tout dans le service alors tu ne peux pas vraiment lui en vouloir... tu veux savoir palper un foie ? Apprends tout seul... oui ça, c'est ce que tu finis par comprendre au bout de qq années: PERSONNE ne t'apprendra rien... tu dois faire ta tambouille tout seul: de 19 h à 23 h dans les confs d'internat, ambiance de merde à Paris (c'est bien simple on dirait que 80% des étudiants viennent d'enterrer leur famille, on a envie de les secouer: "hé les gars, c'est juste un concours, hein, calmez vous !!"), dans des livres opportunistes sans âme, sans charme, sans intelligence, sans progression, sans élégance intellectuelle... uniquement obsédés par les ECN càd un bachotage brutal et répétitif, apprendre les fameux "mots clé", ceux qui "coteront" dans la grille de correction des ECN (où tu seras jugé selon ton classement: "bien classé = intelligent", "mal classé =...."). Oui parce qu'aux ECN, tu peux donner la bonne réponse, mais si c'est pas le mot clé coté dans la grille, tu n'auras pas tes points. Tu dois apprendre seul en stage, et mettre ton orgueil ou ta sensibilité de côté... oui tu te feras casser, mais tu t'en fous parce que tout le monde est logé à la même enseigne. Ouvre grand tes yeux et tes oreilles... observe ton chef, sa façon d'examiner... apprends les expressions, le vocabulaire... comprends comment fonctionne l'hôpital.. va en radio faire relire une radio du thorax... enchaîne les stages, choisis les bons, ne te planque pas trop...

Et puis... un jour, ou plutôt: certains jours, jour après jour, lentement mais sûrement... comme à l'insu de ton plein gré... tout commence à se mettre en place. Oh c'est d'abord un frémissement... un jour (à 12 mois des ECN, à 2 mois des ECN voire après les ECN pour d'autres peu importe), un jour tu te sens un peu mieux. Tu entres dans ce fameux box des urgences mais cette fois tu sais quoi dire à ton patient, comment l'examiner. Tu commences à prescrire des examens complémentaires, ou alors des petits traitements faciles, une gastro, un lumbago, un torticolis, tous ces petits bobos des urgences... tu commences à te poser les bonnes questions, et tu vois que ton chef se pose les mêmes. Les cours, tu les as lus, il te reste un petit cahier avec que les fameux mots clés mais qui ne sont pas si bêtes que ça, en réalité, car ils correspondent (tu t'en aperçois avec soulagement) à la vraie pratique du médecin du moins dans les grandes lignes. Tu commences à comprendre à quoi servent les ECN: à préparer les futurs internes de premier semestre, 1ère garde. Les confs ? Tu n'en as plus rien à faire, d'ailleurs tu les regardes désormais sur internet et tu chopes des cas cliniques un peu partout. Les révisions ? C'est plus agréable à deux car ça motive, ça distrait, ça échange des infos et ça réfléchit à deux. Tu n'es plus seul. Les stages ? Tu as fait depuis longtemps le deuil du fameux compagnonnage qu'on t'avait promis: désormais tu viens en stage avec plus de sagesse. Tes yeux et tes oreilles sont ouverts bien plus grands. Tu comprends enfin ce dont on parle. Tu sais faire une ponction lombaire, une ponction d'ascite, une biopsie des glandes salivaires, des gaz du sang, tu sais prescrire. Tu comprends qu'à l'hôpital tu n'es jamais seul. Il y a les autres, et puis il y a toutes les sources d'info, et internet dans ton téléphone. Tu es à la limite entre deux mondes... tu te mets constamment à la place de l'interne, tu critiques certaines de ses décisions.

Tu es prêt à devenir interne. La médecine, c'est pas de la merde. Tu vas être médecin. Tu as un peu peur, bien sûr, mais tu es fier.
Top
Psilo
Externe (diplomé secrétariat médical)

Messages : 77
Enregistré : 10/01/2011
Posté le 09/05/2013 à 15:10 notnew
Superbe témoignage, merci beaucoup.
_____
Interne en psychiatrie - passerelle P2 2011.
Top
lailamaaz
Interne

Messages : 146
Enregistré : 13/01/2013
Posté le 19/05/2013 à 01:56 notnew
Super témoignage, j'en ai presque les larmes aux yeux...

C'est vrai, quelle fierté immense au bout du parcours...

Bravo à tous ces dinos dingos, droits dans leurs bottes, qui ont su changer leur vie à force de déboires, de persévérance et d'optimisme forcené . On n'a qu'une vie, à nous de la vivre... pour de vrai...

Une "future" dino qui croise les doigts pour que la magie opère smilies
Top
claluz
Sexternoïde

Messages : 41
Enregistré : 06/06/2008
Posté le 19/05/2013 à 20:17 notnew
Merci pour ton témoignage, joiessauvages.
En tant que dino sur le point d'aller passer les ECN (dans 1 semaine maintenant...), il me parle particulièrement. A la lecture de bon nombre de tes phrases je me suis dit "j'aurai pu écrire exactement la même chose!"
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kary
Jeune Bizute

Messages : 1
Enregistré : 04/08/2013
Posté le 17/08/2013 à 17:53 notnew
Oui merci pour ces témoignages
Ils me confirment mon projet de reprendre des études médecine. Je suis même déterminée. smilies
N'hésitez pas dinos internes à témoigner de votre parcours ... smilies
_____
Il n’est jamais trop tard pour devenir ce que nous aurions pu être.George Eliot
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Didinette
Doyenne (espèce rare)

Messages : 503
Enregistré : 13/02/2004
Posté le 10/05/2014 à 20:53 notnew


Enfin, point que je regrette probablement le plus, une fois installé en libéral ou nommé praticien hospitalier, votre carrière n'évolue plus et votre métier pas d'avantage. Vous soignez des patients jour après jour jusqu'à votre retraite tel un ouvrier dans une usine sans bien souvent avoir la possibilité de développer des projets et de construire quelque chose. Le milieu médical a toujours considéré qu'un médecin, c'était fait pour soigner un point c'est tout. Et il est extrêmement difficile de développer un projet original sans l'appui de la direction de l'hôpital ou de votre chef de service. D'ailleurs, vous ne pouvez plus penser à ce projet vu qu'il y a 10 patients qui attendent dans la salle d'attente et qu'il faut vous dépêcher



Tout d'abord, merci beaucoup d'avoir partagé votre expérience au travers de ce témoignage. C'est assez édifiant et cela a le mérite de mettre face à la réalité des choses car on a souvent une méconnaissance de ce qui se passe réellement une fois que le prisme de l'idéalisation est ôté smilies

Que voulez-vous dire, sinon, par "développer un projet ou construire quelque chose" exactement ?
_____
Amandine
28 ans
Candidate passerelle P2 Médecine 2017 à Lyon.
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Such
Mme la Ministre de la Santé

Messages : 1213
Enregistré : 19/04/2012

certification
Vie réelle
Blandine Rivette
Pays : France
Domaine : Médecine
Niveau : 6e année médecine
Fac : PARIS VI Pierre et Marie CURIE
Posté le 04/09/2014 à 11:35 notnew
Déjà mis sur un autre post mais merci de ne pas poser x fois la même question. Cela nuit à la bonne lisibilité du forum. (En l'occurence, ce post-ci n'a rien à faire avec l'intitulé initial.)
Au cas où, ne pas hésiter à utiliser la fonction rechercher.
Merci.
_____
Passerelle DFGSM2 2013
DFASM1.
Externe de l'AP-HP.
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