Posté le 24/05/2008 à 20:07

Expostulant : pourquoi n'as-tu pas tenté une 2° fois la passerelle comme Passerelle ?
Comme je l'écrivais plus haut, il y a d'autres moyens de faire médecine si vous le voulez absolument : partir à l'étranger.
Concernant ces stats, je suis assez étonnée. J'ai un diplôme d'ingé agro + doctorat cancéro et j'ai été prise à Paris V, sans attache. Je sais aussi que :
- à Paris V, il y a une autre agro-tout-court et un autre docteur-tout-court sur 15 passerelles.
- d'autres agros-tout-court ou docteurs-tout-court ont été refusés à Paris V la même année.
Concernant la localisation, ça dépend du discours que l'on tient :
- si c'est "je suis docteur (ou ingénieur) et je voudrais continuer dans la recherche un jour (ou combiner mes connaissances antérieures à la médecine) mais je veux m'enterrer dans une fac minuscule parce que mon mari habite le calvados" => pas bon
- si c'est "je suis ingé et j'ai raté ma voie, je veux me dédier à 100% à la médecine et combler le manque de médecins et je postule dans une petite fac" => c'est cohérent.
Il est évident qu'il n'y a pas les mêmes possibilités de recherche dans une grande ville ou dans une plus petite. Il faut savoir aussi que 80-90% des étudiants ne bougent pas après l'ECN et restent dans la même ville, donc le coup de "je reste pour l'externat dans ma p'tite fac et dans 4 ou 8 ans je viendrai dans une grande ville pour apporter ma contribution d'ingénieur", c'est pas crédible.
Une de mes grandes interrogations aussi au moment de postuler était de m'entendre rétorquer : "l'Etat vous a financé 8 ans d'études (quoiqu'on en dise, malgré les frais de scolarité, les études sont quasi-gratuites en France), vous a formé à un métier, que vous n'allez pas exercer (donc pas d'impôts), vous avez peut-être "pris" la place de quelqu'un qui aurait aimé faire cette formation (et aurait bossé normalement), et vous voudriez aujourd'hui que le contribuable paye encore pour 8 ans d'études de plus parce que vous ne savez pas ce que vous voulez ???". Le doyen de notre fac aime bien rappeler combien coûte la formation d'un étudiant en médecine : qqchose comme 10 000 E/an ou plus (le salaire des profs sans doute), ce qui n'a rien de comparable avec nos 400E de frais de scolarité. Bref, vu sous cet angle, on a envie de se faire tout petit et on espère être dilué dans la masse des étudiants qui bifurquent sans arrêt.... Je pense qu'il faut être conscient de tout ça quand même (et éventuellement se préparer une justification).
Donc le fait de jouer la carte du médecin de province (voire campagne) peut se comprendre dans le contexte actuel de la pénurie de médecins, à condition d'être cohérent dans son discours. Si on a comme ambition d'allier notre cursus antérieur à la médecine, c'est sûr que ça ne se fera pas dans une fac qui n'est pas tournée vers la recherche.